Dimanche 15 septembre 2019 | Dernière mise à jour 15:28

Turquie-Syrie Neuf personnes interpellées après le double attentat de Reyhanli

Choqué par le double attentat de samedi, qui a fait 46 morts en Turquie, Ankara pointe du doigt en direction de la Syrie et de ses alliés. «Les coupables en paieront le prix», a assuré le chef de la diplomatie turque.

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Neuf personnes ont été arrêtées en Turquie après le double attentat qui a fait samedi 46 morts dans la ville de Reyhanli, près de la Syrie. Ankara a attribué la responsabilité de cet acte au régime de Damas, qui a immédiatement démenti toute implication.

Le vice-premier ministre turc Besir Atalay a annoncé que ces neuf personnes, toutes de nationalité turque, appartenaient à «une organisation terroriste en contact avec les services de renseignement syrien», ajoutant que certaines avaient avoué.

Quelques heures après la double explosion, le ministre turc de l'Intérieur Muammer Güler avait lui aussi affirmé que les responsables de l'explosion de deux véhicules bourrés d'explosifs devant la mairie et la poste centrale de Reyhanli, une ville où vivent de nombreux réfugiés syriens, étaient «liés à des organisations soutenant Damas et ses services de renseignement».

«Garder son sang-froid»

Quelques heures plus tard, M. Güler a précisé qu'un des objectifs des instigateurs était de «provoquer des tensions entre les gens qui vivent ici (à Reyhanli) et ceux (les Syriens) qui y sont hébergés comme des invités dans un but humanitaire».

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a lui aussi pointé du doigt Damas, estimant que le régime syrien tentait «d'entraîner dans un scénario catastrophe» la Turquie.

Il a appelé la population à «garder son sang-froid face à chaque provocation visant à attirer la Turquie dans le bourbier syrien», un conflit qui a déjà fait 80'000 morts, pour près de la moitié des civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, une ONG proche des rebelles.

Enfin, le chef de la diplomatie à Ankara, Ahmet Davutoglu, a imputé l'attentat à «une ancienne organisation marxiste directement liée au régime» de Damas. Des journaux turcs ont évoqué la piste d'un groupuscule clandestin turc de gauche, les Acilciler, dont le chef Mihraç Ural aurait trouvé refuge en Syrie à la fin des années 1970.

Silence coupable

M. Davutoglu a reproché dimanche à la communauté internationale son «silence» sur le dossier syrien, établissant un lien de causalité entre ce mutisme et «l'attentat barbare» à Reyhanli. «Le dernier attentat montre comment une étincelle se transforme en incendie lorsque la communauté internationale reste silencieuse et que le Conseil de sécurité de l'ONU est incapable d'agir», a-t-il dit.

La presse et l'opposition turques sont de plus en plus critiques sur la politique de soutien à la rébellion syrienne et d'accueil de réfugiés syriens en Turquie, au nombre de 400'000 actuellement.

«Le gouvernement turc aurait dû prévoir la réaction de Damas et prendre les mesures nécessaires pour protéger la population», estime le quotidien «Milliyet». De son côté, le chef de l'opposition sociale-démocrate en Turquie, Kemal Kiliçdaroglu, a appelé le gouvernement Erdogan à «revoir sa politique étrangère».

Damas contre-attaque

Le régime syrien a, lui, catégoriquement rejeté les accusations turques. «La Syrie n'a pas commis et ne commettra jamais un tel acte car nos valeurs ne nous le permettent pas», a déclaré le ministre de l'Information Omrane al-Zohbi.

«C'est Erdogan qui doit être questionné sur cet acte (...). Lui et son parti en assument la responsabilité directe. Il doit démissionner en tant qu'assassin», a-t-il poursuivi.

A Reyhanli même, où avaient lieu dimanche les enterrements des premiers corps identifiés, la tension restait vive entre les autochtones et les Syriens installés dans cette ville de 60'000 habitants et dans un camp de réfugiés proche.

«On veut juste qu'ils partent»

«On veut juste qu'ils partent. Rien de tout cela ne serait arrivé s'ils n'étaient pas là», s'est insurgé un habitant. «Certains d'entre eux vendent des cartouches sur des étals dans la rue. On n'avait jamais vu ça avant dans cette ville paisible», a-t-il ajouté.

Samedi, la police a dû tirer en l'air pour disperser des groupes de jeunes qui voulaient agresser des réfugiés syriens. (ats/nxp)

Créé: 12.05.2013, 19h44

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