Samedi 24 août 2019 | Dernière mise à jour 01:13

France Un sénateur traite une élue de «point G de Marseille»

Déjà visé par une plainte pour injure sexiste en février, le sénateur RN Stéphane Ravier à une nouvelle fois provoqué l'indignation avec ses propos.

Samia Ghali a annoncé son intention de saisir la justice après les propos de Stéphane Ravier.

Samia Ghali a annoncé son intention de saisir la justice après les propos de Stéphane Ravier. Image: AFP

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La sénatrice socialiste de Marseille Samia Ghali a annoncé samedi son intention de porter plainte pour injure sexiste contre son collègue du Palais Bourbon Stéphane Ravier, deux mois après une première plainte de ce type contre l'élu du Rassemblement national par une élue écologiste marseillaise.

«Propos vulgaires et indécents»

Lors d'une soirée-débat jeudi soir à Marseille en compagnie du polémiste Eric Zemmour, l'élu RN, candidat affiché à la mairie de Marseille en 2020, a fait référence à Madame Ghali en parlant d'elle comme «la sénatrice de Marseille madame Samia G., (...) le point G de Marseille», sous les rires de l'assemblée.

Dès vendredi soir, dans un tweet, Madame Ghali s'était déclarée «en colère et blessée en tant que femme, épouse et mère, par les propos vulgaires et indécents de Stéphane Ravier. (...) Le sexisme est un délit, je saisirai la justice».

Contactée par l'AFP, madame Ghali a confirmé samedi matin sa décision de porter plainte, précisant qu'un constat d'huissier avait été établi pour authentifier la vidéo de l'incident et que la plainte était en cours de rédaction par ses avocats.

Samedi après-midi, une pétition nationale titrée «sexisme, l'indignité nationale» a été publiée, en soutien à Samia Ghali, avec pour premiers signataires le pédopsychiatre Marcel Ruffo, les journalistes Françoise Laborde ou Audrey Pulvar, Pape Diouf, l'ancien président de l'Olympique de Marseille, ou encore Emmanuel Grégoire, Premier adjoint au maire de Paris.

Pas la première fois

M. Ravier avait déjà été visé par une plainte, pour «injure publique sexiste», en février, après ses propos visant l'élue écologiste Lydia Frentzel.

Lors du conseil municipal de Marseille du 4 février, alors que l'intervention de Mme Frentzel (EELV) était chahutée par des élus RN, elle s'était adressée à Stéphane Ravier: «On se verra dans les 13e et 14e arrondissements (l'ex-mairie de secteur de M. Ravier, NDLR) et je viendrai aider les équipes», avait-elle lancé, faisant référence à la prochaine campagne électorale des municipales.

M. Ravier lui avait alors rétorqué: «Au même hôtel, le même jour, à la même heure», suscitant les rires de son groupe.

«Stéphane Ravier a sous-entendu que j'étais une prostituée et que j'avais des relations habituelles avec lui», avait dénoncé Mme Frenzel auprès de l'AFP: «J'ai décidé de porter plainte car on a touché le fond, ça fait quatre ans que je subis les attaques du Front national, je me devais de le faire pour toutes les femmes», a-t-elle expliqué.

«Mes adversaires politiques essaient régulièrement de créer de grotesques polémiques pour tenter de masquer qu'ils n'ont rien à proposer pour sortir notre ville de l'ornière», a réagi M. Ravier face à cette nouvelle plainte, dans les colonnes du quotidien régional La Provence samedi. (afp/nxp)

Créé: 20.04.2019, 20h57

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