Dimanche 8 décembre 2019 | Dernière mise à jour 20:20

Manifestations Premiers heurts dans les universités à Hong Kong

Les affrontements dans l'ex-colonie britannique se sont déplacés pour la première fois sur les campus mardi, ainsi que dans le quartier des affaires.

Hong Kong: affrontements devant une université

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Crise politique à Hong Kong

Crise politique à Hong Kong Les manifestants pro-démocratie augmentent la pression sur les autorités pro-Pékin.

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D'intenses affrontements se sont déroulés mardi, pour la première fois, dans une université de Hong Kong entre des manifestants réclamant des réformes démocratiques et la police. Cette dernière a finalement battu en retraite dans la nuit.

Ces heurts se sont produits au lendemain d'une des journées marquées par les pires violences en 24 semaines de mobilisation, quand un policier a blessé par balles un contestataire et un homme a été transformé en torche humaine. «L'Etat de droit à Hong Kong a été poussé au bord de l'effondrement total», a déclaré mardi le porte-parole de la police.

A l'université chinoise de Hong Kong, l'épicentre des affrontements inédits de mardi sur plusieurs campus, les forces de l'ordre ont multiplié les tirs de grenades lacrymogènes et de balles en caoutchouc pour essayer de déloger les centaines de manifestants qui y ont érigé des barricades. Ces derniers ont alors jeté des pavés et des cocktails Molotov dans leur direction.

Quartier des affaires paralysé

Une fois la nuit tombée, cette zone s'est transformée en véritable champ de bataille, des flammes s'élevant dans le ciel, malgré une tentative de médiation de l'administration de l'établissement, d'après des images retransmises en direct.

Les policiers ont fait usage d'un canon à eau avant d'entamer leur retrait, laissant l'université aux mains de contestataires retranchés derrière des murs de protection improvisés. Un secouriste volontaire de 19 ans prénommé Marco a expliqué qu'il ne comptait plus les étudiants ayant été atteints par des balles en caoutchouc.

Des heurts, de moindre ampleur, ont aussi eu lieu dans trois autres universités. Parallèlement, vers midi, dans le quartier de Central, qui abrite nombre de grandes entreprises étrangères et de boutiques de luxe, des milliers d'employés ont occupé des heures durant les rues, scandant: «Battez-vous pour la liberté, soutenez Hong Kong!».

Des centaines de manifestants radicaux, portant un t-shirt noir et le visage recouvert d'un masque, y ont bloqué avec un autobus la circulation sur l'une des grandes avenues. Ils ont ensuite jeté des pavés et divers objets avant l'intervention de la police.

Au moment de la sortie des bureaux, la foule a à nouveau envahi pacifiquement les artères de ce quartier, les forces de l'ordre répliquant comme plus tôt dans la journée par des tirs de gaz lacrymogène.

Trafic perturbé

La circulation des bus et des rames de métro a par ailleurs été sérieusement perturbée mardi matin par les manifestants, pour la deuxième journée consécutive.

Les journaux d'Etat chinois ont souligné que l'armée populaire de libération (APL), qui dispose d'une garnison à Hong Kong, était sur place afin de soutenir, si nécessaire, la police hongkongaise dont ils ont salué «la retenue».

Cette journée de violences a incité les puissances occidentales, Etats-Unis et Royaume-Uni en tête, à exhorter la chef de l'exécutif hongkongais, Carrie Lam, à trouver un compromis avec les manifestants. La diplomatie chinoise a quant à elle rejeté les «arrière-pensées» de Londres et de Washington.

Hong Kong, rétrocédé à la Chine par les Britanniques en 1997, est une région semi-autonome jouissant de libertés inconnues dans le reste de la Chine, et ce jusqu'en 2047. Mais les Hongkongais militant pour des réformes démocratiques accusent Pékin de s'asseoir sur ses promesses en augmentant son emprise politique. (ats/nxp)

Créé: 12.11.2019, 16h26

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