Dimanche 23 février 2020 | Dernière mise à jour 03:09

Allemagne Le nouveau SPD ne désavoue pas la coalition Merkel

Les nouveaux dirigeants du parti d'Angela Merkel, dont l'élection a déjoué tous les pronostics samedi, officiellement investis ce vendredi, n'ont pas voté pour leur sortie immédiate.

Les responsables du SPD réunis ce vendredi en congrès à Berlin.

Les responsables du SPD réunis ce vendredi en congrès à Berlin. Image: AFP

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Le parti social-démocrate SPD, réuni en congrès vendredi à Berlin, a voté contre un départ de suite de la coalition qu'il forme en Allemagne avec les conservateurs de la chancelière Angela Merkel.

Le SPD souhaite toutefois l'ouverture de «discussions» avec la droite sur plusieurs thèmes comme la politique climatique, une hausse du salaire minimum ou des investissements dans les services publics.

L'élection de Saskia Esken et Norbert Walter-Borjans à la tête du SPD contre un poids lourd du gouvernement Merkel, Olaf Scholz, grand favori du scrutin, a fait samedi dernier l'effet d'un coup de tonnerre. Ils ont été officiellement investis ce vendredi à Berlin lors d'un congrès de leur parti.

Mais en moins d'une semaine, le soufflé est en partie retombé. Les deux nouveaux dirigeants, issus de l'aile gauche du SPD, ont douché les attentes de «grand soir». Ils promettaient une «renégociation» du contrat de coalition conclu dans la douleur début 2018 par le SPD avec les conservateurs de la CDU-CSU. Ce qu'excluent catégoriquement ces derniers.

Pas de clash

Depuis leur victoire, les deux dirigeants n'évoquent plus que de simples «discussions» sur des thèmes précis, sans soumettre au vote lors du congrès un maintien ou non dans la coalition.

«J'étais et je suis sceptique quant à l'avenir de cette grande coalition», a expliqué à la tribune Saskia Esken, souhaitant toutefois donner à cet attelage une «chance de continuer. Ni plus ni moins».

«Dans une démocratie, des compromis doivent être trouvés, mais ils ne doivent pas brouiller notre position», a renchéri Norbert Walter-Borjans. Les deux nouveaux dirigeants n'entendent pas cependant aller dès maintenant au clash, en soumettant au vote le maintien ou non dans l'équipe Merkel.

Des membres de l'aile gauche du parti pourraient toutefois tenter d'obtenir lors du congrès un vote clair sur cette question.

Avancées louées

Ces derniers jours, les tenants du maintien dans la coalition se sont davantage manifestés, à l'instar des figures de la sociale-démocratie allemande, telles que l'ex-chancelier Gerhard Schröder ou Martin Schulz, ancien président du Parlement européen.

Vendredi, le représentant de la puissante confédération syndicale allemande DGB, Reiner Hoffmann, a réitéré ce même souhait, louant les avancées du gouvernement, notamment sur l'amélioration des petites retraites.

Le climat, enjeu central

En amont du congrès, le conseil exécutif du SPD, créé sous ce nom en 1890, est tombé d'accord jeudi pour demander à la droite des discussions autour de trois grands thèmes, sans fixer de délai précis.

Le premier concerne la lutte contre le réchauffement climatique, devenu un enjeu central en Allemagne, pays marqué ces derniers mois par la percée des Verts, devenus le deuxième parti du pays.

Les deux dirigeants avaient mené une campagne très ambitieuse sur ce thème, obtenant le soutien de la branche allemande de Fridays for future, le mouvement initié par la Suédoise Greta Thunberg, très suivi en Allemagne.

Mais, a déploré dans la semaine le mouvement de jeunes, les dirigeants du SPD «se sont éloignés quatre jours seulement après leur élection de leurs promesses», en particulier de demander un prix minimum de 40 euros la tonne de CO2.

Investissements exigés

Des discussions sur des «investissements massifs dans les infrastructures publiques» vont également être demandées à l'équipe Merkel, qui reste attachée au totem allemand d'un budget au moins à l'équilibre, dit «Schwarze Null» («zéro noir»).

Sur ce thème, Norbert Walter-Borjans a mené une charge virulente, sans pour autant prôner l'abandon pur et simple de ce dogme. «Si le 'Schwarze Null' fait obstacle à un avenir meilleur pour nos enfants, (...) alors il faut que cela disparaisse», a-t-il lancé.

Enfin, Saskia Esken et Norbert Walter-Borjans plaident pour une hausse à 12 euros du salaire minimum horaire, contre à peu près 9 euros actuellement.

Obtenir de telles avancées implique, pour les partisans de la «Groko» (la «grosse coalition»), de rester alliés aux conservateurs, afin de peser à l'intérieur de l'équipe dirigeante. La droite menace en outre de ne pas valider de récentes avancées, comme une pension de base pour les retraités pauvres, si le SPD claquait la porte. (ats/nxp)

Créé: 06.12.2019, 17h55

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