Mardi 22 octobre 2019 | Dernière mise à jour 19:06

Présidentielle américaine «Romney a changé la probabilité d'une réélection d'Obama»

A deux semaines de l’élection présidentielle, l'analyse de Jonathan Mann, présentateur vedette de l’émission Political Mann sur CNN International.

Jonathan Mann capture d'écran sur CNN.com

Jonathan Mann capture d'écran sur CNN.com

Galerie Photos

La campagne présidentielle américaine en noir et blanc

La campagne présidentielle américaine en noir et blanc Les photos en noir et blanc sont rares. Pourtant, elles ont une ambiance bien différente de celles prises en couleur. La preuve avec la campagne présidentielle américaine.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Le président Barack Obama accuse le républicain Mitt Romney de modifier si profondément ses promesses et ses positions qu’il a même trouvé un nom pour cela : la «Romnésie»; mais c’est surtout la campagne électorale américaine elle-même qui a changé radicalement, et Obama se démène pour redresser la barre.

«M’attaquer n’est pas un programme», a répliqué Romney cette semaine, lors du troisième et dernier débat présidentiel avant les élections du 6 novembre.

Le changement le plus important intervenu dans la course est crucial: à moins de deux semaines du jour du scrutin, Romney dépasse ou rattrape Obama dans les sondages au niveau national, alors qu'il était à la traîne depuis des mois.

Le choix est encore incertain

A y regarder de plus près, la tendance est plus complexe que cela, mais elle n'est pas meilleure pour Obama pour autant. Les résultats de l'élection présidentielle américaine sont en fait comptabilisés Etat par Etat, et non sur le plan national. En conséquence, la véritable compétition se déroule au niveau des Etats et du nombre de suffrages qui leur sont alloués au sein du singulier système de Collège électoral américain.

Cette semaine, les sondages placent Obama largement en tête dans l'Ohio, sans doute le plus important des Etats dont le choix est encore incertain. Mais d'après les estimations de CNN, Romney le devancerait de peu en Caroline du Nord et très largement dans l'Indiana et le Missouri, trois autres « swing states », cette poignée d’Etats-clés indécis.

Une bonne dose de caféine

Conscient que tout peut encore bouger, Obama a injecté une bonne dose de caféine dans sa campagne en se livrant, selon ses propres termes, à un «marathon volant extravagant de 48 heures».

Selon les calculs de CNN, il aurait parcouru quelque 10’000 km en deux jours cette semaine, s’arrêtant dans huit Etats au cours d’une odyssée à bord d'Air Force One qui l'a mené d'une côte à l’autre des Etats-Unis.

Côté Romney, un changement s'est également opéré et a visiblement pris le président par surprise.

Image plus rassurante de Romney

La série de gaffes qui a ponctué sa campagne pendant des semaines semble terminée et le candidat républicain s'est montré plus clair et convaincant que jamais devant le plus large public qu’il ait eu l’occasion d’avoir à ce jour : les millions de téléspectateurs installés devant leur poste pour suivre les trois débats qui l'ont opposé à Obama.

Après sa prestation confiante et conquérante du premier débat, et sa remontée impressionnante dans les sondages menés dans la foulée, Romney a adopté une image bien plus rassurante et conciliante lors de son affrontement de cette semaine avec Obama.

Il s'est dit d'accord avec le président sur plusieurs sujets et a décrit son programme d'une façon qui vise vraisemblablement à séduire des électeurs au-delà du cercle républicain. Il a par exemple nié toute intention de diminuer les impôts pour les plus fortunés. Il a aussi refusé d'impliquer les forces armées américaines dans des conflits extérieurs, même en Syrie ou en Iran, deux dossiers sur lesquels il accuse depuis longtemps le président d'indécision et d'inaction.

Obama a changé de position

Obama s'est retrouvé à critiquer des politiques que Romney prétend n’avoir jamais évoquées. «Il change tellement souvent, par un pas de côté ou un pas en arrière», a commenté Obama. «Nous devons trouver un nom pour ces symptômes qu'il développe. Je crois que cela s'appelle la Romnésie.»

Or Obama a lui-même changé de position ou abandonné des promesses depuis sa première campagne électorale de 2008, notamment sur des sujets tels que la fermeture de la prison américaine de Guantanamo ou la vaste réforme des lois portant sur l’immigration aux Etats-Unis (il n'a fait ni l'un, ni l'autre).

Les politiciens ont en général tendance à agir de façon prévisible, et changer d'avis fait très souvent partie de leurs actions prévisibles.

Au fond, ce que Romney a surtout changé, c'est la probabilité d'une réélection d'Obama.

Il reste deux semaines au président pour réussir à changer cela à son tour.

Créé: 26.10.2012, 12h55

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.