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Décryptage Obama dévoilé dans son intimité

M le magazine du Monde livre un portrait inédit du président sortant, détaillant ses habitudes, ses manies, son goût de la compétition ou son obsession d'être le meilleur.

Obama, à la maison, entouré de ses deux filles Malia et Sasha en septembre dernier.

Obama, à la maison, entouré de ses deux filles Malia et Sasha en septembre dernier. Image: Reuters

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Mais qui est vraiment Barack Obama? Le monde entier connaît l'animal politique, son charisme, son phrasé si particulier, ses convictions, sa politique. Mais peu de gens finalement connaissent l'homme en privé. C'est à cet aspect que vient de se consacrer M le magazine du Monde, qui dresse un portrait inédit du président sortant.

On y apprend ainsi pour le côté anecdotique que Barack Obama se lève tous les matins à 7h et veille très souvent bien après minuit, contrairement à son prédécesseur, George W. Bush, qui lui se couchait tous les jours à 22h. Alors que Michelle et les filles sont depuis longtemps au lit, le président sortant profite de sa solitude pour écrire son journal, regarder la télévision, pianoter sur son iPad ou tout simplement rêver.

Super-compétitivité

Mais en quatre ans de présidence, ce qui frappe désormais les observateurs, rappelle le magazine, c'est le côté «super-compétitif et perfectionniste» de l'homme. Obama lit tout, répète la prononciation du nom des dirigeants avant les sommets internationaux, et bénéficie d'une mémoire photographique hors du commun, enregistrant en quelques minutes des pages de mémo.

Hic: Obama se sait doué. Du coup, il n'hésite pas à remettre à sa place ceux qui douteraient de ses facultés. «Dans les réunions, mieux vaut ne pas sous-entendre qu'on en sait plus que lui ou qu'on est plus intelligent», raconte l'un de ses anciens conseillers.

Car être le meilleur est une obsession pour le président, note M le magazine du Monde. Il faut qu'il gagne, que ce soit aux cartes, au basket ou même dans une lecture pour enfants. «Je ne connais qu'une seule personne qui soit plus compétitive que lui. C'est sa femme», confie ainsi le journaliste Richard Wolffe, auteur de plusieurs livres sur Obama et la Maison Blanche.

Parfaite maîtrise de son charisme

Le président maîtrise aussi parfaitement son charisme et son pouvoir de persuasion. Ainsi, un humoriste lui avait demandé pour un show télévisé de prononcer les propos les plus anodins, mais sur le ton qu'il avait employé durant sa campagne de 2008. Résultat: la simple phrase «Je vous appelle pour savoir si vous êtes satisfait de votre service de téléphone» avait mis sous le charme tous les spectateurs présents...

Si cette confiance en lui lui a permis de gagner la Maison Blanche et de faire passer des réformes comme l'assurance santé, elle lui joue aussi des tours. En effet, rappelle le magazine, il ne consulte presque jamais les éléphants de la diplomatie américaine, même pour des décisions importantes de politique étrangère, au grand dam de certains.

Obama ne s’embarrasse en outre pas des susceptibilités des uns et des autres. Il n'a ainsi invité aucun chef d'Etat en marge de l'assemblée de l'ONU, histoire de ne pas faire de jaloux. Il n'a pas non plus daigné inviter à la Maison Blanche nombre de donateurs du parti. «Il est tellement sûr de lui qu'il ne lui vient pas à l'esprit que les autres ont besoin d'entendre "Bon travail"», note ainsi l'un des ses anciens collaborateurs.

Il ne sait pas réseauter

Mais ce qui pose le plus de problèmes à Obama aujourd'hui, c'est son incapacité à nouer des réseaux. L'establishment américain ne comprend ainsi pas pourquoi le président préfère dîner tous les soirs en famille plutôt que de tisser des liens dans les événements mondains. Ce qui serait une faute politique outre-Atlantique.

Selon les observateurs, il aurait pu conclure des alliances avec les républicains s'il avait su mieux s'intégrer à Washington. «C'est simple, raconte un journaliste, Obama ne parle pas à grand monde, même pas aux démocrates.»

Même en amour, Obama serait un infirme relationnel. Ainsi une ancienne petite amie à l'Université a raconté que le jeune étudiant lui avait simplement répondu «Merci» alors qu'elle venait de lui déclarer sa flamme.

Bière et burgers

Du coup, pour gommer cette image distante et cérébrale de l'intellectuel buveur de thé qu'il est, son staff de campagne lui fait courir les émissions populaires de l'après-midi où le président sortant parle plus de son intimité que de politique. Pour séduire les milieux populaires, Obama n'apparait plus qu'une bière à la main, en chemisette bon marché, dégustant des hamburgers. Mais malgré tout, il répugne toujours à mettre en scène sa sensibilité.

Pourtant, le président sortant ne peut pas se permettre de perdre contre un candidat comme Mitt Romney. «Si, il y a quatre ans, être le candidat démocrate à la Maison Blanche, qui plus est un candidat noir, était une victoire, aujourd'hui les choses ont changé. Perdre le ferait entrer dans l'histoire comme une figure importante mais avant tout symbolique. Il a donc d'autant plus besoin de gagner», conclut un de ses proches.

Créé: 08.10.2012, 12h45

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