Dimanche 15 septembre 2019 | Dernière mise à jour 15:28

Divorce de l'UE De nouvelles «discussions» pour débloquer le Brexit

Jean-Claude Juncker et Theresa May se sont mis d'accord jeudi pour entamer de nouveaux pourparlers pour tenter de sortir de l'impasse du Brexit.

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Bruxelles et Londres sont convenus jeudi de mener de nouvelles «discussions» pour sortir de l'impasse sur le Brexit. Le plaidoyer de la première ministre britannique en faveur d'une modification de l'accord de retrait a toutefois été de nouveau rejeté par l'UE.

La poignée de main avec le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a été polie, sans un mot. La conversation qui a suivi fut «musclée mais constructive», selon le communiqué conjoint des deux dirigeants publié à l'issue de leur rencontre à Bruxelles.

En l'absence d'avancées concrètes, ils ont conclu que leurs équipes «devraient discuter pour savoir s'il est possible de trouver une solution qui recueillerait» à la fois une majorité au Parlement britannique et «respecterait» les conditions fixées par les 27 Etats membres. Prochain rendez-vous pour les équipes du Brexit: le négociateur en chef de l'UE Michel Barnier va rencontrer lundi à Strasbourg - où le Parlement européen sera en session plénière - le ministre chargé du Brexit Steve Barclay.

Une nouvelle rencontre entre Theresa May et Jean-Claude Juncker est aussi prévue «avant la fin du mois de février». La tâche de Mme May s'annonçait difficile, de son propre aveu, tant les Européens répètent à l'envi que l'accord de retrait, que les 27 et le gouvernement britannique ont entériné fin novembre, n'était «pas ouvert» à la renégociation. Mais tous continuent d'affirmer vouloir éviter le scénario redouté d'un Brexit sans accord à la date du 29 mars.

Chacun campe sur ses positions

Au final, les deux parties ont campé sur leurs positions. Theresa May a plaidé jeudi pour obtenir un «changement juridiquement contraignant aux termes du filet de sécurité» irlandais (ou «backstop» en anglais), la disposition incluse dans l'accord de retrait qui cristallise l'opposition des députés britanniques.

Ce à quoi Jean-Claude Juncker lui a répondu, une nouvelle fois, que «les 27 ne rouvriront pas l'accord de retrait, qui est un compromis soigneusement équilibré entre l'UE et le Royaume-Uni, dans lequel les deux parties ont fourni des concessions importantes pour parvenir à un accord».

Seul point sur lequel les Européens sont prêts à des modifications: la déclaration politique qui accompagne l'accord de retrait dans laquelle il est possible d'être «plus ambitieux en termes de contenu et de rapidité en ce qui concerne la relation future» entre l'UE et Londres, selon le communiqué.

Mme May s'appuie sur le soutien de son parlement en faveur d'une modification du «backstop», Juncker, lui, rappelle que tout nouveau texte devra aussi être accepté par les 27 et par le Parlement européen, très attaché à la présence d'une clause de sauvegarde sur l'Irlande.

Piège du filet de sécurité

La question irlandaise reste le principal obstacle à l'assurance d'un retrait ordonné le 29 mars. La première ministre veut s'assurer que son pays ne sera pas «piégé» dans le «backstop», a encore expliqué jeudi une porte-parole de Downing Street.

Cette disposition a été introduite dans l'accord de retrait comme solution de dernier recours destinée à éviter le retour d'une frontière physique sur l'île d'Irlande. Elle prévoit que le Royaume-Uni resterait dans une union douanière avec l'UE, et la province britannique d'Irlande du Nord dans le marché unique pour les biens, afin d'éviter des contrôles douaniers et réglementaires physiques, si aucune autre solution n'est trouvée au cours des négociations sur la future relation entre Londres et l'UE.

Vidéo- L’accord sur le Brexit est rejeté (16 janvier 2019)

Mme May n'est pas venue à Bruxelles avec une offre déterminée. Selon Downing Street, trois changements sont envisagés sur le backstop: une limite dans le temps, une sortie unilatérale décidée par le Royaume-Uni, ou un plan proposé par des députés basé notamment sur l'utilisation de technologies pour des contrôles douaniers dématérialisés.

Mais Bruxelles a déjà écarté les deux premières options par le passé et doute de la faisabilité de la troisième. Dans une lettre adressée à la première ministre et rendue publique jeudi matin, le leader de l'opposition Jeremy Corbyn exprime ses doutes sur la stratégie de Theresa May.

Son parti propose comme solution que le Royaume-Uni dans son ensemble intègre l'union douanière, avec «des tarifs extérieurs communs et un accord sur la politique commerciale qui inclut un avis sur les futurs accords commerciaux de l'UE». Une proposition fraîchement reçue par le numéro 2 du gouvernement David Lidington, qui l'a qualifiée de «voeu pieux», lors d'une interview à la radio BBC4.

(afp/nxp)

Créé: 07.02.2019, 15h24

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