Lundi 21 octobre 2019 | Dernière mise à jour 18:58

Contestations Les «murs de Lennon» fleurissent à Hong Kong

Inspirées de la révolte après l'assassinat d'un Beatles en 1980, les façades de Hong Kong sont recouvertes de post-it multicolores arborant des messages hostiles à Pékin.

Des Chinois du continent manifestent aussi

Les manifestations historiques et affrontements violents qui secouent l'ex-colonie britannique traduisent la colère de Hongkongais qui estiment que Pékin piétine les libertés et la culture uniques de la mégapole.

Mais les centaines de milliers de Chinois du continent qui habitent ce haut lieu de la finance internationale sont partagés. Bon nombre sont hostiles au mouvement déclenché contre un projet de loi désormais suspendu autorisant les extraditions vers la Chine.

«C'est mon premier mouvement social»

Beaucoup ont de la sympathie pour les manifestants mais le gardent pour eux, de peur de subir les foudres de Pékin. Un petit nombre, comme Briony Lin, 27 ans, sont descendus dans la rue. «C'est mon premier mouvement social», dit à l'AFP la jeune femme arrivée à Hong Kong voici quatre ans en provenance du nord de la Chine.

«Hong Kong est le seul endroit de Chine où l'on peut exercer la liberté d'expression. Je suis ici pour mes propres droits et voir par moi-même à quoi ressemblent les manifestations».

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Crise politique à Hong Kong Les manifestants pro-démocratie augmentent la pression sur les autorités pro-Pékin.

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Les oeuvres, inspirées du «mur de Lennon» de Prague, hommage tout en graffiti au légendaire Beatles assassiné en 1980, se sont multipliées à travers Hong Kong, comme signe de contestation, au grand déplaisir des soutiens de Pékin qui tentent de les arracher.

A Prague, chacun peut peindre sur le mur de Prague, toile de la contre-culture en évolution constante.

Le premier «mur de Lennon» de Hong Kong est apparu en 2014, lors de l'immense mouvement pour la démocratie qui avait réclamé l'élection du chef du gouvernement au suffrage universel.

Les manifestants emmenés par les étudiants avaient occupé pendant plus de deux mois des quartiers entiers de ce haut lieu de la finance internationale et un escalier menant au Conseil législatif (LegCo), le Parlement local, avait été couvert de milliers de papiers multicolores.

Gigantesque vague de contestation

Une bannière avait été accrochée sur un pont proche, citant la fameuse chanson «Imagine» de John Lennon: «You may say I'm a dreamer, but I'm not the only one» (je ne suis pas le seul rêveur).

Pékin n'avait rien cédé aux revendications et le mur avait repris son visage de béton lorsque les camps des protestataires avaient été démantelés.

Hong Kong est de nouveau secouée par une gigantesque vague de contestation, partie du rejet d'un projet de loi désormais suspendu visant à autoriser les extraditions vers la Chine.

Les post-it de la défiance sont de retour mais cette fois, ils ont essaimé à travers toute l'ancienne colonie britannique depuis qu'un premier «mur de Lennon» monté devant le LegCo fut détruit par des manifestants progouvernementaux il y a deux semaines.

Jeux de mots

Les papiers sont autant de messages à Carrie Lam, la cheffe du gouvernement proPékin non élue, parfois polis, parfois beaucoup moins.

Les manifestants ont déposé des boîtes de stylos et de post-it devant chaque mur, certains sont protégés des pluies tropicales par des bâches en plastique transparent.

A Tsuen Wan, dans les Territoires du Nord, dans la partie continentale de Hong Kong, un étudiant de 19 ans qui se présente sous son seul nom de famille, Lau, se sert d'un tampon pour imprimer des caractères chinois qui connaissent un franc succès ces dernières semaines.

«C'est de la calligraphie maline. Si on lit les caractères dans un sens, ça veut dire Hong Kong mais si on les lit dans l'autre sens, ça veut dire «Ajoutez de l'huile».

Il s'agit là d'une expression d'encouragement cantonaise courante devenue le cri de ralliement des protestataires.

Mercredi soir, des échauffourées ont éclaté quand des groupes de partisans du gouvernement ont tenté d'arracher les post-it d'un »mur de Lennon« proche d'un complexe résidentiel abritant de nombreux policiers et fonctionnaires retraités.

Lors d'un autre incident, filmé et posté sur les réseaux sociaux, un soutien de Pékin met de nombreux coups de poing dans la figure d'un jeune militant démocrate. Le jeune homme encaisse les coups sans se défendre, posture de non violence saluée par de nombreux internautes. L'agresseur a été arrêté, selon la police.

Les »murs de Lennon« sont souvent détruits aux premières heures du matin. Mais ils ne cessent de renaître de leurs cendres.

A Tsuen Wan, un message proclame: «Ils peuvent détruire le mur mais ils ne détruiront pas notre volonté». (afp/nxp)

Créé: 12.07.2019, 07h28

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