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terrorisme Comment parler des attentats aux enfants? Pistes...

Une fois encore, les minots vont malheureusement être soumis à des images et/ ou à des discussions qui peuvent les déstabiliser. Comment faire? Suggestions...

Il faut être aussi simple, clair et honnête que possible, comme le préconise notamment le psychologue Serge Tisseron, interrogé sur ce sujet au moment des attentats contre Charlie Hebdo, avait témoigné durant l'émission Les Maternelles.


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Questions, peurs, angoisses, cauchemars: les attentats commis ce matin à Bruxelles affectent aussi les enfants. Evidemment. Mais comment leur expliquer l'horreur? Que dire ou taire? Faut-il leur montrer des images? Voici quelques pistes...

Globalement, les spécialistes s'accordent sur certains points. Dont...

1. Vérifiez que votre enfant a bien envie de parler.

2. S'il veut parler, partez de SES questions et non de vos envies

3. Pour la psychologue clinicienne et spécialiste de la famille Anne Bacus, interrogée par L'Express, il faut tenir «les enfants âgés de moins de 7 ou 10 ans éloignés de la télévision. Les images ont un impact plus fort que les mots sur le psychisme. Les parents doivent tenir leur rôle de pare-excitation, c'est-à-dire protéger leurs enfants d'images si fortes qu'elles deviennent traumatisantes. Cela leur évitera bien des cauchemars!»

4. Selon Myriam Szejer, pédopsychiatre à l'hôpital Foch, à Suresnes (Hauts-de-Seine), il ne faut surtout pas mentir et, donc, parler de la mort, même avec des enfants en bas âge. «On peut leur expliquer avec un vocabulaire très simple que contrairement aux films ou aux livres, un humain ne revient pas quand il meurt. Mais il est essentiel de rassurer constamment son enfant lors de telles explications. A l'inverse, avec les préadolescents, il faut lancer le débat...»

5. Soyez aussi simple et clair que possible, en adaptant votre langage et votre discours à l'âge de votre minot.

6. Expliquez certains des mots que vous aurez à utiliser (terrorisme, attentat, extrémistes...). Au besoin, vous pouvez vous référez à l'un ou l'autre des articles répertoriés sur la palteforme des Cahiers Pédagogiques

7. Faites bien comprendre à votre enfant la différence qu'il existe entre les faits et les opinions. A ce propos, comme le note Myriam Szejer, il faut demander leur avis aux plus grands, les faire réagir sur les événements, même s'ils mélangent tout et se montrent péremptoires. Il faut ensuite leur apporter les bonnes informations pour éviter qu'ils ne construisent leur pensée sur de fausses idées qu'ils auraient pu trouver sur les réseaux sociaux, par exemple.

Peu après les attentats de Paris, le réseau de psychologues du groupe Visov (Volontaires Numériques Francophones en Gestion d'Urgences) avait publié une série de conseils simples pour aborder ce terrible sujet avec les petits - tout en soulignant qu'il n'y a pas de formule magique.

1. En premier lieu, il s'agit de permettre à l'enfant de sortir du flot d'informations dans lequel il est plongé.

2. Restaurez l'espace-temps: Situez les lieux (Bruxelles, c'est en Belgique, qui se trouve là par rapport à nous qui vivons ici...) et le moment (c'était pendant le matin, plus ou moins quand tu commences l'école...)

3. Parlez de l'événement et de ses émotions: On peut (on doit, même) dire à son enfant: «Je suis triste, en colère, angoissé...»... mais il est impératif d'ajouter: «Mais ce n'est pas de ta faute, tu n'y es pour rien, c'est à cause d'événements graves!» NB: Parler de ses émotions, c'est bien... pour autant qu'elles ne submergent pas le discours. Car si tel est le cas, l'enfant risque de ne retenir que les émotions et non les mots qui expliquent la situation. A contrario, en parler avec détachement ou froideur est un décalage que percevra le petit et qui peut l'amener à plus d'incompréhension encore. En outre, il faut absolument déculpabiliser votre minot de votre état émotionnel: il pourrait se rendre responsable et tenterait de réparer avec ses moyens...

4. En plus de la parole, pensez dessin, jeu...: Si parler doit rester une possibilité pour l'enfant, il faut pas oublier qu'il peut s'exprimer par d'autres moyens: le dessin ou le jeu qui lui permettent par exemple de mettre en scène et de représenter les émotions qu'il ressent ou dont il est témoin.

5. Ne pas avoir réponse à tout et parler sincèrement: Comme le souligne le groupe Visov, il ne faut pas tenter de mentir. Ainsi, quand un enfant demande: «Est-ce qu'il va y avoir la guerre?», il est vain de lui assurer que non. Mieux vaut être honnête et dire quelque chose du style: «Je ne l'espère pas, le gouvernement fait des choses pour nous protéger mais je ne sais pas...»

Créé: 22.03.2016, 15h08

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