Jeudi 4 juin 2020 | Dernière mise à jour 07:40

Italie Le retour de l'apéro en terrasse inquiète les autorités

Le confinement désormais révolu, les Italiens retrouvent une vie sociale, notamment aux abords des cafés et restaurants. Craignant une nouvelle vague, les autorités mettent en garde.

Lundi, commerces, cafés et restaurants ont été autorisés à rouvrir, redonnant au pays un semblant de normalité.

Lundi, commerces, cafés et restaurants ont été autorisés à rouvrir, redonnant au pays un semblant de normalité. Image: AFP

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Avec la fin du confinement et un beau soleil de printemps, les Italiens reviennent inévitablement au spritz entre amis et aux apéros en terrasse, suscitant l'inquiétude des autorités sur une possible résurgence de l'épidémie de nouveau coronavirus.

«Ce n'est pas le moment pour la fête ou la movida !», a prévenu le Premier ministre Giuseppe Conte. «Pendant la phase actuelle, il est plus que jamais nécessaire de respecter les distances de sécurité et de porter des masques quand cela s'impose», a souligné M. Conte, mercredi soir devant les médias locaux, et de nouveau jeudi matin sur le même sujet dans une adresse au Sénat.

Après une épidémie meurtrière qui a fait plus de 32 000 morts, a traumatisé la population et mis l'économie à genoux, la péninsule se déconfine progressivement depuis le 4 mai. Les Italiens sortent prudemment de deux mois d'un strict enfermement, goûtant un peu de liberté retrouvée et avides de reprendre une vie sociale un tant soit peu ordinaire.

Bannir le spritz?

Lundi, commerces, cafés et restaurants ont été autorisés à rouvrir, redonnant au pays un semblant de normalité. Depuis lors, dans toute la péninsule, de Turin à Palerme en passant par Bari, de nombreux jeunes et fêtards ont réinvesti, verres à la main, les terrasses ombragées et places pavées à fontaine qui font le charme du pays. Les médias locaux reprennent en boucle des images diffusées sur les réseaux sociaux de ces rassemblements festifs nocturnes.

«Phase 2 (du déconfinement): la vie nocturne reprend, des foules de jeunes sans masque pendant l'apéritif», observait jeudi le quotidien «La Repubblica», faisant le catalogue de ces clichés et vidéos de portables dignes d'un printemps de fête. A Padoue, en Vénétie, ces photos de dizaines de jeunes côte-à-côte, trinquant sans masque chirurgical sur le nez ont suscité l'ire du président de la région, Luca Zaia.

«Dans dix jours, on risque vraiment de voir les taux d'infection remonter. Si c'est le cas, je fermerai tous les bars, restaurants et plages, et il faudra se cloîtrer de nouveau», a-t-il tonné. «Personne ne veut bannir les spritz, mais je demande d'éviter les rassemblements et de porter des masques, au moins jusqu'au 2 juin.»

«Précautions nécessaires»

Dimanche dernier, veille de la réouverture des bars et cafés, le maire de Bergame, longtemps l'épicentre de la pandémie dans le Nord du pays, s'alarmait déjà de «tous ces gens qui ne prennent pas les précautions nécessaires» en ville et dans les lieux publics. «Ca me rend fou! Des centaines de morts dans notre ville, ce n'est pas assez? Va-t-on se retrouver dans la même galère d'ici un mois?», fustigeait Giorgio Gori sur sa page Facebook.

Pour éviter aux clients de s'agglutiner dans l'exiguïté des bars et restaurants, les autorités ont tenté d'encourager la consommation à l'air libre en supprimant la taxe sur les terrasses. «En échange, nous leur demandons (aux patrons de bars et restaurants) de faire un effort pour éviter les rassemblements et assurer la sécurité des consommateurs, comme de leurs employés», explique M. Gori.

«Moment de la liberté»

Des policiers et carabiniers sont désormais souvent présents autour de ces lieux de rassemblement. Mais leur présence semble peu dissuasive pour dissiper l'ivresse de ces nouveaux apéros, malgré de possibles amendes allant de 400 jusqu'à 3 000 euros. Pour la chef de la police de Padoue, Isabella Fusiello, «les propriétaires des établissements concernés sont aussi responsables, car l'urgence liée au covid-19 est loin d'être terminée», a-t-elle mis en garde dans le journal La Stampa, évoquant de possibles révocations de licences. Le maire de Bari, Antonio Decaro, a quant à lui suggéré d'offrir un masque à chaque verre ou cocktail commandé.

Les clients «ont le masque, mais ils ne le portent pas. C'est difficile de boire et de parler avec ça», expliquant en haussant les épaules le propriétaire du Bar del Cinque, dans le quartier romain de Trastevere, où jeunes et étudiants adorent venir boire en soirée. «Ils cherchent surtout à socialiser, à retrouver des amis». Le confinement maintenant terminé, «c'est le moment de la liberté!», explique-t-il à l'AFP. «Ma crainte, ce sont les contrôles, les amendes. Je n'ai aucun moyen de faire respecter la distanciation obligatoire», s'inquiète-t-il.

Sur les ondes de la Rai3, le chercheur Stefano Laffi souligne que «les jeunes ont respecté les mesures de la phase 1» du confinement et estime qu'il «ne faut pas généraliser le comportement d'une minorité». «Mieux vaut essayer d'inventer une nouvelle façon de rencontrer ses amis», dit-il, «le risque le plus grave est que les jeunes ne quittent plus leur domicile. Le danger est de finir par boire seul dans la maison». (afp/Le Matin)

Créé: 21.05.2020, 17h11

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