Mardi 17 septembre 2019 | Dernière mise à jour 11:47

Justice Scandinaves tuées au Maroc: le procès ajourné

Condamnés une première fois en juillet pour le meurtre d'une Danoise et d'une Norvégienne dans le Haut-Atlas, les 24 accusés sont jugés en appel.

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Le procès en appel de 24 hommes, dont un Suisse, condamnés après la décapitation de deux touristes scandinaves au nom du groupe Etat islamique (EI), a brièvement repris mercredi à Salé, au Maroc. Il a toutefois été ajourné au 18 septembre.

La partie civile a réitéré sa demande de convoquer un prédicateur salafiste, le cheikh Mohamed al-Maghraoui, pour son rôle présumé dans la radicalisation de certains accusés ayant suivi des enseignements dans ses écoles coraniques.

Parlant au nom des parents des victimes, les avocats Khalid el Fataoui et Houssine Raji ont également demandé la convocation de l'ex-ministre de la Justice Mustapha Ramid, actuellement en charge des droits humains, qui avait visité en 2012 une de ses écoles et «s'était adressé à ses étudiants dont certains des accusés», selon Me el Fataoui. Le président du tribunal antiterroriste de Salé n'a pas statué sur cette requête, rejetée en première instance.

Peine capitale

Une étudiante danoise de 24 ans et son amie, une Norvégienne de 28 ans, ont été sauvagement tuées fin 2018 alors qu'elles bivouaquaient dans le Haut-Atlas, à 80 kilomètres de Marrakech (centre).

Les trois principaux prévenus sont passés aux aveux et ont été condamnés en juillet à la peine capitale. Un moratoire sur les exécutions est appliqué de facto depuis 1993. Des peines allant de cinq ans de prison à la perpétuité ont été prononcées contre les autres prévenus, notamment pour «constitution de bande en vue de commettre des actes terroristes».

Hispano-Suisse condamné

Parmi eux, un Hispano-Suisse de 25 ans installé au Maroc après sa conversion à l'islam. Seul étranger du groupe, il a été condamné à 20 ans de prison. Selon la défense, les accusés «espèrent un verdict plus clément» en appel.

Les familles des victimes - qui se sont portées partie civile - demandent, elles, une confirmation des condamnations et la reconnaissance de la responsabilité morale de l'Etat, selon leurs avocats joints par l'AFP.

Abdessamad Ejjoud, un marchand ambulant de 25 ans, a avoué avoir organisé l'expédition meurtrière et avoir décapité une des victimes avec Younes Ouaziyad, un menuisier de 27 ans.

Ce dernier a reconnu avoir tué l'autre jeune fille, tandis que Rachid Afatti, 33 ans, a filmé la scène. Avant de passer à l'acte, le trio avait tourné une vidéo d'allégeance à l'EI avec un quatrième homme, Abderrahim Khayali, 33 ans, lui aussi issu d'un quartier déshérité de Marrakech.

Pas de revendication de l'EI

Les images ont été diffusées sur les réseaux sociaux, comme celles de la décapitation. L'EI n'a jamais revendiqué l'assassinat.

M. Ejjoud, un repris de justice devenu imam, avait réuni un groupe autour de lui après sa sortie de prison en 2015, avec d'anciens compagnons de détention ainsi que des personnes issues d'un milieu modeste, avec un niveau d'instruction très bas et vivant de petits boulots.

Epargné jusqu'à ce double assassinat par les violences liées aux groupes djihadistes, le Maroc avait déjà été meurtri par des attaques à Casablanca (33 morts en 2003) et à Marrakech (17 morts en 2011). (ats/nxp)

Créé: 11.09.2019, 18h54

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