Mardi 18 juin 2019 | Dernière mise à jour 08:19

Pays-Bas On lui refuse l’euthanasie, l'ado se laisse mourir de faim

Violée à 14 ans, une adolescente de 17 ans a obtenu l’arrêt de tous soins et s’en est allée dimanche, entourée par ses proches.

Noa Pothoven avait raconté dans une autobiographie comment elle tentait de survivre avec ses souffrances.

Noa Pothoven avait raconté dans une autobiographie comment elle tentait de survivre avec ses souffrances. Image: instagram/Noa Pothoven

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Le visage de Noa Pothoven et son histoire dramatique ont fait mercredi le tour de la planète. D’innombrables médias racontaient alors que cette adolescente hollandaise de 17 ans, violée à 14 ans, avait demandé et obtenu une euthanasie. Et s’en était allée dimanche.

C’était faux. Noa Pothoven a bien souhaité une euthanasie. Mais elle lui a été refusée, a tenu a communiquer la clinique qu’elle avait approchée. Le destin de l’adolescente n’est pas moins tragique pour autant. Sa farouche détermination à mourir a fait plier sa famille comme les médecins.

«Je respire mais je ne vis plus»

Noa Pothoven jugeait ses souffrances insupportables. «Je respire mais je ne vis plus», a écrit l’adolescente dans son dernier message posté sur Instagram, qui a été depuis supprimé. La jeune femme d’Arnhem avait été abusée alors qu’elle avait 11 ans. Puis avait été violée par deux hommes lorsqu’elle avait 14 ans. Après avoir été incapable de parler de ces agressions, elle les avait racontées dans une autobiographie, «Winnen of leren», «Gagner ou apprendre», publié en novembre dernier.

Noa Pothoven y disait souffrir d’un syndrome de stress post-traumatique. Qui a entraîné «dépression, anorexie et automutilations». Dans ce livre, dit le résumé, le lecteur peut découvrir «comment je fais» pour tenter vivre avec cette souffrance. «Ou du moins comment j’essaye.»

Mais l’adolescente n’y est pas parvenue. «Dans dix jours, je vais mourir. Après des années de combat, je suis épuisée. Il a été décidé de me laisser partir parce que ma souffrance est insupportable», avait-elle encore posté. «C’est ma décision et elle est définitive.»

Pas de nourrissage forcé

Des mots qui laissaient songer à une euthanasie. Mais ce n’était pas le cas: fermement décidée à s’en aller, Noa Pothoven a décidé de cesser de s’hydrater et de s’alimenter. «Pour mettre fin à ses souffrances, elle a cessé de manger et de boire», a confirmé l’établissement Levenseindekliniek de La Haye.

Noa Pothoven avait été internée à plusieurs reprises. Et avait plusieurs fois tenté de mettre fin à ses jours. Face à sa détermination, son impossibilité à vivre, ses proches comme les médecins ont plié. Ils ont accepté l’arrêt des soins et surtout que l’adolescente ne soit pas nourrie de force, ce qui ne constitue pas une euthanasie. La jeune femme s’en est allée dimanche, entourée de ses parents, sa sœur, son frère.

Amélioration possible?

Aux Pays-Bas, l’euthanasie est possible dès 12 ans, avec le consentement des parents. À 17 ans, l’accord des parents n’est plus nécessaire. On peut y accéder en cas de souffrances insupportables et sans espoir d’amélioration. Les souffrances de Noa Pothoven étaient manifestement insupportables. Mais les médecins avaient jugé qu’une amélioration de son état était possible. Pas elle.

(Le Matin)

Créé: 06.06.2019, 10h49

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