Lundi 6 avril 2020 | Dernière mise à jour 14:02

France «Papa a voulu suicider maman»

Un nouveau cas de féminicide est jugé devant la Cour d'assises des Hauts-de-Seine, à Nanterre. Un homme avait brûlé vive sa compagne qui voulait le quitter, en 2017.

Un homme jugé pour avoir tué sa compagne devant la petite  fille du couple.

Un homme jugé pour avoir tué sa compagne devant la petite fille du couple. Image: AFP

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Un homme accusé d'avoir brûlé vive sa femme qui voulait le quitter devant leur fille de 7 ans sera jugé à partir de jeudi devant la Cour d'assises des Hauts-de-Seine à Nanterre.

Septembre 2017, vers 22h. Dans un immeuble du Plessis-Robinson, les habitants entendent leur voisine hurler à la mort, et une petite fille crier «Papa arrête, laisse maman tranquille».

Ils sortent sur le balcon, voient de la fumée dans l'appartement du dessus. Ils montent, entendent des appels au secours et décident d'enfoncer la porte. La fillette en pleurs raconte que son père a jeté du «gaz» sur sa mère et qu'elle a pris feu. Aux policiers, elle décrira aussi les coups de poing au visage sur sa mère au sol, les «je vais te tuer» criés par son père. Il était «furieux» parce qu'elle «avait trouvé un autre amoureux», expliquera la petite fille. L'enfant dira encore «Papa a voulu suicider maman».

Brûlée sur tout le corps, Ghylaine B., 34 ans, décèdera à l'hôpital quelques jours plus tard. Son compagnon, Christophe J., 40 ans à l'époque, sera, lui, grièvement brûlé.

Les proches du couple décriront une relation dans l'ensemble «normale» entre ce salarié d'une entreprise et l'employée de boulangerie. Mais elle avait rencontré quelqu'un depuis quelques mois, et envisageait sérieusement de quitter son compagnon.

«[...] J'ai pété un plomb»

A plusieurs reprises, ses proches avaient entendu Christophe J. dire qu'il ne le supporterait pas, qu'il se «foutrait en l'air» si ça arrivait. L'expert psychiatre qui l'examinera parlera de personnalité «classique» des auteurs de féminicides: fragilité narcissique, forte dépendance affective à l'autre, possessivité exacerbée, crainte incontrôlée de solitude....

Christophe J. finira par reconnaître devant les enquêteurs qu'ils s'étaient disputés le soir du drame car elle voulait partir, et la «peur panique» que cela avait engendré chez lui.

Il conteste cependant avoir voulu la tuer, dit ne pas se rappeler de l'enchaînement des faits - «C'est flou, j'étais hors de moi... j'ai pété un plomb» - et évoque même la possibilité que sa femme ait elle même mis le feu pour se suicider, «consciente de ce qu'elle avait fait».

En moyenne en France, une femme tous les trois jours est tuée par son compagnon ou ex. Selon un décompte provisoire de l'AFP, au moins 123 femmes ont été tuées en 2019 par leurs compagnons ou ex. Pour 2018, le gouvernement a recensé 121 femmes tuées dans le cadre de violences conjugales. (afp/nxp)

Créé: 08.01.2020, 14h14

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