Mercredi 20 novembre 2019 | Dernière mise à jour 12:10

Japon Shinzo Abe réélu à la tête de son parti

Avec cette réélection au sein de son parti, le premier ministre japonais s'offre la possibilité de gouverner le Japon jusqu'en 2021.

Shinzo Abe, réélu, peut encore gouverner le Japon trois ans.

Shinzo Abe, réélu, peut encore gouverner le Japon trois ans. Image: Keystone

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Le premier ministre japonais Shinzo Abe a été largement réélu jeudi à la tête de son parti. Il s'offre ainsi la possibilité de rester à la tête du pays encore trois ans et de battre du même coup un record de longévité.

Shinzo Abe a gagné 553 voix des 807 exprimées, dont 329 des 405 députés et sénateurs membres de sa formation, le Parti libéral-démocrate (PLD). Son rival Shigeru Ishiba a obtenu un score honorable chez les représentants des militants et des sympathisants.

Shinzo Abe s'est engagé à mettre en oeuvre ses promesses électorales, notamment un renforcement des infrastructures permettant de mieux résister aux catastrophes naturelles.

Il a également mentionné la charte constitutionnelle, qu'il rêve d'amender pour réaliser l'ambition ultime du PLD depuis sa création en 1955. «Avec vous tous, je veux travailler à la réforme de la Constitution. La bataille (électorale) est finie. Construisons un nouveau Japon en joignant les mains et en nous unissant!», a-t-il lancé.

«L'élection était vue comme un vote de confiance pour juger son travail jusqu'à présent, et Shinzo Abe a réussi à l'emporter. Mais il ne peut pas tant se féliciter du résultat car il n'a pas gagné massivement», a souligné Shinichi Nishikawa, politologue de l'Université Meiji à Tokyo.

Parti divisé

Le parti est divisé en factions dont les élus membres sont disciplinés et votent en fonction de l'orientation donnée par le chef de chacune d'elles, dont beaucoup sont pro-Abe. En revanche, auprès des 1,04 million de sympathisants et militants (dont les votes sont aussi regroupés en 405 voix), Shinzo Abe n'a obtenu que 224 suffrages, contre 181 pour M. Ishiba qui, en théorie, va ainsi pouvoir peser dans le débat au sein du parti.

«M. Abe a néanmoins gagné un billet pour entrer dans les livres d'histoire en tant que premier ministre le plus longtemps en fonction», a souligné M. Nishikawa. Shinzo Abe avait reconnu pendant la campagne que la confiance en son gouvernement avait été en partie affectée par les scandales qui ont occupé la presse depuis deux ans: il a notamment été accusé de favoritisme envers des amis.

Si cette élection au sein du parti revêt une telle importance, c'est que ce scrutin désigne de facto le premier ministre puisque le fauteuil de chef du gouvernement échoit pour ainsi dire automatiquement à celui qui préside la formation majoritaire à la diète. La majorité du PLD est écrasante face à une opposition en lambeaux depuis qu'elle a perdu aux législatives de fin 2012, incapable de se relever d'une gestion jugée désastreuse de l'après-tsunami et de l'accident de Fukushima en mars 2011.

Nombreux défis

Plusieurs défis attendent cependant Shinzo Abe et l'absence de plébiscite des militants devrait, selon des analystes, le contraindre à faire avancer réellement les dossiers économiques. «L'année prochaine, nous aurons le changement d'empereur, puis le sommet du G20 pour la première fois (au Japon) et l'année suivante, nous aurons les Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo», a-t-il lui-même souligné.

Et de signifier qu'il espérait renouveler la performance de 1964 quand les premiers JO de Tokyo avaient donné un élan économique et une stature internationale au Japon. «Nous allons relever le défi de créer la nouvelle place du Japon en renouvelant le pays», a-t-il encore promis.

Outre la nécessité de donner un coup de fouet pour trouver un nouveau moteur de croissance, Shinzo Abe a promis beaucoup pour les femmes (plus d'égalité dans la vie professionnelle), pour les enfants (places de crèche, gratuité d'une partie de la scolarité), pour les salariés (meilleur environnement de travail), pour les personnes âgées (maintien de leur prise en charge, facilité à rester en activité), le tout en pérennisant le système de protection sociale déjà mis à mal.

Or, pour financer cela, il s'est engagé auprès des institutions internationales et de ceux qui s'inquiètent de la dette du pays, à augmenter en octobre 2019 la très impopulaire taxe sur la consommation, qui doit passer de 8% actuellement à 10%. Il lui reste un an pour préparer les esprits. (ats/nxp)

Créé: 20.09.2018, 08h22

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