Lundi 20 janvier 2020 | Dernière mise à jour 07:38

Pérou Grenades et tueurs à gage dans les écoles de Lima!

Racket dans les cours de récréation, directeurs d'école rackettés, gardiens abattus par des tueurs à gage, c'est le lot de San Juan de Lurigancho.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

A l'école San Rafael, des collégiens ont vu avec stupeur, depuis leur salle de classe, une grenade désactivée atterrir dans la cour, immédiatement détectée par les enseignants. L'école a été évacuée et le quartier bouclé par la police.

Il ne s'agit pas d'un incident isolé. Dans ce quartier, souvent qualifié de difficile, sur les hauteurs poussiéreuses en marge de la capitale péruvienne, 1,2 million de personnes s'entassent et les extorqueurs pullulent, exigeant un tribut des directeurs d'écoles privées en échange d'une paix relative.

«Les racketteurs vérifient le nombre d'élèves fréquentant une école privée, font leurs calculs et appliquent mensuellement un quota à chacune des écoles pour les laisser fonctionner», explique le maire du quartier, Juan Navarro, à l'AFP.

Une école a dû fermer il y a quelques semaines, ses deux gardiens ayant été abattus pendant la nuit. La propriétaire avait reçu des lettres de menaces.

«Si tu n'appelles pas ce numéro, la prochaine fois il y aura deux morts», avertissait un message de la bande «Les maudits de Bayovar» (une zone du quartier), un gang dont les membres ont été capturés alors qu'il planifiait d'autres attaques.

Le directeur d'une autre école de la zone a lui été assassiné en montant dans sa voiture à la porte de son établissement. Après ces événements, la police est désormais postée à l'entrée des écoles du district.

«Nous sommes paniqués par l'insécurité à laquelle nos enfants sont exposés», se plaint Justina, une ménagère qui vient d'accompagner ses deux fils à l'école du quartier.

Les informations de la télévision péruvienne abondent de faits divers, accompagnés d'images d'attaques à main armée de magasins, de restaurants, filmées par des caméras de sécurité.

Pourtant, le Pérou ne figure pas parmi les pays ayant les taux d'homicides les plus élevés d'Amérique latine.

Selon le dernier rapport de l'ONU, datant de 2013, le taux d'homicides au Pérou est de 9,6 pour 100.000 habitants, un taux élevé, mais loin derrière ceux du Honduras (90,4), du Venezuela (53,7) ou du Brésil (25,2).

Au Pérou, le plus grand producteur mondial de coca, certains crimes sont liés à des règlements de comptes de bandes rivales de trafiquants de drogue.

En avril, une voiture de luxe a été prise en embuscade en plein quartier résidentiel de San Isidro en fin d'après-midi, criblée de balles et cible de cocktails Molotov. L'affaire a mené à la découverte d'un trafic de drogue international.

Les problèmes de San Juan de Lurigancho découlent de la vente frauduleuse de terrains, pratiquée durant l'expansion du quartier, principalement habité par une population pauvre où émerge une classe moyenne.

«La municipalité a freiné le trafic de la terre, et voyant qu'ils ne pouvaient pas continuer, les malfaiteurs se sont lancés dans l'extorsion des écoles et des petites entreprises», explique Juan Navarro, le maire, qui a lui-même a été victime de menaces. Récemment des bâtons de dynamite ont été déposés au domicile de ses parents, sans exploser.

La municipalité a déclenché l'état d'urgence et demande que les forces armées patrouillent les rues de la ville.

Mais le ministre de l'Intérieur, José Luis Pérez Guadalupe, rejette cette possibilité, affirmant que «les forces armées ne peuvent pas faire le travail de la police».

«Comment a-t-on appelé celui qui a placé une bombe dans le marathon de Boston ou celui qui détourne un avion? Ici on utilise des armes de guerre et ce n'est pas du terrorisme?», s'interroge sous couvert d'anonymat le responsable d'une école.

D'autres quartiers populaires de la capitale et de villes de province ont fait appel également aux forces armées, tandis que le maire de Lima, Luis Castaneda Lossio, a évoqué la possibilité de fournir des armes non létales aux gardiens municipaux.

Le gouvernement, lui, demande au Congrès des mesures pour lutter contre le crime organisé.

(afp/Le Matin)

Créé: 18.06.2015, 10h18

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.