Lundi 16 décembre 2019 | Dernière mise à jour 14:00

Roumanie Le pape va béatifier sept évêques martyrs

Sept évêques martyrs du régime communiste vont être béatifiés par le pape François dimanche en Roumanie.

Le pape François en Roumanie le 1er juin 2019.

Le pape François en Roumanie le 1er juin 2019. Image: AFP

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Dans la nuit du 28 au 29 octobre 1948, sept évêques uniates étaient arrêtés par des agents du régime communiste roumain. Dimanche, ces religieux qui ont refusé, au prix de leur vie, de renier leur foi seront béatifiés par le pape François.

«Cet événement marque la reconnaissance d'une longue période de souffrance et de résistance de notre Eglise», a déclaré à l'AFP l'évêque Claudiu Pop de Blaj (centre), ville où le pape célèbrera dimanche cette messe de béatification.

Blaj est le siège de cette Eglise uniate, dite aussi gréco-catholique. Ces catholiques de rite byzantin sont issus d'une scission au sein de l'orthodoxie remontant à la fin du 17e siècle, lorsque la région de Transylvanie (centre) faisait partie de l'empire austro-hongrois: tout en conservant leurs pratiques orthodoxes, ils ont reconnu l'autorité du pape.

Une allégeance que les communistes ne pouvaient tolérer: un décret adopté fin 1948 a interdit, de facto le gréco-catholicisme et assuré que ses fidèles étaient «revenus au culte orthodoxe». L'Eglise orthodoxe s'est ainsi vu attribuer les biens, et notamment les lieux de culte, de ces nouveaux hors-la-loi. «Cette haine contre la foi émanait de Joseph Staline, qui avait liquidé de la même manière l'Eglise gréco-catholique ukrainienne», souligne le chercheur Emanuel Cosmovici.

Torturés

L'Eglise orthodoxe, complice de ce passage en force, allait à son tour être opprimée par les communistes, même si nombre de ses hauts hiérarques acceptèrent de collaborer. Accusés de «haute trahison» et d'«espionnage au profit des impérialistes», les sept évêques uniates furent emprisonnés, torturés, humiliés. Ils sont morts en détention ou en réclusion dans un monastère orthodoxe et enterrés furtivement, les lieux de sépulture demeurant secrets pour quatre d'entre eux.

Symboliquement, des barreaux des cellules où ils ont été emprisonnés seront incorporés dans le trône créé spécialement pour la venue du pape, selon l'évêque Pop. Soumis à de fortes pressions, la plupart des fidèles uniates abandonnèrent leur foi durant le communisme, ralliant les orthodoxes: s'ils étaient plus de 1,5 million en 1948, il ne sont plus que 200.000 aujourd'hui pour une population de 20 millions de Roumains, dont 86% d'orthodoxes. Sur les plus de 2.000 églises saisies par les communistes, moins de 150 leur ont été restituées ces trente dernières années.

Ce différend patrimonial avait failli faire échouer le voyage du pape Jean-Paul II en Roumanie en 1999. L'Eglise orthodoxe avait alors exigé que les uniates retirent toutes leurs actions en justice visant à récupérer des lieux de culte en échange de son accord à cette visite, la première d'un pape en terre orthodoxe. Une condition acceptée par le Vatican, désireux de «privilégier le dialogue». (afp/nxp)

Créé: 02.06.2019, 04h22

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