Dimanche 23 septembre 2018 | Dernière mise à jour 14:16

Etats-Unis La reconnaissance faciale à l'aéroport de Washington

Un dispositif de reconnaissance faciale, installé à l'aéroport de Washington, relance le débat sur la surveillance et la protection de la vie privée.

Avec le nouveau dispositif, il n'y aura plus besoin sortir son passeport avant d'embarquer. Le scan du visage suffit.

Avec le nouveau dispositif, il n'y aura plus besoin sortir son passeport avant d'embarquer. Le scan du visage suffit. Image: AFP

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A l'aéroport international de Washington, les autorités américaines ont installé un nouveau dispositif de reconnaissance faciale. Il s'agit d'un moyen «simple d'utilisation» pour mieux gérer les flux de voyageurs, affirment ses promoteurs. Pour ses opposants, c'est une source d'inquiétude.

Ce dispositif, composé de deux systèmes de reconnaissance faciale, a été dévoilé à la presse jeudi à l'aéroport Dulles, près de la capitale fédérale américaine. L'un est chargé de vérifier les données biométriques des passagers lors de l'embarquement et l'autre doit permettre de fluidifier les arrivées de passagers sur des vols internationaux en comparant leur apparence réelle à des photographies stockées.

L'utilisation exponentielle de techniques de reconnaissance faciale a enflammé le débat à travers le monde, autour de la surveillance et de la protection de la vie privée. Mais les autorités assurent que cette technique peut aider à réduire des files d'attente irritantes sans compromettre la sécurité.

Plus de carte d'embarquement

«La technologie marche», a affirmé Kevin McAleenan, officier du service des douanes et de la protection des frontières (CBP). «C'est rapide, simple d'utilisation, flexible et rentable. Et nous croyons que cela va changer la face du voyage international», promet-il, estimant que la reconnaissance faciale permettra, à terme, d'abandonner les cartes d'embarquement.

Test grandeur nature: l'officier du CBP raconte que l'embarquement de 350 passagers dans un avion Airbus A380 était terminé en 20 minutes, moitié moins qu'en temps normal. A l'aéroport Dulles, les responsables ont montré comment le nouveau système, géré par des iPads, identifiait et recoupait les images des voyageurs au moment de l'embarquement.

En août, trois jours après la mise en place du dispositif, un homme a été arrêté pour avoir tenté d'utiliser un faux passeport pour entrer sur le sol américain, un succès que les autorités attribuent à la machine.

L'homme de 26 ans, débarquant d'un vol en provenance de São Paulo, au Brésil, était muni d'un passeport français, mais l'outil de comparaison de reconnaissance faciale a déterminé que son image ne correspondait pas au document présenté. Les autorités ont découvert, caché dans sa chaussure, une carte d'identité du Congo.

Les responsables tiennent à rassurer les détracteurs de la reconnaissance faciale: les nouveaux systèmes sont uniquement développés pour les formalités d'entrée sur le territoire et pour embarquer dans l'avion.

Big Brother

«Nous ne collectons et ne conservons aucune nouvelle donnée», assure M. McAleenan. «Nous devons confirmer que les voyageurs sont bien qui ils prétendent être». Dulles est l'un des quatorze aéroports à utiliser la technologie de reconnaissance faciale pour les contrôles à l'entrée du territoire américain. Kevin McAleenan assure que le degré de précision s'établit à «99%».

Levée de boucliers du côté des défenseurs de la protection des données personnelles, qui estiment qu'il y a peu de garde-fous sur la façon dont sont utilisées les bases de données de reconnaissance faciale. Ils craignent une technologie à la «Big Brother» et montrent du doigt la Chine, où les autorités ont amplement déployé ce genre de systèmes.

L'union américaine pour les libertés civiles (ACLU) s'est à plusieurs reprises opposée au déploiement de cette technologie dans les aéroports, évoquant notamment des problèmes de précision et d'efficacité. Jay Stanley, analyste de l'ACLU, alerte sur une utilisation qui «normalise la reconnaissance faciale comme une technique de contrôle». «Nous avons observé que ces techniques se sont propagées à partir des aéroports et sont maintenant utilisées dans toutes sortes de lieux, y compris dans certains lycées», a-t-il indiqué à l'AFP. (ats/nxp)

Créé: 10.09.2018, 08h23

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