Lundi 18 novembre 2019 | Dernière mise à jour 06:54

Pakistan Des posts sur Facebook l'envoient en prison

Un homme à été condamné vendredi à cinq ans de prison et de travaux forcés pour pour avoir posté sur Facebook des contenus jugés blasphématoires.

Un Pakistanais condamné aux travaux forcés pour des posts jugés blasphématoires.

Un Pakistanais condamné aux travaux forcés pour des posts jugés blasphématoires.

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La justice pakistanaise a lourdement condamné Sajid Ali pour avoir mis en ligne sur Facebook en 2017 des contenus insultants et blasphématoires à l'encontre de figures de l'Islam.

Le blasphème est une question brûlante au Pakistan, où même des allégations non prouvées d'insulte à l'islam peuvent entraîner assassinats et lynchages.

L'acquittement à la fin d'octobre 2018 de la chrétienne Asia Bibi, qui avait passé plus de huit ans dans les couloirs de la mort pour blasphème, avait provoqué des manifestations violentes dans tout le pays.

La condamnation de Sajid Ali est la première du genre jugée sur la base de lois sur la cybercriminalité votées en 2016, a déclaré à l'AFP le procureur Munam Bashir Chaudhry.

«Méthodes d'intimidations»

Cette loi, très controversée, réprime les propos «attentatoires à la gloire de l'islam, ou à l'intégrité, la sécurité et la défense du Pakistan». Les contrevenants risquent jusqu'à 14 ans de prison.

Ses détracteurs affirment que l'État s'en sert pour censurer la contestation sur internet, quand les médias traditionnels subissent déjà des «méthodes d'intimidations» croissantes, qui les poussent à l'«auto-censure», déplore l'ONG Comité de protection des journalistes.

D'autres cas de «blasphème en ligne» ont toutefois déjà été jugés au Pakistan, mais sur la base des lois sur le blasphème, davantage controversées encore. Un homme a été condamné à mort pour ces faits en 2017.

La condamnation de Sajid Ali est «très inquiétante» car elle illustre la «mauvaise utilisation et les abus» des lois sur la cybercriminalité, désormais assimilables à un nouvel outil de répression du blasphème, estime Shahzad Ahmad, du groupe de défense des droits numériques Bytes for All.

Les autorités pakistanaises affirment avoir enregistré environ 500 affaires en vertu des lois sur la cybercriminalité depuis leur entrée en vigueur.

Youtube bloqué quatre ans

En 2017, la Haute Cour d'Islamabad a ordonné au gouvernement d'enquêter sur le «blasphème en ligne», menaçant d'interdire les plateformes qui ne censuraient pas les contenus insultant l'Islam et ses valeurs.

Le Pakistan a bloqué Facebook pendant deux semaines en 2010 pour des contenus blasphématoires.

Il a également bloqué Youtube de 2012 à 2016 à cause d'un film sur le prophète Mahomet qui a provoqué de violentes manifestations dans le monde musulman. (afp/nxp)

Créé: 18.10.2019, 16h35

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