Mercredi 21 août 2019 | Dernière mise à jour 22:48

Syrie Des réfugiés fuient les combats avec l'EI

Des centaines de civils essaient d'échapper à l'ultime offensive des forces arabo-kurdes soutenues par Washington contre le dernier bastion de l'Etat islamique.

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Couverts de poussière et chargés de leurs maigres possessions, des centaines de personnes ont fui mardi l'ultime réduit du groupe Etat islamique (EI) dans l'est de la Syrie. Cette région est la cible d'une offensive des forces arabo-kurdes soutenues par Washington.

Après une montée en puissance fulgurante en 2014 et la conquête de vastes territoires en Syrie et en Irak, les djihadistes sont aujourd'hui acculés dans une poche de quelques kilomètres carrés. L'assaut «final» dans la province de Deir Ezzor a été lancé samedi par les Forces démocratiques syriennes (FDS), soutenues par la coalition internationale emmenée par Washington.

Avec leurs tireurs embusqués, et des contre-attaques meurtrières, les 500 à 600 djihadistes retranchés dans la zone - qui s'étale du village de Baghouz à la frontière irakienne - livrent une résistance farouche. Les progrès des forces antidjhadistes sont «lents et méthodiques», a déclaré à l'AFP le porte-parole de la coalition internationale, le colonel Sean Ryan.

Le secteur aux mains de l'EI est visé par des «tirs d'artillerie sporadiques», a indiqué de son côté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Malgré les combats, environ 350 personnes, principalement des femmes et des enfants de djihadistes, souvent des étrangers, ont réussi à sortir de cette zone, selon la même source.

Sur un plateau tout près de Baghouz, des combattants des FDS montent la garde. De temps en temps, le silence est rompu par les tirs de mortier, des coups de feu, ou le bourdonnement des avions de la coalition, a constaté une équipe de l'AFP.

«Orphelins»

«L'EI tient encore 20% du village de Baghouz, mais ce secteur est entièrement miné», confie à l'AFP un commandant sur le terrain.

Soudain, des petits points noirs apparaissent sur la route qui serpente et se rapprochent: des civils qui fuient à pied les combats pour rallier les territoires des FDS. Parmi ce groupe de 25 personnes, figurent des hommes mais surtout des enfants aux cheveux sales et des femmes en niqab couvertes de poussière et chargées d'affaires. La moitié des femmes sont Ukrainiennes ou Russes.

On leur tend des bouteilles d'eau, du pain et des carottes. Des volontaires de l'ONG américaine Free Burma Rangers soignent un garçon blessé.

En arrivant aux positions des FDS, une mère qui se dit Russe tombe à genoux et enlace, en pleurs, ses deux enfants. Une autre, originaire de Crimée, donne du pain à ses trois enfants. Oum Khaled reconnaît avoir été mariée à un membre de l'EI. «Ils sont orphelins maintenant», lâche-t-elle dans un arabe cassé.

Dans la nuit de lundi à mardi déjà, 600 civils ont fui Baghouz, selon les FDS qui procèdent à des fouilles et des interrogatoires poussés pour identifier les potentiels combattants de l'EI parmi la foule.

Plus de 38'000 personnes, principalement des familles de djihadistes, ont fui les combats et les frappes aériennes depuis décembre, a indiqué mardi l'OSDH. Sur le plan militaire, «l'ennemi est retranché et les combattants de l'EI continuent de lancer des contre-attaques», a précisé le porte-parole de la coalition. (ats/nxp)

Créé: 12.02.2019, 19h39

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