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Election Clôture des bureaux de vote en Colombie

Les Colombiens se rendent aux urnes dimanche pour le second tour de la présidentielle, qui voit la gauche et la droite s'affronter pour la 1ère fois.

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Colombie, un long retour vers la paix

Colombie, un long retour vers la paix Le gouvernement colombien fait la paix avec des guérilla: les Farc et l'ELN.

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Les bureaux de vote ont fermé dimanche à l'issue du second tour de l'élection présidentielle en Colombie, auquel environ 36 millions d'électeurs étaient appelés à désigner le successeur de Juan Manuel Santos, a annoncé l'autorité électorale.

Lors de ce scrutin, crucial pour l'avenir de l'accord de paix avec l'ex-guérilla Farc, les Colombiens devaient choisir entre le candidat de la droite, Ivan Duque, et, pour la première fois dans un second tour de présidentielle, un représentant de la gauche, Gustavo Petro.

Accord de paix

Dauphin de l'ex-président Alvaro Uribe (2002-2010), farouche opposant à l'accord avec les Farc, Ivan Duque a promis de modifier ce texte, selon lui trop laxiste envers les ex-chefs guérilleros. S'il est élu, il deviendra le plus jeune président de Colombie depuis 1872.

«Continuons à construire un pays en paix, un pays en démocratie, un pays où nous tenons tous et auquel tous nous contribuons», a déclaré M. Santos, 66 ans, en appelant samedi soir les Colombiens à se rendre aux urnes.

L'accord avec les Farc, qui a permis le désarmement de 7.000 rebelles, lui a valu le prix Nobel de la Paix, mais aussi une impopularité record de 80% dans ce pays de 49 millions d'habitants. Au pouvoir depuis 2010, il ne peut se représenter après deux mandats consécutifs.

Si le pacte, signé fin 2016, a clos plus de 52 ans d'affrontements avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), converties en parti politique, la Colombie peine à émerger du conflit.

Elle reste confrontée à une corruption et des inégalités criantes, notamment en matière d'éducation et de santé, ainsi qu'à la violence de groupes armés se disputant le narco-trafic dans ce pays, premier producteur mondial de cocaïne.

La gauche au second tour, inédit

La droite règne depuis toujours. Ivan Duque a remporté 39,14% des voix au premier tour le 27 mai contre 25,08% à Gustavo Petro, ancien maire de Bogota et ex-guérillero du M-19 dissout. La participation avait été sans précédent (53,9%). Habituellement moins de la moitié des 36 millions d'électeurs votent.

Novice en politique avec un seul mandat comme sénateur, l'avocat et économiste Ivan Duque se défend d'être la «marionnette» d'Alvaro Uribe. Les sondages créditent le candidat du Centre démocratique (CD) de plus de 50%, six à quinze points devant Gustavo Petro.

Mais c'est la première fois que la gauche colombienne, divisée et qui a pâti de la présence des guérillas, arrive aussi loin dans une course présidentielle. Ivan Duque, soutenu par les conservateurs, les partis chrétiens, les évangéliques et l'ultra-droite, défend la liberté d'entreprendre et les valeurs traditionnelles de la famille, en agitant le spectre du Venezuela voisin en faillite.

Il veut réviser l'accord de paix pour envoyer en prison les chefs des ex-Farc coupables de crimes graves et leur barrer l'accès au Parlement, éradiquer «le cancer de la corruption» et relancer la 4e économie d'Amérique latine, en berne avec 1,8% de croissance.

«Le discours de campagne pour gagner est une chose, c'en est une autre une fois en exercice. Ce serait très coûteux de revenir en arrière» sur l'accord, avertit Fabian Acuña, politologue de l'Université Javeriana.

Visions opposées sur l'avenir de la paix

Gustavo Petro, chantre d'une gauche anti-système, promet de l'appliquer et de lancer de profondes réformes favorables aux pauvres. Mais il paye sa proximité avec le défunt président vénézuélien Hugo Chavez, bien qu'il ait désavoué son successeur Nicolas Maduro.

Les candidats s'opposent aussi sur le dialogue avec l'Armée de libération nationale (ELN), dernière guérilla du pays. Gustavo Petro veut le poursuivre; Ivan Duque compte durcir la position gouvernementale.

«Nous espérons que, quel que soit le vainqueur, il continue ces efforts (de paix) et respecte les accords conclus», a déclaré mardi Pablo Beltran, chef négociateur de la rébellion, en cessez-le-feu pour ce scrutin.

Dans la dernière ligne droite, les deux adversaires ont limité les déclarations, tentant de nouer des alliances. Le report des voix du centre, dont un candidat, Sergio Fajardo, a obtenu 23,7% au premier tour, pourrait peser. Mais le vote blanc aussi.

«Si Ivan Duque l'emporte, il aura une importante majorité pour faire approuver ses initiatives» au Congrès, où la droite s'est imposée aux législatives de mars, a déclaré à l'AFP le politologue Nicolas Liendo, de l'Université Sergio Arboleda.

Pour sa part, le parti Farc (Force alternative révolutionnaire commune) a renoncé après un échec cuisant devant les urnes: il n'avait même pas atteint les 0,5% de voix nécessaires pour dépasser les dix sièges parlementaires octroyés par l'accord.

Tourner définitivement la page d'une guerre fratricide, qui a fait au moins huit millions de victimes entre morts, disparus et déplacés, sera la principale tâche du futur dirigeant, qui prendra ses fonctions le 7 août. (afp/nxp)

Créé: 17.06.2018, 15h26

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