Jeudi 14 novembre 2019 | Dernière mise à jour 06:11

Japon Sénatoriales: succès moins large que prévu pour Abe

Le Premier ministre japonais n'a pas remporté une victoire assez large aux sénatoriales pour pouvoir réformer la Constitution.

Shinzo Abe va pouvoir rester Premier minisitre jusqu'à la fin de son troisième mandat grâce à cette victoire.

Shinzo Abe va pouvoir rester Premier minisitre jusqu'à la fin de son troisième mandat grâce à cette victoire. Image: AFP

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La coalition au pouvoir au Japon a remporté une confortable majorité au Sénat lors des élections de dimanche, mais pas suffisante pour garantir l'ultime ambition du Premier ministre Shinzo Abe: réformer la Constitution.

Le Parti libéral-démocrate (PLD, conservateur) présidé par Shinzo Abe s'est arrogé 57 sièges à lui seul, sur les 124 (la moitié de la Chambre haute) en jeu lors de ce scrutin, selon les résultats compilés par la chaîne publique NHK. Son allié, le Komeito, en a 14, d'après la même source.

«Les formations de la majorité ont obtenu la majorité... la population a ainsi décidé que nous devions mener les politiques promises sur fond de stabilité», a déclaré le chef du gouvernement dans la soirée. «Les résultats montrent que les électeurs ont choisi le statu quo», résume Shinichi Nishikawa, politologue de l'Université Meiji.

Abe va rester Premier ministre

En s'offrant un nouveau succès, Shinzo Abe va en théorie pouvoir rester dans son fauteuil de Premier ministre jusqu'à la fin de son troisième mandat de trois ans comme président du PLD, en 2021. En novembre, il deviendra le chef de gouvernement japonais à la plus grande longévité, dépassant le record de Taro Katsura, en poste à trois reprises entre 1901 et 1913.

Toutefois, contrairement aux estimations initiales, ces élections ne lui donnent pas la majorité des deux tiers au Sénat nécessaire pour réviser la charte fondamentale pacifiste, qui n'a jamais été amendée depuis son entrée en vigueur en 1947.

En effet, pour atteindre cette majorité, il avait besoin de remporter, avec le PLD et ses alliés pro-réforme, au moins 85 sièges sur les 124 en jeu durant ce scrutin. La coalition dispose désormais de 141 sièges au sein du Sénat, contre 147 auparavant, et les partisans de la réforme constitutionnelle sont au nombre de 160, contre 164 nécessaires pour atteindre 2/3.

Le Premier ministre, qui veut modifier plusieurs aspects de la Constitution, va donc devoir batailler encore pour convaincre des élus qui n'y sont actuellement pas favorables d'accepter notamment d'y inscrire l'existence de forces armées nationales. Il espère que le débat, qui divise, pourra s'ouvrir franchement après cette étape des sénatoriales.

Pas de rival

Le taux de participation est tombé sous les 50%, autour de 48%, le deuxième plus faible jamais enregistré pour ce type de scrutin, même si quelque 17 millions des 100 millions d'inscrits avaient exprimé leur choix avant dimanche via le système de vote anticipé. Retraite, taxe sur la consommation (qui doit augmenter en octobre), Constitution et éducation étaient les grands thèmes de campagne, mais la suprématie du PLD avait peu de risque d'être entamée.

Le Premier ministre, qui devrait remanier son gouvernement dans les semaines à venir, a promis de mener à bien la hausse de la TVA japonaise. Il veut aussi rendre gratuites les crèches et écoles maternelles et afficher une présence croissante sur la scène internationale.

La cote de popularité de son gouvernement, au pouvoir depuis fin 2012, se situait autour de 45% dans le dernier sondage en date de la NHK, 33% des personnes interrogées se disant au contraire insatisfaites de l'action de l'exécutif. «Je soutiens l'actuel gouvernement car je ne vois pas d'autre choix», a confié à l'AFP une électrice de 45 ans, Yoshiko Iida, reflétant l'opinion d'une partie non négligeable de l'électorat.

«J'ai opté pour un candidat de l'opposition, mais peu importe qui est élu, rien ne changera, je n'ai pas d'attente particulière», disait de son côté Susumu Rokkaku, 85 ans. Shinzo Abe est davantage soutenu par les jeunes, qui aiment la stabilité, que par les personnes âgées, qui s'inquiètent de sa volonté de réviser la Constitution pacifiste. L'opposition, dans un piètre état, est éclatée entre plusieurs petits partis. (afp/nxp)

Créé: 22.07.2019, 03h45

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