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Présidentielle Penelope Fillon a dit à son mari de «continuer»

L'épouse du candidat de la droite s'est livrée au Journal du Dimanche, alors que son mari est dans la tourmente.

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Penelope Fillon, l'épouse du candidat de la droite à l'élection présidentielle française François Fillon, dit avoir conseillé à son mari de «continuer jusqu'au bout» et souligne sa «détermination», dans un entretien à l'hebdomadaire Le Journal du Dimanche.

Dans sa première interview depuis que l'affaire sur ses possibles emplois fictifs a éclaté, fin janvier, Penelope Fillon affirme par ailleurs avoir effectué «des tâches très variées» comme collaboratrice parlementaire de son mari et avoir fourni aux enquêteurs des preuves de la réalité de ses activités.

Alors que François Fillon est actuellement confronté à une série de revers - annonce d'une possible inculpation, défection de dizaines d'élus, appels au retrait de sa candidature -, son épouse déclare au JDD lui avoir «dit qu'il fallait continuer jusqu'au bout» malgré les difficultés, «chaque jour», mais «c'est lui qui décidera».

«Fière de l'accompagner»

«Il n'y a que lui qui peut être président. Etre capable d'endurer ça, c'est une preuve de courage remarquable. C'est le seul candidat qui ait l'expérience, la vision, le projet et la détermination nécessaires pour diriger la France», selon Penelope Fillon, qui assure que son mari ne lui a «pas demandé» de parler et qu'elle ne lui a «pas demandé la permission non plus».

Le soutien de Penelope

Originaire du Pays de Galles, elle déclare s'être longtemps «renfermée dans (sa) coquille galloise» face à «l'hystérie» provoquée par les informations de l'hebdomadaire satirique Le Canard Enchaîné sur de possibles emplois fictifs.

Elle dit avoir choisi d'accorder cette interview au JDD pour «mettre un terme» aux «rumeurs folles» la donnant hospitalisée ou encore partie du domicile conjugal. «Je suis là, j'ai toujours été là, je serai toujours là. Je suis avec François depuis 36 ans et je serai encore là tout le temps qu'il nous reste à vivre», déclare Penelope Fillon.

Sa foi en Dieu, assure-t-elle encore, lui a permis de tenir face à cet «immense scandale» où elle s'est «sentie traversée par la foudre». «C'est ce que j'ai vécu de pire dans ma vie», confie cette femme qui se dit «de nature réservée et peu mondaine».

Soupçonnée par la justice d'avoir touché de l'argent public pour des emplois fictifs, Penelope Fillon assure avoir fourni aux enquêteurs des preuves du contraire. «J'ai fait donner par mon avocat des documents aux enquêteurs», déclare-t-elle, «des courriers avec des notations prouvant qu'ils étaient passés par moi, des échanges de mails avec les autres collaborateurs de mon mari».

Documents retrouvés

Elle ajoute qu'elle a «retrouvé beaucoup de documents pour la période 2012-2013, mais peu pour les années antérieures à 2007». «Qui garde des documents de ce genre datant d'il y a dix, quinze ou vingt ans ?», demande-t-elle. «Je sais qu'on a raconté que je n'étais pas au courant» des montants touchés et des dates, «bien sûr que je comprenais ce que je signais quand je signais des contrats», s'exclame-t-elle.

Elle rappelle qu'elle a fait «des études de droit et de littérature». «Cela m'a choquée qu'on puisse penser que j'étais une ignorante et une imbécile. Mais je pouvais supporter ça. Ce que je ne peux pas supporter, c'est l'insulte envers mon mari que cela induit. François a un très grand respect pour les femmes en général et pour moi en particulier. C'est ce qui me pousse à répondre», déclare Penelope Fillon au JDD.

Penelope Fillon a été employée par son mari comme assistante parlementaire de 1988 à 1990 puis de 1998 à 2002 et de mai 2012 à novembre 2013, un poste qui n'a pourtant jamais été «officialisé», comme elle l'a elle-même reconnu devant les enquêteurs, selon son procès-verbal d'audition révélé par Le Monde. François Fillon a déclaré qu'elle avait été employée par ses soins pendant quinze ans, pour un salaire mensuel moyen de 3677 euros nets.

Soutien français en baisse

Contrairement à Penelope Fillon, plus de sept Français sur dix (71%) souhaitent que son mari renonce à être candidat à l'élection présidentielle, selon un sondage Ifop pour le Journal du dimanche.

D'après cette enquête parue samedi soir sur le site du JDD, les Français interrogés, dont le nombre n'est pas précisé, sont 28% à souhaiter que l'ancien Premier ministre reste dans la course à l'Elysée. Ils étaient 33% il y a quinze jours. Le soutien des sympathisants des Républicains vis-à-vis de l'ancien Premier ministre chute de 70% à 53%.

Question d'éthique

Interrogés sur «les qualités pour représenter la droite et le centre» à l'élection présidentielle de différentes personnalités, les sondés placent le maire de Bordeaux, Alain Juppé, en première position, à 64%, loin devant les anciens ministres François Baroin (34%) et Xavier Bertrand (30%). François Fillon est à 29%.

A la question de savoir qui est, parmi six candidats à la présidentielle, celui ou celle qui «incarne le mieux les valeurs d'honnêteté et d'éthique», François Fillon arrive en dernière position avec 7%, derrière le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan (9%), la présidente du Front national Marine Le Pen (14%), l'ancien ministre Emmanuel Macron (20%), le candidat socialiste Benoît Hamon (21%) et le représentant de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon (24%). (AFP/nxp)

Créé: 05.03.2017, 00h36

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