Dimanche 22 juillet 2018 | Dernière mise à jour 16:05

Syrie Moscou et Damas accusés d'entraver la mission

L'OIAC doit débuter lundi son enquête après l'attaque chimique présumée. Mais les enquêteurs n'ont pu accéder à Douma.

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La mission de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) n'a pas encore eu accès à la ville syrienne de Douma, selon le Royaume-Uni. Elle doit y enquêter sur une attaque chimique présumée qui a fait des dizaines de morts.

Moscou, grand allié du régime syrien, s'est engagé à ne pas s'ingérer dans le travail de la mission de l'OIAC, officiellement invitée par les autorités de Damas qui nient toute responsabilité dans le drame de Douma. Mais lundi, les experts de l'OIAC, arrivés sur place samedi et qui ont pour mandat d'enquêter sur l'utilisation éventuelle d'armes chimiques mais pas d'en identifier les auteurs, n'ont pas encore pu accéder à Douma.

«La Russie et la Syrie n'ont pas encore autorisé l'accès à Douma. Accès sans entrave essentiel. La Russie et la Syrie doivent coopérer», a déclaré lundi l'ambassade britannique à La Haye dans un tweet.

Accuser la Russie d'entraver l'accès à Douma est «sans fondement», a quant à lui réagi le Kremlin. «Dès le début, la Russie a été catégoriquement contre des accusations ou jugements précipités et infondés» sur les éventuels auteurs de cette attaque «et s'est prononcée pour une enquête impartiale», a souligné le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Pour la Russie, le retard pris par la visite de la délégation tient aux frappes occidentales survenues pendant la nuit de vendredi à samedi.

Site maquillé?

La Russie pourrait être intervenue sur la zone, où a été menée une attaque présumée chimique à Douma en Syrie le 7 avril, afin de supprimer des éléments de preuve, a estimé lundi le représentant américain à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC). Il s'exprimait lors d'une réunion à huis clos consacrée à cette attaque.

«Cela fait longtemps que ce conseil condamne le gouvernement syrien pour son règne de la terreur chimique et demande que les auteurs de ces actes méprisables soient tenus pour responsables sur le plan international», a dit l'ambassadeur Kenneth Ward. «Nous pensons que les Russes se sont rendus sur le site de l'attaque. Nous craignons qu'ils l'aient maquillé dans le but de contrarier les efforts de la mission d'enquête de l'OIAC pour mener des investigations efficaces», a-t-il poursuivi.

«Programme chimique clandestin»

Lors de cette réunion de l'OIAC, l'ambassadeur français Philippe Lalliot a pour sa part déclaré que la priorité après les frappes occidentales en Syrie est de permettre à l'OIAC le démantèlement total du programme chimique syrien «clandestin». «Les faits sont là et têtus. Ils résistent aux mensonges les plus grossiers et aux dénégations les plus absurdes», a lâché Philippe Lalliot, ajoutant qu'il n'y avait plus de doutes: «la Syrie a conservé un programme chimique clandestin depuis 2013».

En 2013, après l'attaque au gaz sarin de la Ghouta, qui déjà avait fait plusieurs centaines de morts, le régime syrien avait fini par rejoindre l'OIAC sous la pression internationale. Il avait alors pris l'engagement formel de déclarer tous ses stocks et de ne plus jamais utiliser d'armes chimiques.

De son côté, l'Union européenne a de nouveau appelé la Russie et l'Iran à faire usage de leur influence afin que le régime syrien n'ait plus recours à ce type d'armes. «L'UE appelle tous les pays, et en particulier la Russie et l'Iran, à faire usage de leur influence pour empêcher toute nouvelle utilisation d'armes chimiques, en particulier par le régime syrien», ont dit les Européens lors de cette réunion.

(ats/nxp)

Créé: 16.04.2018, 15h30

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