Lundi 22 juillet 2019 | Dernière mise à jour 23:29

Gibraltar Pétrolier arrêté: Téhéran demande sa libération

Un navire iranien, soupçonné d'apporter du pétrole en Syrie malgré les sanctions, a été arrêté vers Gibraltar. L'Iran manifeste son mécontentement.

Image d'illustration

Image d'illustration Image: AFP

L'AIEA convoque une réunion d'urgence le 10 juillet

Une réunion extraordinaire de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) se tiendra le 10 juillet sur demande des Etats-Unis pour faire le point sur les dérogations à l'accord nucléaire de 2015 annoncées par l'Iran, a indiqué vendredi à l'AFP un porte-parole de l'agence onusienne.

Le conseil des gouverneurs de l'AIEA, dont le siège se trouve à Vienne, se réunira «mercredi à 14h30», selon ce porte-parole. Les Etats-Unis avaient demandé cette séance spéciale alors que l'Iran a récemment franchi une limite imposée par l'accord de 2015 au stock de ses réserves d'uranium faiblement enrichi.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Un navire iranien soupçonné de livrer du pétrole à la Syrie, en violation avec les sanctions contre Damas, a été arraisonné jeudi au large du territoire britannique de Gibraltar, entraînant la convocation de l'ambassadeur britannique à Téhéran. Selon le ministre espagnol des Affaires étrangères Josep Borrell, l'opération aurait eu lieu suite à une «demande adressée par les Etats-Unis au Royaume-Uni».

L'arraisonnement du pétrolier est une «excellente nouvelle», a commenté le conseiller américain à la sécurité nationale, John Bolton sur Twitter, sans confirmer si les Etats-Unis avaient demandé l'interception du navire.

L'opération intervient quelques jours après l'annonce du dépassement par Téhéran de la limite imposée à ses réserves d'uranium faiblement enrichi, sur fond de tensions exacerbées avec Washington qui font craindre un embrasement dans la région du Golfe.

L'Iran proteste

En réaction à l'interception de ce navire baptisé Grace 1 et battant pavillon panaméen, Téhéran a convoqué l'ambassadeur du Royaume-Uni en Iran pour dénoncer «l'interception illégale d'un pétrolier iranien», selon un porte-parole des Affaires étrangères iraniennes.

L'Iran, affirmant que le navire-citerne arraisonné l'avait été «dans les eaux internationales», a demandé à Londres sa «libération immédiate». Téhéran dénonce l'interception du navire comme un acte de «piraterie», selon un communiqué publié vendredi, soulignant que la Grande-Bretagne n'avait aucun droit d'imposer ses propres sanctions unilatérales, ou celles de l'Union européennes, de façon extraterritoriale contre les autres pays.

Cette façon de faire est «absolument identique à la politique brutale des Etats-Unis contre laquelle les pays européens ont toujours protesté», ajoute le ministère iranien. Le communiqué déclare encore qu'«il a été remis à l'ambassadeur britannique des documents sur le pétrolier et sa cargaison montrant que l'acheminement du navire était parfaitement légal.»

Représailles à venir?

Dans un message sur Twitter repris par l'agence Mehr, un dirigeant iranien ultraconservateur, Mohsen Rezaï, évoque la possible nécessité pour l'Iran d'agir en représailles contre les Britanniques.

«En quarante ans d'histoire, la Révolution islamique n'a été à l'origine d'aucune tension, mais face à l'arrogance, on n'a jamais hésité à riposter», écrit M. Rezaï, secrétaire du Conseil de discernement, un poste clé du système politique iranien.

«Si la Grande-Bretagne ne relâche pas le pétrolier iranien, il est du devoir des autorités responsables d'agir réciproquement et d'intercepter et de saisir un pétrolier britannique», ajoute-t-il.

L'Iran se considère comme le gendarme du Golfe, par où transite environ le tiers du pétrole brut acheminé par voir maritime.

«Violation des sanctions»

Gibraltar n'a pas précisé l'origine du pétrole mais selon la publication spécialisée dans le transport maritime Lloyd's List, ce pétrolier aurait chargé en Iran en avril avant de faire le tour de l'Afrique et de rentrer en Méditerranée où il a été intercepté jeudi alors qu'il faisait route vers la Syrie, selon Gibraltar.

«Nous avons des raisons de croire que le Grace 1 amenait sa cargaison de pétrole brut à la raffinerie de Banias en Syrie (...) propriété d'une entité sujette aux sanctions de l'Union européenne contre la Syrie» et agissait «en violation» de ces sanctions, a indiqué le chef du gouvernement de Gibraltar, Fabian Picardo, dans un communiqué. Damas est la cible depuis le début du conflit en 2011 de sanctions internationales, qui touchent notamment son secteur pétrolier.

En novembre, le Trésor américain a menacé de sanctions les personnes ou sociétés livrant des produits pétroliers au gouvernement syrien. Le Premier ministre syrien Emad Khamis a indiqué que les livraisons de pétroliers iraniens s'était arrêtées depuis. Selon Damas, le secteur des hydrocarbures syrien a subi depuis 2011 des pertes estimées à 74 milliards de dollars.

Jeudi après-midi, l'équipage du navire, stationné à l'est de Gibraltar, était interrogé par les autorités du territoire britannique situé à l'extrême sud de l'Espagne. La police et les douanes de Gibraltar, assistées d'un détachement de Royal Marines britanniques, ont arraisonné le pétrolier tôt jeudi à environ quatre kilomètres au sud du «Rocher».

Souveraineté

L'opération a eu lieu alors que le pétrolier ralentissait dans une zone utilisée par les navires pour se faire ravitailler notamment en nourriture et considérée par Gibraltar comme faisant partie des eaux territoriales britanniques. Ce qui est contesté par l'Espagne, qui revendique la souveraineté sur ce territoire.

«Nous étions naturellement au courant de cette opération» mais «nous sommes en train de regarder de quelle manière cela touche à notre souveraineté», a souligné Josep Borrell devant la presse.

Dans un communiqué, le ministère britannique des Affaires étrangères a «salué cette action ferme des autorités de Gibraltar qui ont agi pour faire respecter le régime européen de sanctions à l'encontre de la Syrie».

Fabian Picardo a indiqué avoir «écrit aux présidents de la Commission et du Conseil européens, pour leur communiquer les sanctions prises» par Gibraltar à l'encontre du navire. Mais contactée par l'AFP, la Commission européenne s'est refusée à tout commentaire.

Avant d'être arraisonné à Gibraltar, le Grace 1, qui avait quitté les Emirats le 13 mai, a fait le tour de l'Afrique depuis le Golfe au lieu d'emprunter le canal de Suez, selon Marine Traffic. (ats/nxp)

Créé: 05.07.2019, 11h15

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Les plus partagés Monde