Mardi 21 janvier 2020 | Dernière mise à jour 11:56

Etats-Unis Pas de nouvelles sanctions contre Moscou

La Maison-blanche estime que les mesures en vigueur sont suffisantes. Des sociétés d'armement russe et des oligarques restent surveillés par l'administration américaine.

German Gref (de face) est le directeur général de la banque publique Sberbank, premier établissement financier de Russie.

German Gref (de face) est le directeur général de la banque publique Sberbank, premier établissement financier de Russie. Image: Keystone

Le Kremlin analyse

Le Kremlin a réagi mardi avec prudence à la publication par Washington d'une liste des proches de Poutine susceptibles d'être sanctionnés, affirmant souhaiter «l'analyser» pour en tirer ses conclusions plutôt que de «céder aux émotions».

«Nous devons d'abord analyser (la liste), cette publication est sans précédent», a déclaré lors d'un point-presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. «Ce n'est pas le premier jour où nous subissons des manifestations d'agressivité à notre encontre, c'est pourquoi il ne faut pas céder aux émotions, nous devons d'abord tout comprendre et ensuite formuler notre position», a-t-il affirmé.

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Les Etats-Unis n'instaureront pas de nouvelles sanctions contre la Russie dans le cadre de la loi adoptée pour sanctionner le rôle supposément joué par Moscou au cours de la présidentielle de 2016. La Maison-blanche juge que les mesures en vigueur sont suffisantes.

«Nous avons indiqué aujourd'hui au congrès que cette législation et que sa mise en oeuvre pénalise les ventes de l'industrie russe de la défense», a déclaré Heather Nauert, porte-parole du département d'Etat, dans un communiqué.

«Depuis cette loi, les gouvernements étrangers ont, selon nous, renoncé à des projets d'achats représentant plusieurs milliards de dollars pour la défense russe.» «De ce point de vue, puisque la loi fonctionne, des sanctions visant des entités ou des individus en particulier ne seront pas utiles puisque la loi suffit à dissuader.»

39 sociétés listées

Cette loi, visant également à punir la Russie pour son attitude en Ukraine, adoptée à une écrasante majorité par les parlementaires américains, avait été promulguée le 2 août à contrecoeur par le président américain Donald Trump. Il en avait critiqué plusieurs dispositions-clés.

Comme stipulé par le texte, le département d'Etat a dressé à la fin octobre une liste de 39 sociétés d'armement russe avec lesquelles il est désormais interdit de commercer, sous peine de sanctions. La diplomatie américaine avait ensuite jusqu'à ce lundi pour annoncer des sanctions contre toute entité accusée d'avoir malgré tout conclu des contrats avec les sociétés de la liste noire.

Outre les constructeurs aéronautiques Sukhoï et Tupolev, la liste comprend aussi les principales agences russes de renseignements - le FSB, héritier du KGB, le SVR (renseignement extérieur) et le GRU, services secrets de l'armée russe -, ainsi qu'une société moins connue, PO KSI, que les Etats-Unis accusent de former les hackers russes.

Une liste d'«oligarques»

La loi, baptisée «Countering America's Adversaries Through Sanctions Act» (CAATSA, «riposter aux adversaires de l'Amérique par des sanctions»), exigeait aussi de l'exécutif qu'il établisse une liste d'«oligarques» proches du président Vladimir Poutine et publie un rapport détaillant les conséquences qu'auraient des mesures contre la dette souveraine russe.

Peu avant minuit (06h00 suisses), le département du Trésor a rendu publique une liste d'«oligarques» comprenant 114 personnalités du monde politique russe et 96 personnalités du monde des affaires.

Parmi elles figurent German Gref, directeur général de la banque publique Sberbank, premier établissement financier de Russie, et Andreï Kostine, patron de VTB, deuxième banque du pays. Le directeur général du géant gazier Gazprom, Alexeï Miller est également cité, ainsi que plusieurs magnats de la métallurgie comme Oleg Deripaska, co-propriétaire de Rusal, le deuxième producteur mondial d'aluminium.

Dans un communiqué, le département du Trésor précise que l'inclusion de ces personnes sur cette liste ne signifie pas qu'elles sont sujettes à des sanctions, qu'elles répondent aux critères pour être sanctionnées ou qu'elles sont engagées dans une quelconque activité malveillante. Il explique les avoir désignées en raison de leur statut et de leur proximité avec le régime russe.

L'entourage proche de Vladimir Poutine est en revanche déjà visé par des sanctions américaines (gel des actifs, interdiction de visa) consécutives à l'annexion par la Russie de la péninsule ukrainienne de Crimée en 2014. (ats/nxp)

Créé: 30.01.2018, 09h51

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