Vendredi 29 mai 2020 | Dernière mise à jour 09:39

Cameroun Un missionnaire américain tué en région anglophone

Un religieux de nationalité américaine a succombé à ses blessures mardi, après que sa voiture a été criblée de balles dans le Nord-ouest camerounais.

Des impacts de balles sur le pare-brise de la voiture à bord de laquelle aurait été le missionnaire.

Des impacts de balles sur le pare-brise de la voiture à bord de laquelle aurait été le missionnaire. Image: DR/Twitter

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Un missionnaire américain a été tué mardi dans la région du Nord-Ouest anglophone du Cameroun en proie à un violent conflit entre des combattants séparatistes et l'armée, ont indiqué des sources médicale, religieuse et sécuritaire.

Il a «succombé à ses blessures» après que son véhicule a été «criblé de balles» mardi à Bambui, en banlieue de la capitale régionale Bamenda, a indiqué à l'AFP une source proche de l'archidiocèse de Bamenda.

Blessé dans une attaque, il a été évacué à l'hôpital de Bamenda, où «il est mort cet après-midi», selon une source à l'hôpital, confirmant une information d'une source sécuritaire à Yaoundé.

L'ONG Médecins sans frontières (MSF) est intervenue après l'incident pour évacuer «les blessés de l'attaque», a confirmé une source humanitaire. Un déploiement de forces de sécurité était visible mardi soir autour de l'hôpital, selon des témoins. Les deux régions anglophones camerounaises sont le théâtre depuis un an d'un conflit entre des séparatistes réclamant l'indépendance du Cameroun anglophone et l'armée camerounaise.

«Mon cher mari, est avec le Sauveur»

Il n'était pas possible mardi soir de déterminer de manière indépendante de quel camp ont été tirés les coups de feu fatals au missionnaire. «Mon cher mari, Charles, est désormais avec le Sauveur qu'il a adoré et fidèlement servi pendant de nombreuses années», a posté sur Facebook Stéphanie Wesco, la femme du missionnaire Charles Wesco, indiquant que son «coeur est brisé». «Je veux me réveiller d'un horrible cauchemar».

a Washington, le porte-parole adjoint du Département d'Etat, Robert Palladino, a confirmé mardi «la mort d'un citoyen américain à Bamenda». M. Wesco était le frère d'un élu local de l'Indiana. «Janet et moi pensons (à) Tim Wesco et à sa famille qui pleurent la mort de son frère Charles», a indiqué Holcomb, gouverneur de l'Indiana. Jeudi, un enseignant de l'université de Bamenda avait été tué dans la même localité de Bambui.

Des enseignants de l'université contactés par l'AFP avaient estimé que son «assassinat» portait «la signature des Amba Boys», les séparatistes. Dans les deux régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, une crise socio-politique sans précédent s'est installée fin 2016. Elle s'est transformée fin 2017 en un conflit armé.

Des affrontements entre l'armée et des séparatistes, regroupés en groupes épars dans la forêt équatoriale, s'y produisent depuis plusieurs mois quasiment tous les jours. Selon des sources concordantes, aux séparatistes armés se sont ajoutés des bandes armées de bandits et de pillards, qui rackettent les populations et les entreprises. Yaoundé, qui refuse le dialogue avec les séparatistes, qualifiés de «terroristes», a procédé depuis début 2018 à un important déploiement de forces de sécurité pour «rétablir l'ordre».

«Rétablir l'ordre»

Plus de 175 membres des forces de défense et sécurité camerounaises ont perdu la vie dans ce conflit, ainsi que plus de 400 civils, selon les ONG. Dans la zone, plus de 300.000 personnes ont fui les violences, pour la grande majorité en brousse et dans les grandes villes des régions voisines, et pour certaines au Nigeria voisin.

Dans les deux régions anglophones, le taux de participation à la présidentielle du 7 octobre a été très faible (5% dans le Nord-Ouest et 15% dans le Sud-Ouest), mais le président Paul Biya a obtenu dans chacune plus de deux tiers des suffrages exprimés. M. Biya, 85 ans, et au pouvoir depuis 1982, a été réélu pour un septième mandat avec 71,28% des voix. (afp/nxp)

Créé: 30.10.2018, 19h34

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.