Dimanche 15 décembre 2019 | Dernière mise à jour 21:22

Bolivie Morales prêt à rentrer pour «apaiser la situation»

De violents affrontements ont eu lieu à La Paz, alors qu'un jeune homme a été tué dans un village près de Santa Cruz.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Nomination d'un gouvernement, convocation d'élections: dans une Bolivie encore secouée par des manifestations, la présidente par intérim Jeanine Añez tentait mercredi de combler le vide politique laissé par le départ d'Evo Morales, qui s'est déjà dit prêt à rentrer.

Au premier jour de fonction de Jeanine Añez, des affrontements ont éclaté entre des manifestants partisans de l'ancien chef de l'État et les forces de l'ordre. Dans le village de Yapacani, à l'est du pays, non loin de Santa Cruz, un homme de 20 ans a été tué d'une balle dans la tête lors de heurts entre manifestants pro-Morales et la police, selon un médecin interrogé par la radio locale Fides.

Depuis le début de la crise post-électorale fin octobre, 10 personnes ont trouvé la mort, dont huit ont été tuées par balle, selon le dernier rapport du parquet général rendu public mercredi. Un précédent bilan faisait état de sept morts.

Reprendre une vie normale

De violents affrontements ont eu lieu également à La Paz, a constaté l'AFP. Plusieurs centaines de personnes jetaient des projectiles sur les forces de l'ordre, qui répliquaient par des tirs de gaz lacrymogène à quelques pâtés de maisons du siège du gouvernement, où la dirigeante était en train de nommer un nouveau commandement militaire lors d'une cérémonie officielle.

Au moins un véhicule militaire avait été déployé dans le centre de la ville, où un groupe de quelque 3000 manifestants est arrivé en milieu d'après-midi en provenance de la ville voisine d'El Alto, favorable à Evo Morales.

En début de journée, les habitants avaient tenté de reprendre une vie normale, les bus étant de retour dans les rues et la quasi totalité des dix lignes de téléphérique sillonnant à nouveau la ville, après deux jours d'arrêt complet.

Les banques et les commerces ont également rouvert leurs portes, alors que pillages et saccages ont eu lieu depuis dimanche soir dans la capitale et ses environs après la démission d'Evo Morales. «Nous mettons tout en oeuvre pour que tout revienne à la normalité», a déclaré le commandant de la police, Yuri Calderon.

Morales appelle au «dialogue»

Depuis Mexico, où il est arrivé mardi pour y bénéficier de l'asile politique, Evo Morales s'est dit prêt à rentrer dans son pays. «Si mon peuple le demande, nous sommes disposés à retourner (en Bolivie) pour apaiser la situation», a-t-il dit lors d'une conférence de presse. «Nous reviendrons tôt ou tard», a-t-il assuré, appelant à un «dialogue national» afin de résoudre la crise qui agite son pays.

Les États-Unis ont reconnu mercredi Jeanine Añez comme présidente de la Bolivie. «Les États-Unis saluent la décision de la sénatrice bolivienne Jeanine Añez de prendre la présidence par intérim afin de mener sa nation durant cette transition démocratique», a déclaré le secrétaire d'État américain Mike Pompeo dans un communiqué.

Evo Morales avait condamné cette annonce avant même qu'elle ne soit formalisée. «Nous condamnons la décision de Trump de reconnaître le gouvernement de facto et auto-proclamé de la droite», a-t-il tweeté plusieurs heures avant le communiqué de Mike Pompeo, estimant que «le coup d'État qui a causé la mort de mes frères boliviens est un complot politique et économique qui vient des États-Unis».

Nouveau gouvernement

Parallèlement, la nouvelle présidente prépare la composition de son gouvernement, qui devrait être réduit au strict minimum, selon un de ses porte-parole. Cela concerne «les fonctions, les postes les plus importants qui sont: la Défense, l'Intérieur et des Finances», qui «ne peuvent pas cesser de fonctionner», a déclaré à la presse le sénateur de droite Arturo Murillo. Jeanine Añez devrait la dévoiler d'ici mercredi soir, a-t-il précisé.

Quasiment inconnue, cette avocate de 52 ans, critique de l'ex-président socialiste, a pris ses fonctions mardi, Bible en main et ceinte de l'écharpe présidentielle, à la faveur d'une vacance de pouvoir provoquée par les démissions successives d'Evo Morales et de ses successeurs constitutionnels.

Outre la formation du gouvernement, l'autre priorité de la cheffe de l'Etat par intérim est de nommer une nouvelle autorité électorale en vue de convoquer de nouvelles élections. En prenant ses fonctions, Jeanine Añez avait fixé comme limite la date du 22 janvier. Avant la crise, c'est à cette date que la prise de fonctions du prochain chef de l'Etat devait intervenir.

Fermer le Parlement ?

Autre piste à l'étude pour la nouvelle équipe à la tête du pays: la fermeture du Parlement pour contourner le Mouvement vers le socialisme (MAS) d'Evo Morales, majoritaire, afin de gouverner par décrets présidentiels, selon une source proche du dossier.

Une option diversement appréciée par les analystes, certains, comme l'avocat Carlos Borth, y voyant une décision «absolument inconstitutionnelle».

Le gouvernement vénézuélien de Nicolas Maduro, fidèle allié d'Evo Morales, a rejeté mercredi la «parodie» de proclamation de Jeanine Añez. Une vague de protestation contre la réélection contestée d'Evo Morales pour un quatrième mandat lors du scrutin du 20 octobre a fait en trois semaines sept morts et plus de 380 blessés. (ats/nxp)

Créé: 13.11.2019, 22h39

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.