Vendredi 18 octobre 2019 | Dernière mise à jour 07:00

Irak Deux attentats font au moins 119 morts et 140 blessés

Deux attaques à la bombe revendiquées par l'EI ont ciblé, dimanche, le quartier de Karrada près d'un restaurant.

L'attaque a frappé une rue commerçante bondée du quartier de Karrada.

L'attaque a frappé une rue commerçante bondée du quartier de Karrada. Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Cent dix neufs personnes ont été tuées dans deux attentats qui ont visé des quartiers populaires de Bagdad dans la nuit de samedi à dimanche. Deux cents autres ont été blessées, selon un bilan fourni dimanche par la police et les services médicaux.

L'attentat le plus meurtrier, revendiqué par l'Etat islamique dans un communiqué diffusé par ses partisans sur les réseaux sociaux, a eu lieu vers minuit dans le secteur commerçant de Karrada. Un camion réfrigéré chargé d'explosifs a été actionné, faisant 119 morts et 140 blessés.

Dans un communiqué diffusé par SITE, le centre américain de surveillance de sites djihadistes SITE, l'EI, une organisation radicale sunnite, a affirmé que l'un de ses combattants avait fait exploser une voiture piégée près d'un rassemblement de chiites. Cette communauté musulmane, majoritaire en Irak, est considérée comme hérétique par l'EI.

Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre un incendie important dans la rue principale de Karrada après l'explosion. Des images tournées par Reuters TV dimanche matin montrent quatre bâtiments sévèrement touchés ou en partie détruits.

Beaucoup d'Irakiens dînent tard en ville durant le mois de jeûne du Ramadan, qui se termine la semaine prochaine.

Chiites visés

Karrada est un quartier à majorité chiite où vit également une petite communauté chrétienne et qui abrite aussi plusieurs mosquées sunnites. La puissante déflagration a provoqué des incendies dans plusieurs immeubles et échoppes et les pompiers tentaient toujours d'éteindre les flammes, douze heures après l'attentat.

Le Premier ministre Haïdar al Abadi s'est rendu en convoi sur le site de l'attentat. Il y a été accueilli par des jets de pierres et de bouteilles de la part d'habitants furieux contre l'incapacité des forces de sécurité à empêcher de tels carnages.

Sur les réseaux sociaux, beaucoup d'internautes accusaient les forces de sécurité de continuer à utiliser de faux détecteurs d'explosifs aux points de contrôle qui filtrent la circulation dans la capitale irakienne, cinq ans après la révélation de cette escroquerie.

Un policier a confirmé que ces détecteurs - baptisés ADE 651 - étaient toujours utilisés. Ils avaient été vendus à l'Irak et d'autres pays par un homme d'affaires britannique qui a été condamné à dix ans de prison en 2013 au Royaume-Uni pour mise en danger de la vie d'autrui à des fins lucratives.

Mesures de sécurité modifiées

Dans la soirée, M. Abadi a annoncé la modification des mesures de sécurité, notamment le retrait des détecteurs d'explosifs contestés. Il a également ordonné au ministère de l'Intérieur d'accélérer le déploiement du «dispositif Rapiscan pour la recherche de véhicules» à toutes les entrées de Bagdad et interdit l'utilisation des téléphones portables au personnel de sécurité en service.

Un second attentat, qui a également eu lieu vers minuit, s'est produit sur un marché dans le quartier chiite d'Al Chaab, dans le nord de la capitale irakienne. Une mine a explosé, faisant deux morts. Ces attentats ont été condamnés par plusieurs pays.

Effacer l'humiliation de Fallouja

Ces nouvelles attaques sont survenues une semaine après la perte par l'EI de son fief de Fallouja, tombé le 26 juin aux mains des troupes progouvernementales soutenues par la coalition internationale, après une offensive de plusieurs semaines.

Les activistes «cherchent à effacer leur humiliante défaite de Fallouja», a déclaré Djassim al Bahadli, ancien officier de l'armée reconverti en expert des questions de sécurité à Bagdad.

«C'était une erreur pour le gouvernement de penser que la source des attentats était confinée à une seule région», a-t-il ajouté. «Il y a des cellules dormantes qui opèrent indépendamment les unes des autres.»

Objectif Mossoul

L'EI s'est emparé en 2014 de larges pans du territoire, mais il a depuis perdu du terrain au profit des forces gouvernementales. La seule grande ville d'Irak que le groupe djihadiste contrôle encore est celle de Mossoul (nord) et plusieurs offensives ont été lancées ou sont en préparation pour tenter de la reprendre.

Vendredi, le Pentagone a annoncé la mort de deux chefs militaires de l'EI, dont «le ministre de la guerre adjoint du groupe». Ils ont été tués le 25 juin dans une frappe de la coalition près de Mossoul.

Leur «élimination» permet de «préparer le terrain pour que les forces irakiennes puissent libérer Mossoul avec le soutien de la coalition», a-t-il dit, alors que l'administration américaine a dit espérer achever la campagne anti-EI avant la fin de l'été 2017. (ats/nxp)

Créé: 03.07.2016, 17h29


Sondage

Elections fédérales: allez-vous voter?



Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.