Lundi 14 octobre 2019 | Dernière mise à jour 20:08

Italie Salvini fait du forcing pour des élections

Matteo Salvini veut obtenir des élections anticipées mais le premier ministre n'a pas que des fans. Un camp hostile s'organise.

«La seule chose qui m'intéresse c'est qu'on fixe une date pour les élections», a déclaré Matteo Salvini devant les journalistes.

«La seule chose qui m'intéresse c'est qu'on fixe une date pour les élections», a déclaré Matteo Salvini devant les journalistes. Image: Keystone

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Trois jours après avoir fait exploser la coalition au pouvoir, le ministre italien de l'intérieur Matteo Salvini a continué de faire le forcing dimanche pour obtenir des élections anticipées, tout en poursuivant sa tournée des plages. Mais le camp hostile à un vote immédiat commence à s'organiser.

Octobre est «la date limite» pour organiser des élections et pour mettre au point ensuite un budget «qui serve au pays», a déclaré le chef de la Ligue (extrême droite) dimanche en Sicile. Selon lui, un projet de budget est déjà prêt.

«Maintenant ça suffit», a-t-il lancé, assurant avoir eu «une patience infinie. Quand j'ai vu des entrepreneurs se plaindre d'une croissance nulle, je ne pouvais pas faire semblant de rien», a expliqué celui que ses fans appellent «le Capitaine». Avant la Sicile, Matteo Salvini était samedi à Policoro, dans la Basilicate (sud).

Contestation

Mais le vice-Premier ministre n'avait pas que des fans dans le mezzogiorno, une de ces terres où le Mouvement Cinq Etoiles (M5S), avec lequel il a brutalement rompu jeudi, était ultra-dominant aux législatives du printemps 2018.

Il a été accueilli samedi à Policoro aux cris de «fasciste, raciste» par des jeunes qui ont entonné «Bella Ciao», le chant des résistants italiens de la Deuxième Guerre mondiale, avant de tenter de lui lancer un verre d'eau à la figure. Dimanche, quelques centaines de manifestants l'ont traité de «bouffon» à Catane et ont lancé des bouteilles en plastique vides contre sa voiture.

L'occasion pour le leader de la Ligue d'opposer deux visions du pays: «l'Italie du oui», la sienne, «qui parie sur l'avenir et pas sur l'assistance», et celle du «non», qui s'oppose selon lui «aux élections, aux grands travaux, à la réforme fiscale, à la réforme de la justice».

Avec des législatives anticipées, M. Salvini a affirmé vouloir «donner à l'Italie un gouvernement courageux et stable qui dure au moins dix ans».

Appel de Di Maio

Alors que le Parlement est en vacances, les élus de la Ligue ont été convoqués pour lundi après-midi tandis que le chef de file du M5S Luigi Di Maio comptera ses troupes dès le matin. Une réunion des groupes parlementaires du Sénat est programmée en fin d'après-midi pour définir le calendrier de cette crise.

Pendant ce temps, le camp adverse s'organise pour préparer la riposte. Luigi Di Maio a fustigé sur Facebook l'attitude de M. Salvini qui a «renversé le seul gouvernement ayant, en un an, résisté aux lobbies et pouvoirs forts, adopté la loi anti-corruption la plus sévère d'Europe et qui soit venu en aide aux retraités, pauvres et précaires».

M. Di Maio a lancé «un appel à toutes les forces politiques» et une pétition auprès des parlementaires «pour demander un vote d'urgence sur la réduction du nombre de parlementaires» d'un tiers, prévue dans un projet de loi.

Gouvernement d'union

L'ancien chef du gouvernement de centre-gauche Matteo Renzi a de son côté jugé qu'il serait «fou» d'organiser immédiatement des élections. Dans le Corriere della Sera, il a lancé un appel aux autres partis politiques pour la formation d'un gouvernement «institutionnel» qui permette de tenir les engagements nécessaires pour le bien du pays et de gérer les élections «sans instrumentalisation» par l'actuel ministre de l'intérieur.

L'hypothèse d'un gouvernement soutenu par le M5S, premier parti dans les deux chambres du parlement, le Parti démocrate (PD, centre-gauche) voire certains élus de Forza Italia (FI, la formation de droite de Silvio Berlusconi) n'est pas totalement à exclure, selon les spécialistes. Mais elle pourrait encore faire grimper la Ligue dans les sondages, avertissent certains observateurs.

Matteo Salvini l'a bien compris. Lors de sa visite à Catane, il a fustigé l'appel de Matteo Renzi, qu'il juge «fondé sur la peur, la peur d'écouter le peuple. Qu'y a-t-il de plus beau que de ne pas laisser les citoyens décider», a-t-il ironisé. (ats/nxp)

Créé: 10.08.2019, 20h11

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