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Proche-Orient Roquettes et représailles israéliennes à Gaza

En réponse à plus de 250 roquettes tirées depuis Gaza, l'armée israélienne a effectué des dizaines de raids, faisant 4 morts.

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Quelque 250 roquettes ont été tirées samedi de Gaza vers Israël, entraînant des dizaines de raids israéliens dans une nouvelle flambée de violences qui a fait quatre morts palestiniens, dont un bébé et sa mère enceinte, tués dans des circonstances controversées.

Il s'agit d'un des plus importants nombre de roquettes tirées en une seule journée sur Israël dans les violences des dernières années entre les groupes armés palestiniens dont le Hamas au pouvoir à Gaza, et l'Etat hébreu.

Depuis le matin, environ 250 roquettes ont été tirées par des combattants palestiniens vers les localités du sud et du centre d'Israël, plusieurs dizaines de tirs étant interceptés par le système de défense anti-missiles, a indiqué l'armée, précisant que 70% des roquettes étaient tombées sur des zones inhabitées. Une Israélienne de 80 ans a été grièvement touchée par des éclats à Kyriat Gat, à 20 km de Gaza, et un Israélien de 50 ans a été blessé à Ashkelon, selon la police.

Dans les dizaines de raids israéliens de représailles, quatre Palestiniens ont été tués et 40 blessés selon le ministère de la Santé relevant du Hamas. Parmi eux, une fillette de 14 mois et sa mère enceinte ont péri lors d'un raid qui a touché leur maison à Gaza, selon cette source et des proches. Une soeur de la fillette a été grièvement blessée.

«Nous étions en train de déjeuner lorsque la maison a été bombardée par un avion israélien. Saba (le bébé) a été tuée sur le coup», a dit à l'AFP Abou Mohamed Abou Arar, un proche. «Falastine Abou Arar, âgée de 37 ans et enceinte, a succombé à ses blessures à la tête», selon le ministère gazaoui.

L'armée israélienne a contesté cette version des faits. Un des porte-parole militaires, Avichay Adraee, s'exprimant en arabe sur Twitter, a suggéré que la mort de la mère et de son bébé étaient peut-être le résultat d'un tir palestinien, sans donner davantage de détails.

120 cibles à Gaza

En soirée, les sirènes d'alarme ont continué de retentir dans les zones israéliennes limitrophes de Gaza, selon l'armée. La police a appelé les habitants à se rendre dans les abris à chaque alerte. Le Jihad islamique, allié du Hamas à Gaza, a revendiqué le lancement d'une partie des roquettes et s'est dit prêt à poursuivre les tirs.

Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, la branche armée du groupe a menacé d'attaquer plusieurs sites israéliens stratégiques, notamment l'aéroport international Ben Gourion près de Tel-Aviv.

L'aviation israélienne a ciblé 120 positions du Hamas et du Jihad islamique, dont de nombreuses bases et un tunnel du Jihad islamique destiné à mener des attaques en territoire israélien, selon des sources militaires.

L'armée israélienne a détruit deux bâtiments de plusieurs étages dans la ville de Gaza, ont indiqué des résidents. L'armée a indiqué que l'un d'entre eux abritait les services de renseignements militaires et les services de sécurité généraux du Hamas.

Des résidents du quartier ont affirmé que l'immeuble de plusieurs étages abritait les locaux de l'agence de presse étatique turque Anadolu, une information confirmée par la Turquie qui a «condamné fermement» le raid et dénoncé une «agressivité sans bornes».

Selon Anadolu, le personnel de l'agence a évacué l'immeuble peu avant la frappe qui avait été précédée d'un tir d'avertissement. Aucun journaliste n'a été blessé. Dans ce contexte d'escalade, Israël a annoncé la fermeture des points de passage avec Gaza et des zones de pêche de l'enclave palestinienne.

Médiation égyptienne

Selon une source du Jihad islamique, l'Egypte, qui joue l'intermédiaire entre le Hamas et Israël, tente une médiation pour calmer la situation, alors que le mois sacré du jeûne musulman du ramadan commence dans les jours à venir.

A Bruxelles, l'Union européenne a appelé à l'«arrêt immédiat» des tirs de roquettes palestiniennes, ajoutant soutenir «les efforts déployés par l'Egypte et l'ONU pour calmer la situation». L'émissaire de l'ONU chargé du conflit israélo-palestinien, Nickolay Mladenov a appelé «toutes les parties à calmer la situation et à revenir aux ententes de ces derniers mois». Washington a de son côté dit soutenir le «droit» d'Israël «à l'autodéfense».

Israël et son ennemi juré le Hamas se sont livrés trois guerres depuis 2008. Un cessez-le-feu, annoncé par le Hamas, avait été négocié fin mars sous l'égide de l'Egypte et de l'ONU, permettant un rétablissement du calme pendant les législatives israéliennes du 9 avril.

Trois facteurs pourraient pousser Israël à tenter de calmer le jeu: les négociations en cours pour former une coalition gouvernementale après la victoire de M. Netanyahu aux élections, l'Eurovision prévu à Tel-Aviv mi-mai, et les célébrations de la création de l'Etat d'Israël jeudi.

Depuis mars 2018, des manifestations ont lieu à Gaza le long de la barrière séparant Gaza d'Israël contre le blocus imposé depuis plus d'une décennie par Israël à l'enclave palestinienne et pour le retour des réfugiés palestiniens chassés ou ayant quitté leurs terres à la création d'Israël en 1948.

Au moins 271 Palestiniens ont été tués depuis cette date, au cours des manifestations ou dans des frappes israéliennes menées en représailles à des actes hostiles en provenance de Gaza. Deux soldats israéliens ont été tués. Israël accuse le Hamas d'orchestrer ces manifestations et soutient que les soldats ne font que protéger la frontière. (afp/nxp)

Créé: 04.05.2019, 22h02

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