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Economie américaine Obama entame déjà des semaines cruciales

Le précipice fiscal est l’urgence économique du moment pour Obama. Et ce n’est pas le seul chantier économique important qui l’attend, explique Cédric Tille, professeur à IHEID et ancien de la Fed.

Aux yeux de Cédric Tille, la réélection d’Obama est une bonne nouvelle pour l’économie américaine. Mais le «fiscal cliff» reste, selon lui, une incertitude majeure.

Aux yeux de Cédric Tille, la réélection d’Obama est une bonne nouvelle pour l’économie américaine. Mais le «fiscal cliff» reste, selon lui, une incertitude majeure. Image: Keystone

Ancrer les réformes

Cédric Tille prévoit un second mandat Obama dans le droit fil du premier. Mais il lui permettra d’ancrer ses réformes dans le paysage américain.

«La grosse réforme du système de santé est relativement jeune. Avec Romney, elle aurait été vidée de sa substance», juge ce bon connaisseur des Etats-Unis.

«Avec Obama quatre ans de plus au pouvoir et l’aval de Cour suprême, cette réforme va pouvoir s’appliquer et les Américains vont s’y habituer.»

«Les Américains vont s’apercevoir qu’un système de santé digne de ce nom n’est pas le propre d’un pays communiste. Cette réforme pourra s’ancrer dans la durée.»

Cédric Tille. (Image: sp)

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Réélu, Barack Obama est confronté à plusieurs chantiers qu’il devra mener de front. Le premier, en matière économique, porte sur l’assainissement des finances publiques, analyse Cédric Tille.

«Il faudra un équilibre entre réduction de dépenses et augmentation d’impôts, explique le professeur à IHEID. Obama et le Congrès devront parvenir à une réforme fiscale et budgétaire en profondeur. Une réforme bien établie sur plusieurs années afin d’éviter une gestion du dossier de douze mois en douze mois.»

Sur ce dossier, le «fiscal cliff» [ou fossé fiscal] fait office d’épouvantail. Si le Congrès ne parvient pas à se mettre d’accord d’ici la fin de cette année, le budget de l’Etat sera automatiquement retranché de 600 milliards de dollars. Une catastrophe pour beaucoup d’Américains et le risque pour l’économie de replonger dans la récession.

Dans le camp républicain

Impossible à ficeler jusqu’ici, un accord est-il envisageable? «Tout dépendra des Républicains, explique cet ancien de la Fed à New York. Soit ils poursuivent sur leur ligne jusqu’au-boutiste et mettent les bâtons dans les roues, soit ils réalisent, avec le résultat de la présidentielle, que leur stratégie va les marginaliser. Et ils font alors preuve d’un sursaut de raison.»

Mais Cédric Tille ne parierait pas gros. «Je ne suis pas optimiste. La fraction pure et dure du Tea Party est bien ancrée. Et les grandes figures parmi les Républicains raisonnables ont été marginalisées ces dernières années. Mais parfois, c’est au bord du gouffre que le sursaut survient. Touchons du bois!»

Aux yeux de Cédric Tille, la réélection d’Obama est une bonne nouvelle pour l’économie américaine. Mais le «fiscal cliff» reste, selon lui, une incertitude majeure.

«C’est frappant ces derniers trimestres: l’investissement des entreprises est en mode attente. Au cas où la situation devait se régler à peu près clairement, on pourrait assister à un gros effet de rattrapage. Les entreprises pourraient débloquer de nombreux projets.»

Le système financier

Membre du Conseil de banque de la BNS, Cédric Tille évoque aussi la réforme du système financier. Au contraire de celle d’Obama, une élection de Romney aurait provoqué un recul sur ce dossier.

«On aurait eu des pressions sur la Fed [banque centrale], la situation aurait été beaucoup plus désagréable», imagine-t-il aussi.

Avec Obama, la Fed et l’Etat fédéral continueront à travailler en bonne entente. Et la banque centrale poursuivra sa politique monétaire accommodante, synonyme de soutien à la croissance.

«Bernanke [le patron de la Fed] va devoir renouveler son mandat en 2014, précise Cédric Tille. S’il est partant, je présume qu’Obama le reconduira. Au contraire de Romney, qui avait très clairement fait savoir qu’il ne le ferait pas.»

La question du chômage

L’emploi est un autre problème soumis à la clairvoyance de l’équipe Obama. «Le chômage aux Etats-Unis est très élevé depuis bien longtemps, analyse Cédric Tille. Or, l’Etat social américain n’est pas conçu pour cette situation.»

Selon l’économiste, «un des gros défis sera donc de permettre à ces gens de revenir dans le monde du travail. Ou d’éviter qu’ils n’en soient exclus de manière permanente, comme en Europe dans les années quatre-vingt.»

Créé: 07.11.2012, 16h23

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