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Liberté d'expression Les musulmans radicaux font plier Salman Rushdie

Une vidéo-conférence que devait donner mardi l'écrivain au plus grand festival de littérature en Inde a été annulée pour «des raisons de sécurité».

Au plus grand festival de littérature indienne, à Jaipur, l'organisateur annonce que la vidéo-conférence prévue avec Salman Rushdie ne pourra finalement pas avoir lieu.

Au plus grand festival de littérature indienne, à Jaipur, l'organisateur annonce que la vidéo-conférence prévue avec Salman Rushdie ne pourra finalement pas avoir lieu. Image: AFP

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Des groupes de musulmans radicaux avaient demandé à la police d’interdire la vidéo-conférence de l’écrivain britannique d’origine indienne qu’ils accusent de blasphème pour son roman «Les versets sataniques», publié en 1988.

Sanjoy Roy, l’un des organisateurs du festival de Jaipur, à l’ouest de l’Inde, a déclaré que la police avait prévenu que des militants musulmans présents parmi le public avaient l’intention de perturber la projection de la vidéo-conférence.

Vrai ou faux complot?

«C’est avec un profond regret qu’après trois semaines de développement d’une situation assez stupide, nous sommes dans l’obligation d’abandonner la lutte pour la liberté d’expression», a déclaré M. Roy, déclenchant des cris de soutien à Rushdie parmi les milliers de festivaliers.

La semaine dernière, l’écrivain avait dû décliner l’invitation à participer au Salon du livre après avoir reçu des informations des services de renseignement selon lesquelles des tueurs à gages de Mumbai étaient en route pour l’assassiner à Jaipur. Peu après avoir annulé sa venue, Salman Rushdie a accusé l’Inde d’avoir inventé ces menaces.

«Sur les conseils de la police»

Le propriétaire du lieu du festival, une demeure historique au coeur de la «ville rose» du Rajasthan, a expliqué au public avoir décidé d’annuler la vidéo-conférence «sur les conseils de la police du Rajasthan qui surveille la situation et estime qu’un grand nombre de personnes menace de violence».

Interdit en Inde, «Les versets sataniques» est toujours considéré par de nombreux musulmans dans le monde comme un roman blasphématoire portant atteinte à leur religion. L’écrivain fut la cible d’une fatwa lancée en 1989 par l’ayatollah iranien Khomeiny.

La polémique concernant sa participation fut lancée par une célèbre école coranique du nord de l’Inde, l’université Darul Uloom Deoband. Quatre auteurs ayant lu au cours du week-end des extraits du roman à Jaipur pour protester contre l’absence de Salman Rushdie ont, depuis, quitté le salon sur les conseils des organisateurs. La police a ouvert une enquête sur ces lectures.

Créé: 24.01.2012, 14h31

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