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Russie À peine sorti, l'opposant Navalny retourne en prison

Alexeï Navalny a été interpellé à sa sortie de prison, après un mois passé derrière les barreaux. Il a été condamné à 20 jours de détention.

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Russie: Alexeï Navalny à la tête des manifestations anticorruption

Russie: Alexeï Navalny à la tête des manifestations anticorruption L'opposant Alexeï Navalny appelle régulièrement à des manifestations. L'opposant numéro un au Kremlin a été condamné à 30 jours de prison le lundi 12 juin 2017

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L'opposant russe Alexeï Navalny, à peine sorti de prison, a été arrêté lundi. Il a été condamné à une nouvelle peine de 20 jours de détention, pour avoir appelé à manifester contre la très impopulaire réforme des retraites.

«Vingt jours», a écrit la porte-parole de l'opposant Kira Iarmych sur Twitter. Alexeï Navalny était jugé lundi soir par un tribunal de Moscou. L'opposant n'aura passé que quelques secondes en liberté.

Lundi à l'aube, il avait pu quitter le centre de détention où il venait déjà de passer 30 jours pour une manifestation non autorisée en janvier. Manifestation durant laquelle il avait appelé à boycotter l'élection présidentielle du 18 mars.

Attendu par les policiers, l'opposant de 42 ans, qui a déjà passé 172 jours en prison ces dernières années, a été conduit dans un commissariat puis, après huit heures en cellule, dans un tribunal. Il était accusé d'avoir appelé à une manifestation qui a porté atteinte à la santé de personnes, en l'occurrence de policiers, selon sa porte-parole Kira Iarmych. «Vous imaginez une affaire, vous fabriquez de manière totalement effrontés une procédure administrative», a lancé lors de l'audience Alexeï Navalny.

Question de popularité

L'opposant avait appelé les Russes à manifester le 9 septembre contre le très impopulaire projet gouvernemental de réforme des retraites. Il se trouvait lui-même en prison pendant ces rassemblements, qui ont donné lieu à des centaines d'arrestations, parfois très musclées, dans tout le pays.

Le bras droit de l'opposant, Leonid Volkov, a accusé sur Twitter le pouvoir de s'en prendre à lui «en raison de ses défaites et échecs des dernières semaines». L'annonce en juin d'un relèvement de l'âge de la retraite de 5 ans pour les hommes (à 65 ans) et 8 ans pour les femmes (à 63 ans), a provoqué de nombreuses manifestations, notamment à l'appel du Parti communiste.

Si ces rassemblements sont restés limités à quelques milliers de personnes, comme samedi encore à Moscou, ce sujet très sensible dans un pays où le niveau de vie et les pensions de retraite sont très faibles, a affecté la popularité de Vladimir Poutine. Ce dernier a finalement assoupli fin août la réforme, réduisant notamment à 5 ans le relèvement de l'âge de départ pour les femmes (à 60 ans).

Et revers électoraux

Il a aussi eu des répercussions électorales. Les élections régionales, tenues également le 9 septembre, ont été marquées par le plus fort recul du parti pro-Kremlin Russie Unie en dix ans. Si le pouvoir a remporté la majorité des régions dès le premier tour, il a été mis en ballottage dans quatre régions. Dans les deux régions où le deuxième tour avait lieu dimanche, à Khabarovsk (Extrême-orient) et Vladimir (est de Moscou), les gouverneurs pro-Kremlin sortants ont été battus par des candidats du parti d'extrême droite LDPR.

Dans la région de Primorié, également en Extrême-orient, la victoire du gouverneur du parti au pouvoir face à un communiste a, elle, été annulée jeudi par la Commission électorale après des fraudes massives. Il s'agit d'une première pour une élection de ce niveau depuis l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine.

Et le second tour dans la république de Khakassie (sud de la Sibérie) a été reporté au 7 octobre après le retrait inattendu, vendredi, du candidat de Russie unie Viktor Zimine, officiellement pour raison de santé, alors qu'il n'avait obtenu que 32% des voix au premier tour contre 45% pour le candidat communiste.

«Le plus important pour nous, c'est que les élections se tiennent dans une atmosphère calme et concurrentielle», a commenté lundi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, ajoutant que ces revers feraient l'objet d'une «analyse» au sein du pouvoir.

Principale figure

M. Navalny est devenu la principale figure de l'opposition russe depuis d'imposantes manifestations en 2011 et 2012. Plusieurs manifestations qui comptent parmi les plus importantes récemment organisées en Russie se sont déroulées à son appel et sa rhétorique anti-corruption trouve un écho particulier auprès des jeunes qui le suivent sur internet.

L'opposant avait été déclaré inéligible à la présidentielle de mars pour une condamnation judiciaire qu'il juge politique. L'ONG Amnesty International a qualifié lundi dans un communiqué M. Navalny de «prisonnier de conscience qui n'a commis aucun crime», appelant les autorités russes à sa libération «immédiate». (ats/nxp)

Créé: 24.09.2018, 23h05

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