Samedi 16 novembre 2019 | Dernière mise à jour 23:16

Maroc Scandinaves décapitées: 24 accusés devant les juges

L'avocat d'un Hispano-Suisse veut demander un report de l'audience dans le procès des deux jeunes touristes scandinaves tuées au Maroc. Le procès doit démarrer jeudi à 11h00.

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Le procès des assassins présumés de deux jeunes touristes scandinaves, décapitées en décembre au Maroc au nom du groupe Etat islamique (EI), a été reporté au 16 mai. Cette décision a été prise pour permettre aux avocats de mieux prendre connaissance du dossier.

L'avocat d'un des accusés secondaires, un Hispano-Suisse, avait notamment annoncé à l'AFP vouloir demander le report de l'audience «pour mieux préparer la défense, car il n'a(vait) pas encore lu le dossier», avait indiqué à l'AFP Me Saad Sahli.

Le jeune homme de 25 ans est soupçonné d'avoir appris aux principaux suspects à utiliser une messagerie cryptée, de «les avoir entraînés au tir» et d'avoir participé à l'embrigadement de recrues, selon les enquêteurs. Devant le juge d'instruction antiterroriste, il a clamé son innocence.

Le double national se trouvait en Suisse au moment de l'assassinat, selon Saskia Ditisheim, une avocate suisse dépêchée au Maroc par la famille. «Je veux un procès équitable et des juges qui cherchent la vérité: s'il est innocent, il est innocent», a-t-elle dit.

Décontraction

Louisa Vesterager Jespersen, une étudiante danoise de 24 ans, et Maren Ueland, une Norvégienne de 28 ans, ont été tuées, égorgées et décapitées dans la nuit du 16 au 17 décembre, sur un site isolé du Haut-Atlas où elles campaient.

Un total de 24 accusés, dont les trois meurtriers présumés, sont arrivés devant la chambre criminelle de la cour d'appel de Salé, ville-jumelle de Rabat, pour être jugés pour «apologie du terrorisme», «atteinte à la vie de personnes avec préméditation» ou «constitution de bande terroriste».

En tenue traditionnelle salafiste - qamis et barbe - ou en joggings, ils semblaient décontractés, l'un d'eux affichant un sourire devant les journalistes. Le procès a été immédiatement renvoyé.

Peine de mort réclamée

Ceux qui sont impliqués directement dans le crime risquent théoriquement la peine de mort. L'avocat des parents de Louisa, qui se sont constitués partie civile, a indiqué à l'AFP avant l'audience qu'il comptait demander la peine de mort pour les assassins «même si les pays d'origine des victimes y sont par principe opposés».

Une vidéo montrant la décapitation d'une des touristes, filmée par un des tueurs avec un téléphone portable a été diffusée sur les réseaux sociaux après la découverte des corps. Dans cette séquence d'une extrême violence, on entend un des tueurs parler d'«ennemis d'Allah» et de «revanche» pour des «frères» en Syrie.

Une autre vidéo publiée dans la foulée montre les trois meurtriers présumés et un de leurs compagnons prêtant allégeance au chef de l'EI, Abou Bakr al-Baghdadi.

Quartiers déshérités

Très vite après la découverte des corps, un premier suspect avait été arrêté en banlieue de Marrakech. Trois autres avaient été interpellés trois jours plus tard alors qu'ils tentaient de quitter la ville en autocar. Les trois avaient sur eux des couteaux portant des marques de sang, selon l'acte d'accusation.

Agés de 25 à 33 ans, tous vivaient dans la précarité dans des quartiers déshérités de Marrakech. Issus de milieux modestes, avec un niveau d'études et d'instruction «très bas», ils vivaient de petits boulots, selon les enquêteurs. Leurs proches les décrivent comme des adeptes du salafisme, une branche ultraconservatrice de l'islam sunnite.

Leur «cellule terroriste» inspirée par l'idéologie de l'EI n'avait pas de «contact» avec des cadres opérationnels en Syrie ou en Irak, selon les enquêteurs. L'EI n'a pas revendiqué leurs actes.

Les autres prévenus jugés sont poursuivis pour leurs liens avec les tueurs, leur participation active à la cellule d'Ejjoud et/ou leurs «convictions djihadistes extrémistes», d'après l'acte d'accusation. Six ont côtoyé le chef de la cellule en prison. (ats/nxp)

Créé: 02.05.2019, 14h38

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