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Afrique du Sud Une déclaration de Zuma attendue dans la journée

Le président sud-africain, qui ne répond pas encore aux appels à la démission de ses partisans, a fait savoir qu'il s'exprimera dans la journée.

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Le président sud-africain Jacob Zuma a estimé mercredi «très injuste» l'ordre de son parti, le Congrès national africain (ANC), lui enjoignant de démissionner, estimant qu'il n'avait rien fait qui justifie une telle décision.

«C'est très injuste que ce sujet soit soulevé en permanence», a déclaré le président Zuma lors d'un entretien en direct accordé à la télévision publique SABC. «Qu'est-ce-que j'ai fait ? Personne n'est capable de me donner des raisons», a-t-il ajouté en parlant de l'ANC.

Une motion de défiance contre le président sud-africain Jacob Zuma sera débattue jeudi au parlement s'il n'a pas remis d'ici là sa démission comme le lui a ordonné son parti, a annoncé mercredi le Congrès national africain (ANC, au pouvoir).

«On procède avec la motion de défiance demain (jeudi) pour que le président Jacob Zuma soit démis de ses fonctions et que nous puissions élire» l'actuel patron de l'ANC, Cyril Ramaphosa, au poste de président de la République, a déclaré le trésorier général du parti, Paul Mashatile, lors d'une conférence de presse au Cap.

«On ne peut pas attendre plus longtemps», a-t-il ajouté en lançant au président que «la balle était désormais dans son camp». Pour être adoptée, la motion de défiance doit recueillir la majorité absolue des 400 députés. L'ANC dispose de 249 sièges.

«Nous sommes plongés dans l'incertitude, on ne peut pas continuer ainsi», a ajouté le chef du groupe parlementaire de l'ANC, Jackson Mthembu, estimant «possible» que Cyril Ramaphosa soit élu président de la République dès jeudi.

L'Afrique du Sud a les yeux rivés mercredi sur son très controversé président, Jacob Zuma, qui doit annoncer s'il consent enfin à se plier, ou non, aux injonctions répétées à la démission de son parti, le Congrès national africain (ANC).

La police criminelle sud-africaine a bouclé les routes autour du domicile des frères Gupta, des hommes d'affaires amis du président Jacob Zuma, a constaté mercredi un journaliste de Reuters. Il s'agit d'une perquisition dans le cadre d'une enquête pour trafic d'influence, a déclaré le porte-parole de cette unité de police, les Hawks.

Les frères Gupta, d'origine indienne, sont accusés par l'autorité chargée de la lutte contre la corruption de s'être servis de leur amitié avec Jacob Zuma pour s'enrichir. Ils démentent toutes les accusations.

Depuis son arrivée à la tête du parti en décembre, le vice-président, Cyril Ramaphosa, cherche à pousser vers la sortie le chef de l'Etat, éclaboussé par les affaires de corruption, afin d'éviter une catastrophe aux élections générales de 2019.

Après des semaines de tractations et d'atermoiements, la direction de l'ANC s'est enfin décidée mardi à exiger le départ de Jacob Zuma, dont l'obstination à lui résister a plongé le pays dans la crise.

La nouvelle, très attendue, a été accueillie par un ouf de soulagement, qui s'est toutefois rapidement évanoui, faute d'un calendrier imposé à Jacob Zuma.

Le secrétaire général du parti, Ace Magashule, a assuré que le président avait «accepté le principe de se retirer» mais à ses conditions, dans un délai de trois à six mois, jugé inacceptable par l'ANC.

«Nous ne lui avons donné aucune date butoir» mais «je sais que le président va répondre demain» (mercredi) à l'injonction du parti de quitter le pouvoir, a-t-il ajouté. La présidence n'a pas confirmé.

«Nous anticipons une solution à l'amiable», a plaidé Ace Magashule. «Nous le respectons comme un chef qui a contribué au combat de libération (contre l'apartheid). Il n'y a aucune raison de l'humilier».

En théorie, c'est donc la fin pour Jacob Zuma. Sommé de la même manière en 2008 de rendre son tablier, le président de l'époque, Thabo Mbeki, avait obtempéré sans rechigner.

Mais M. Zuma, muet depuis plusieurs jours, n'a aucune obligation juridique de se soumettre à la décision de son parti.

S'il refuse d'obtempérer, l'ANC n'aura pas d'autre choix - sauf à se renier - que de lui forcer la main en déposant une motion de défiance au Parlement. Son adoption à la majorité absolue des 400 députés imposerait alors à Jacob Zuma de partir.

«Arrêt de mort»

«La décision de l'ANC a signé son arrêt de mort», a tranché Ben Payton, analyste au cabinet Maplecroft. «Il n'a pas d'échappatoire possible (...) s'il refuse de démissionner, il sera contraint de partir par un vote de défiance qu'il est sûr de perdre».

Mais la résilience une nouvelle fois démontrée par M. Zuma depuis le début de la crise incite à la prudence.

Lundi soir encore, il a opposé une fin de non-recevoir très sèche à Cyril Ramaphosa, venu personnellement dans sa résidence de Pretoria le prier de se démettre.

Le président «était très arrogant. Il a dit qu'il n'irait nulle part, parce qu'il n'a rien fait de mal», a expliqué un membre de la direction de l'ANC cité par la presse locale.

L'opposition, qui a réclamé la dissolution du Parlement et des élections anticipées, a vu dans cet épisode la preuve de la faiblesse du nouveau patron de l'ANC. «Le fait est que Jacob Zuma reste président et garde le pouvoir», a regretté le chef de l'Alliance démocratique (DA), Mmusi Maimane. «La seule façon de l'écarter, c'est de faire voter par le Parlement une motion de défiance».

Un telle motion a été déposée par les adversaires du président, mais elle n'est inscrite à l'ordre du jour des députés que le 22 février. Trop tard à leurs yeux.

L'ANC a été «humilié» par Jacob Zuma, a renchéri la principale centrale syndicale du pays (Cosatu), pourtant alliée historique du parti de Nelson Mandela. «Le temps est venu pour l'ANC de mettre fin à ce théâtre politique lamentable», a-t-elle ajouté. Le parti dirige sans partage l'Afrique du Sud depuis la chute officielle de l'apartheid en 1994.

Mais ces dernières années, il a vu son étoile pâlir, victime du ralentissement de l'économie et des nombreux scandales de corruption qui visent le président Zuma. M. Ramaphosa, qui deviendra - sauf coup de théâtre - le nouveau président en cas de départ de M. Zuma, entend tourner rapidement cette page.

«J'ai l'impression que le président Zuma va démissionner», a estimé l'analyste Susan Booysen, de l'université du Witwatersrand à Johannesburg. «Mais il est en colère (...) et très réticent à partir. Son ombre peut encore planer longtemps sur le pays». (afp/nxp)

Créé: 14.02.2018, 08h13

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