Jeudi 14 novembre 2019 | Dernière mise à jour 16:32

Renault Paris lâche Carlos Ghosn

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire réclame une réunion du conseil d'administration de Renault afin de désigner un successeur à Carlos Ghosn.

Ghosn fait appel du refus de libération sous caution

Les avocats de Carlos Ghosn, ont fait appel du refus de libérer leur client sous caution, a annoncé jeudi le tribunal de Tokyo. M. Ghosn, sous le coup de trois inculpations, pour abus de confiance et autres malversations financières, est actuellement en détention provisoire jusqu'au 10 mars au moins, sauf si l'appel déposé jeudi n'inverse la décision de première instance rendue mardi.

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L'Etat français a officiellement lâché le PDG de Renault Carlos Ghosn mercredi, deux mois après son arrestation. Il a demandé la nomination d'un successeur dans les prochains jours pour prendre la tête du constructeur automobile.

Détenu au Japon depuis le 19 novembre, Carlos Ghosn va ainsi perdre son dernier titre, celui de PDG de Renault. Nissan et Mitsubishi l'avaient révoqué du poste de président du conseil d'administration dès la fin novembre.

«J'ai toujours indiqué, en rappelant la présomption d'innocence de Carlos Ghosn, que s'il devait être durablement empêché, nous devrions passer à une nouvelle étape. Nous y sommes», a déclaré le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, sur LCI.

«Dans cette nouvelle étape, nous avons besoin maintenant d'une nouvelle gouvernance pérenne pour Renault», a-t-il ajouté. «J'ai demandé explicitement, comme actionnaire de référence, que le conseil d'administration de Renault soit convoqué dans les prochains jours», a-t-il aussi indiqué.

Le ministre n'a pas précisé si le nouveau PDG prendrait aussi la tête de l'alliance avec les japonais Nissan et Mitsubishi: «Ce sera au conseil d'administration de lui dire exactement les contours de ses fonctions».

Direction scindée

Interrogé sur l'éventuelle candidature de Jean-Dominique Sénard, le président sortant de Michelin dont le nom circule comme possible président non exécutif de Renault, M. Le Maire en a loué les qualités sans se prononcer pour autant. Il a toutefois souligné que «l'Etat se prononcera sur la base des candidats qui lui seront soumis comme actionnaire de référence».

Scénario le plus souvent évoqué, la direction de Renault pourrait être scindée en deux, avec un président du conseil d'administration d'un côté et un directeur général exécutif de l'autre. Le nom de Thierry Bolloré, nommé il y a un an adjoint de Carlos Ghosn, est le plus souvent revenu pour ce dernier poste.

Pas de redistribution

Au moment où les tensions affleurent entre Français et Japonais, le ministre a en revanche rejeté clairement une redistribution des participations au sein de l'Alliance, qui est devenue sous la direction de M. Ghosn le premier constructeur mondial. «Nous souhaitons la pérennité de l'alliance. La question des participations au sein de l'alliance n'est pas sur la table», a-t-il assuré.

L'Etat français est le premier actionnaire de Renault, avec 15,01% du capital. Nissan en détient 15%, mais sans droits de vote en assemblée générale. Renault contrôle pour sa part 43% de Nissan, qu'il a sauvé de la faillite il y a près de 20 ans. Nissan possède par ailleurs 34% de Mitsubishi Motors, dernier venu dans l'alliance née en 1999.

Rémunération non approuvée

Carlos Ghosn, mis en examen notamment pour abus de confiance, a vu sa demande de libération sous caution de nouveau rejetée mardi et pourrait rester des mois en prison.

Parmi les dernières accusations de Nissan, le PDG de l'Alliance aurait reçu une rémunération de plus de 7 millions d'euros en 2018 de la part d'une filiale néerlandaise détenue à égalité par Nissan et Mitsubishi (NMBV), sans approbation des patrons de Nissan (M. Saikawa) et Mitsubishi (Osamu Masuko), a détaillé une source proche du dossier. (afp/nxp)

Créé: 16.01.2019, 20h33

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