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Virgin Galactic Crash du SpaceShip2: les experts découvrent une anomalie

L'enquête sur le crash s'oriente vers le déblocage prématuré d'ailerons pivotants sur le vaisseau spatial de Virgin.

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L'enquête sur le crash du vaisseau SpaceShipTwo de Virgin Galactic, au cours duquel est décédé l'un des deux pilotes, s'orientait lundi 3 novembre vers le déblocage prématuré d'ailerons pivotants de la queue de l'appareil.

SpaceShipTwo s'est écrasé vendredi au cours d'un vol d'essai dans le désert de Mojave, au nord-est de Los Angeles, après s'être séparé de son avion de lancement WhiteKnightTwo.

L'accident a entraîné la mort du co-pilote, Michael Alsbury, et blessé grièvement son pilote, Pete Siebold, causant des interrogations sur l'industrie du tourisme de l'espace.

Déblocage prématuré d'ailerons pivotants

Les enquêteurs du NTSB, l'agence fédérale américaine chargée des enquêtes sur les accidents dans les transports, ont fait valoir qu'ils avaient découvert une anomalie.

La queue pivotante de l'appareil sert normalement à ralentir et à stabiliser l'appareil pour un effet descente en «feuille morte». Or, elle a été activée trop tôt et l'appareil a chuté quelques secondes plus tard.

Cette activation est intervenue à une vitesse insuffisante, à Mach 1.0 au lieu de Mach 1.4 habituellement, a fait valoir lors d'une conférence de presse dimanche Christopher Hart, le président du NTSB.

Une «simple piste»

Mais les pilotes n'ont pas activé la seconde commande qui, elle, déclenche effectivement le pivotement de la queue. Du coup, les enquêteurs cherchaient aussi à expliquer pourquoi le vaisseau s'est mis en position de pivot malgré cela, a précisé Christopher Hart.

Il a toutefois averti qu'il s'agissait pour l'instant d'une simple piste, de «faits, pas de la cause» de l'accident, qui prendra «des mois» à déterminer.

Le NTSB a prévu une conférence de presse à 20 heures locales. Virgin Galactic faisait l'objet de vives critiques de la part d'experts aéronautiques.

Plusieurs ingénieurs auraient démissioné

Tom Bower, auteur d'une biographie de Richard Branson, le milliardaire britannique à la tête de l'empire Virgin, a ainsi affirmé sur la radio BBC que plusieurs ingénieurs de l'entreprise spatiale avaient démissionné ces dernières années en raison de leurs inquiétudes sur la sécurité, notamment après l'accident mortel de 2007.

«Tous les ingénieurs en Californie auxquels j'ai parlé qui travaillent sur le projet ont dit que c'était très dangereux», a déclaré Tom Bower.

Carolynne Campbell, spécialiste des fusées de lancement à l'Association internationale pour la promotion de la sécurité spatiale (IAASS), basée aux Pays-Bas, a par ailleurs dit à l'AFP qu'elle avait averti Virgin Galactic «que le moteur de la fusée était potentiellement dangereux».

«Roulette russe»

Le Daily Mail citait par ailleurs un autre expert accusant Virgin Galactic d'avoir joué à la «roulette russe».

«Je n'ai jamais vu autant d'allusions irresponsables et néfastes», a pour sa part fustigé Sir Richard Branson sur la chaîne britannique Sky News.

(Tweet ci-dessus: «Ce n'est pas le moment de spéculer de façon irresponsable. Il s'agit maintenant de se concentrer sur tous ceux affectés par cet accident tragique»)

«C'est incroyablement blessant pour les 400 ingénieurs qui ont travaillé avec tant de courage chez Virgin Galactic», a ajouté le charismatique homme d'affaires.

«Je suis reconnaissant au NTSB d'avoir expliqué que le réservoir et le moteur étaient intacts, montrant qu'il n'y avait pas eu d'explosion, malgré la profusion d'experts autoproclamés affirmant qu'il s'agissait de la cause (de l'accident)», a-t-il poursuivi.

Branson reste déterminé

«Nous ferons en sorte que cela n'arrive plus jamais», a-t-il assuré. «Si l'accident s'était produit alors que nous transportions des passagers, il aurait été très difficile de s'en remettre», a-t-il admis, se disant «déterminé» à poursuivre dans son projet de tourisme spatial.

«Nous ne mènerons aucun vol public tant que moi-même et des membres de ma famille ne seront pas en mesure de voler», a-t-il toutefois martelé. Mais «je suis convaincu qu'un grand avenir attend Virgin Galactic une fois que le NTSB aura indiqué précisément ce qui s'est passé».

600 clients attendent leur vol

Virgin Galactic, pionnière dans le domaine du tourisme spatial, compte déjà plus de 600 clients pour de futurs périples à la frontière de l'espace, avec un coût du billet de 250'000 dollars (241'000 francs) par personne.

Ce prix n'a pas dissuadé les candidats, dont des célébrités comme les acteurs Leonardo DiCaprio et Ashton Kutcher, de réserver leur place. Mais ces derniers pourraient désormais y réfléchir à deux fois.

Interrogé lundi sur la chaîne américaine NBC, Richard Branson a estimé que «nous parlons d'un gros, gros programme, qui a connu un horrible revers, mais je ne pense pas que quiconque examinant ce programme souhaite que nous y mettions un terme à ce stade». (ats/nxp)

Créé: 03.11.2014, 21h40

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