Dimanche 18 août 2019 | Dernière mise à jour 14:22

Italie Missile saisi: les Suisses contribueront à l'enquête

La découverte d'un arsenal de guerre en Italie qui a mené à l'arrestation de trois personnes dont un Suisse, nécessite la coopération de plusieurs polices internationales.

Le missile découvert dans un entrepôt du nord de l'Italie.

Le missile découvert dans un entrepôt du nord de l'Italie. Image: AFP

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«Des perquisitions sont toujours en cours, car nous devons contrôler de grands hangars. Pour en savoir le plus possible sur la provenance des armes, nous avons pris contact avec les autorités du Qatar et des Etats-Unis, et nous le ferons bientôt avec celles de la Suisse et de l'Autriche», a indiqué mardi à Sky TG24 un haut responsable de la police italienne, Lamberto Giannini.

Trois personnes ont été arrêtées dans cette opération, dont un ressortissant suisse de 42 ans. Le raid faisait suite à une enquête dirigée par le parquet de Turin contre des personnes adeptes d'une «idéologie extrémiste» ayant combattu contre les rebelles prorusses dans le Donbass, une région de l'est de l'Ukraine où une guerre oppose depuis cinq ans les troupes de Kiev à des séparatistes.

Missile air-air français

La police a découvert dans un entrepôt du nord de l'Italie un véritable arsenal de guerre, avec un missile air-air de fabrication française en parfait état de marche et un stock de fusils d'assaut «de toute dernière génération». Le ressortissant suisse, qui est aux arrêts domiciliaires, avait la disponibilité du hangar, selon les enquêteurs italiens.

«Pour le moment, aucun élément ne nous fait penser à des projets subversifs», a cependant assuré à la presse Eugenio Spina, un responsable de l'antiterrorisme italien. La police a déjà effectué plusieurs raids ces dernières semaines dans la mouvance d'extrême droite autour de Turin. Le précédent, le 9 juillet, avait conduit à l'arrestation de Fabio Carlo D'Allia, accusé d'apologie du fascisme et de détention de munitions de guerre.

C'est en plaçant certains suspects sur écoute que les policiers ont entendu parler des armes, que les personnes arrêtées cherchaient vraisemblablement à leur vendre. Ils sont remontés jusqu'à un hangar à Rivanazzano Terme, dans la province de Pavie, au sud de Milan.

«Pendant l'opération, un missile air-air en parfait état de marche et utilisé par l'armée du Qatar a été saisi», a expliqué la police dans un communiqué. Sur les images diffusées par cette dernière, il est rangé dans un conteneur spécial. Le missile est un modèle français Matra Super 530F, d'un poids de 245 kg et d'une longueur de 3,54 m.

«Menace contre Salvini»

Le ministre de l'Intérieur Matteo Salvini, par ailleurs chef de l'extrême droite italienne, a assuré mardi que l'enquête était partie de menaces de mort contre lui. «C'était l'une des nombreuses menaces de mort qui m'arrivent tous les jours et dont je ne parle pas», a-t-il affirmé. «Cette fois-ci, elle était détaillée, même si on ne sait jamais si on a affaire à un fou. Les services secrets parlaient d'un groupe ukrainien qui voulait attenter à ma vie». Le ministère a transmis le signalement à l'antiterrorisme de Turin.

Trois personnes ont été arrêtées: le propriétaire du hangar, un Suisse de 42 ans, et son associé italien de 51 ans, ainsi que Fabio Del Bergiolo, 50 ans, un ancien candidat sur les listes de Forza Nuova qui traite les immigrés de «singes», «nègres» ou envahisseurs» dans ses conversations téléphoniques selon la police. Le groupuscule néofasciste a diffusé un communiqué dans l'après-midi assurant n'avoir rien à voir avec cette affaire.

«C'est une saisie importante, avec peu de précédents en Italie», a déclaré le préfet de police de Turin, Giuseppe De Matteis, tout en précisant que contrairement à ce qu'avait pu laisser entendre dans un premier communiqué la police, les trois hommes arrêtés ne semblaient pas liés aux militants ayant combattu en Ukraine.

«Nous avons quelques idées sur ce que l'on peut faire avec le matériel saisi mais pour l'instant rien ne nous permet de faire des hypothèses», a-t-il ajouté. D'après les policiers, Fabio Del Bergiolo a toutefois envoyé via la messagerie Whatsapp des photos du missile Matra dans le but de le vendre. Il espérait, selon des médias italiens, en obtenir 470'000 euros, soit environ 520'000 francs suisses. (ATS/nxp)

Créé: 16.07.2019, 18h07

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