Mercredi 20 novembre 2019 | Dernière mise à jour 15:06

Espagne Crainte d'une poussée de l'extrême droite

Le Parti Vox était dans toutes les têtes au dernier jour de campagne avant les élections législatives espagnoles de dimanche.

Dernier meeting du chef de Vox Santiago Abascal à Madrid le 8 novembre 2019.

Dernier meeting du chef de Vox Santiago Abascal à Madrid le 8 novembre 2019. Image: AFP

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La crainte d'une poussée du parti d'extrême droite Vox dominait le dernier jour de campagne avant les élections législatives de dimanche en Espagne et le Premier ministre socialiste sortant Pedro Sanchez tentait de mobiliser la gauche pour l'enrayer.

Profitant de la colère d'une partie des Espagnols contre les séparatistes catalans après les troubles du mois d'octobre, cette formation ultranationaliste et opposée à l'immigration pourrait doubler le nombre de ses sièges et devenir la troisième force politique du pays, selon les sondages.

Signe de son influence croissante, Vox a obtenu le soutien jeudi du Parti Populaire (PP, droite) et des libéraux de Ciudadanos pour faire adopter au parlement de la région de Madrid une motion symbolique réclamant l'interdiction pure et simple de tous les partis indépendantistes.

Une entrée en force au Parlement

Quasiment inconnu en 2018, Vox est entré en force au Parlement espagnol à l'issue des précédentes législatives, le 28 avril dernier, avec 24 députés, dans un pays où l'extrême droite était marginale depuis la fin de la dictature franquiste en 1975.

«Si les Espagnols nous appuient, nous n'hésiterons pas à suspendre l'autonomie (de la Catalogne), interdire les partis séparatistes et faire arrêter (Quim) Torra», le président régional séparatiste, a lancé le chef de Vox Santiago Abascal, en closant la campagne en plein centre de Madrid.

Les sondages créditent désormais ce parti d'environ 50 sièges sur 350. En avril et aux élections européennes de mai, il avait toutefois fait moins bien qu'attendu.

Pedro Sanchez favori

Tentant de mobiliser la gauche comme il l'avait fait en avril, le chef du gouvernement Pedro Sanchez, le favori du scrutin, a appelé vendredi à «faire face au franquisme» et dénoncé les accointances de Vox avec les conservateurs qui ont scellé des alliances au niveau local.

Selon le politologue Miguel Requena Teruel, la crainte d'une progression de Vox est dans toutes les têtes, à gauche comme à droite. Pedro Sanchez «appelle à la mobilisation de la gauche, car cela lui a réussi le 28 avril» tandis que le «PP commence à avoir peur que la montée de Vox dans les sondages soit bien réelle».

Plus de 2600 professeurs et chercheurs ont dénoncé vendredi dans un manifeste «la falsification et la manipulation des données et des informations» par Vox pour servir son discours de «nationalisme extrême».

Paralysie

Cette ascension attendue de l'extrême droite découle en grande partie, selon les analystes, de l'émoi suscité par les violents heurts en Catalogne ayant suivi la condamnation mi-octobre de neuf dirigeants indépendantistes à de lourdes peines de prison pour la tentative de sécession de 2017.

À en croire les sondages, le PP devrait aussi en tirer profit pour redresser la tête après sa débâcle d'avril (66 députés), tandis que Ciudadanos, qui a désorienté ses électeurs en ne cessant de changer de position, pourrait être le grand perdant du scrutin.

Incapable de s'allier avec Podemos, la gauche radicale, pour être reconduit au pouvoir après le scrutin d'avril, ce qui a entraîné ces quatrièmes législatives en quatre ans, Pedro Sanchez est donné une nouvelle fois gagnant par les sondages. Mais il ne devrait pas en sortir renforcé alors qu'il comptait améliorer son score de 123 députés obtenus en avril.

Blocage

Résultat, l'instabilité politique qui mine depuis 2015 la quatrième économie de la zone euro ne devrait pas être réglée. Ni le bloc de gauche (socialistes et gauche radicale), ni celui de droite (PP, Vox, Ciudadanos) ne semblent en mesure d'articuler une majorité gouvernementale et «le blocage devrait être à l'ordre du jour», selon Miguel Requena Teruel.

Espérant convaincre les indécis, Pedro Sanchez et son rival conservateur Pablo Casado n'ont cessé d'appeler ces dernières heures au vote utile. «La seule option qui garantisse que nous ayons un gouvernement et des progrès est le Parti socialiste», a insisté Pedro Sanchez, en closant sa campagne à Barcelone pendant qu'une centaine de manifestants le conspuaient à l'extérieur. (afp/nxp)

Créé: 09.11.2019, 00h20

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