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Italie Salvini nie en bloc tout financement russe

Un site américain a diffusé un enregistrement audio évoquant de possibles transactions entre des Russes et un proche de Salvini.

«Je n'ai jamais pris un rouble, un euro, un dollar ou un litre de vodka de financement de la Russie», répète Salvini.

«Je n'ai jamais pris un rouble, un euro, un dollar ou un litre de vodka de financement de la Russie», répète Salvini. Image: AFP

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La polémique enfle en Italie autour des soupçons de financement par la Russie de la Ligue de Matteo Salvini (extrême droite), qui se défend bec et ongles.

Sortie sans vraiment faire de vagues en février en Italie, l'information d'une rencontre à Moscou à ce sujet en octobre 2018 est revenue sur le devant de la scène avec l'annonce par Buzzfeed d'un enregistrement audio.

Selon le site américain, et les retranscriptions parues dans la presse italienne, on y entend Gianluca Savoini, un proche de M. Salvini, discuter avec deux Italiens et trois Russes d'un accord pour dérouter vers la Ligue 65 millions de dollars provenant de 4% d'une transaction d'achat de pétrole russe via des intermédiaires.

«Une mystification, une tromperie, une saleté», a dénoncé M. Savoini au quotidien La Repubblica.

A 56 ans, cet ancien journaliste, marié à une Russe, est aujourd'hui président de l'association Lombardie-Russie et considéré comme l'un des principaux contacts de la Lega avec la Russie.

«Je n'ai jamais pris un rouble, un euro, un dollar ou un litre de vodka de financement de la Russie», répète pour sa part en boucle M. Salvini.

L'homme fort du gouvernement italien est un admirateur affirmé de Vladimir Poutine, qu'il a rencontré à plusieurs reprises avant d'accéder au pouvoir, et le président russe a évoqué lors de sa visite à Rome la semaine dernière «un accord de coopération» entre son parti Russie unie et la Ligue.

Mais M. Salvini le répète: son admiration et son combat contre les sanctions européennes imposées à la Russie après l'annexion de la Crimée, c'est «gratis».

Enquête en cours selon la presse

Malgré tout, selon des sources judiciaires évoquées par la presse italienne, une enquête est en cours au parquet de Milan contre M. Savoini depuis les premiers articles en février sur la rencontre à Moscou parus en Italie.

Pour la Ligue, cette enquête vient s'ajouter à celle sur le sort des 49 millions d'euros de fonds publics indûment perçus par le parti en 2008-2010, avant que M. Salvini en prenne la tête en 2013.

L'échelonnement sur plusieurs décennies que la Ligue a obtenu pour rembourser passe mal dans l'opposition, et le sujet est sensible pour M. Salvini.

Au Parlement, des élus d'opposition ont brandi des panneaux frappés des deux chiffres «49 millions» et «65 millions» pour réclamer des explications, tandis que Matteo Renzi, l'ancien chef du gouvernement, a qualifié les discussions de M. Savoini de «haute trahison».

En Italie, l'enregistrement retranscrit par Buzzfeed a aussi rappelé la vidéo tournée en caméra cachée sur laquelle le nationaliste autrichien Heinz-Christian Strache se montrait disposé à se compromettre en échange de financements russes.

Mais il s'agissait d'une vidéo, et M. Strache était chef de parti. Même si on l'aperçoit sur de nombreuses photos dans les mêmes rendez-vous que Matteo Salvini, M. Savoini est d'un bien moindre calibre.

«Je ne l'ai jamais rencontré personnellement», a déclaré le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, alors que M. Savoini était invité au dîner qu'il a donné pour M. Poutine la semaine dernière à Rome.

«Il n'était pas invité par le ministère de l'Intérieur», a assuré M. Salvini, avant de s'emporter vendredi lors d'une conférence de presse.

«Les gars, laissez-moi faire mon travail sérieusement. Cherchez les roubles, bonne chance, et moi je fais mon travail. Je trouve cette enquête ridicule», a-t-il lancé, en laissant entendre que les attaques de la presse contre lui étaient la raison pour laquelle les journaux «se vendaient de moins en moins».

Mais l'affaire faisait encore la une de tous les journaux samedi. «Salvini ne pouvait pas ne pas savoir», titrait par exemple le quotidien La Repubblica.

Et un avocat international, Gianluca Meranda, s'est identifié nommément auprès du journal comme étant l'un des mystérieux protagonistes italiens de la conversation enregistrée d'octobre 2018.

Il confirme l'existence de cette négociation portant sur la vente de produits pétroliers mais précise qu'elle n'a finalement pas abouti. Il présente en revanche Gianluca Savoini comme un homme «désintéressé» et dément tout volet de financement d'un parti politique. (afp/nxp)

Créé: 13.07.2019, 12h56

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