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Etats-Unis Six millions d'Américains sont privés de vote

En raison d'une condamnation, de nombreux Américains ne pourront se prononcer le 6 novembre lors des élections de mi-mandat.

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En images, les décisions de Trump à la Maison Blanche 2 Dès son intronisation, le nouveau président a signé des décrets souvent controversés qui tranchent avec l'administration Obama. Sa présence à la Maison Blanche continue de faire des remous auprès des citoyens.

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Six millions d'Américains, souvent Noirs, d'origine hispanique ou issus de milieux défavorisés, ne pourront pas voter le 6 novembre prochain: de nombreux Etats retirent leurs droits civiques aux personnes condamnées, privant de facto d'un important vivier électoral le Parti démocrate.

Pour les nombreuses ONG faisant campagne pour la réforme du système, le système est d'autant plus anti-démocratique que les règles en la matière «varient énormément d'un bout à l'autre du pays», qui compte la plus importante population carcérale au monde (2,1 millions), explique Sean Morales-Doyle, expert du Brennan Center for Justice.

Particularités

Le Maine et le Vermont sont les deux seuls Etats où un repris de justice ne perd jamais ses droits électoraux. A l'inverse «vous êtes interdit de vote à vie si vous êtes condamné pour un quelconque crime dans trois Etats: l'Iowa, le Kentucky et la Floride», souligne le juriste.

Et par «crime», le législateur n'entend pas toujours meurtre ou viol. En Floride, cette catégorie englobe aussi le vol de voiture ou la possession de drogue dure.

Voter contre le shérif

Alors que des condamnés réinsérés depuis des dizaines d'années sont toujours privés de droit de vote à certains endroits, dans d'autres des prisonniers peuvent déposer un bulletin dans l'urne. C'est le cas en Californie, où petits délinquants et détenus en attente de jugement pourront élire leurs représentants au Congrès, et même voter contre le shérif qui les a arrêtés.

Sauf que la plupart d'entre eux l'ignorent. Dans les prisons de Los Angeles, «nous avons rencontré beaucoup de gens, parfois même âgés de plus de 60 ans, qui s'inscrivaient pour la première fois!», s'exclame Esther Lim, responsable d'une campagne qui a permis d'ajouter quelque 2000 détenus sur les listes électorales. «On nous disait constamment: 'Je pensais que je ne pouvais pas voter'».

«Peur d'aller voter»

«Toutes ces différences créent une vraie confusion, le citoyen lambda ne sait pas à quoi s'en tenir» et, dans le doute, préfère généralement s'abstenir, déplore M. Morales-Doyle.

A l'inverse, certains exercent à tort leur droit de vote, et s'en mordent les doigts. Crystal Mason, 43 ans, en liberté surveillée après une fraude fiscale, a commis l'erreur de voter en 2016 sans savoir que le code électoral du Texas l'en empêchait. Elle a été condamnée à cinq ans de prison.

«C'est exactement ce qui fait que les gens ont peur d'aller voter alors qu'ils en ont le droit!», s'indigne Sean Morales-Doyle. Beaucoup des condamnés privés de leurs droits électoraux sont d'origine «hispanique» ou Noirs (un sur treize).

Surreprésentés dans le système pénal, les «Noirs américains en âge de voter ont quatre fois plus de risque d'être privés de droit de vote que le reste de la population», relève l'ONG Sentencing Project. Nicole D. Porter, spécialiste des discriminations pour cette ONG, y voit un héritage de l'esclavagisme et de la ségrégation. (ats/nxp)

Créé: 30.10.2018, 13h42

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