Jeudi 9 juillet 2020 | Dernière mise à jour 20:09

Espace SpaceX: le décollage de la fusée est reporté

Les deux astronautes de la Nasa étaient prêts pour le décollage ce soir à 22h33, heure suisse, depuis la Floride. Mais la pluie et des orages obligent son report à samedi. Ou dimanche.

Le décollage de la fusée Falcon 9 de SpaceX était prévu ce mercredi à 16h33 (heure locale), soit à 22h33 heure suisse. Mais il est reporté.

Le décollage de la fusée Falcon 9 de SpaceX était prévu ce mercredi à 16h33 (heure locale), soit à 22h33 heure suisse. Mais il est reporté.

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Le compte à rebours s’est arrêté ce mercredi au centre spatial Kennedy en Floride pour le premier vol habité de la société privée SpaceX, dont une fusée qui devait lancer deux astronautes de la Nasa vers la Station spatiale internationale, et écrire une nouvelle page de l'histoire spatiale.

Un report à samedi a été décidé en raison des orages. En cas de nouveau report, une autre fenêtre de tir serait possible dimanche.

L'écoutille de la capsule Crew Dragon, entièrement conçue par SpaceX, avait été refermée sur l'équipage, Doug Hurley et Bob Behnken, attachés dans leurs sièges, un peu plus de deux heures avant le décollage. La capsule est fixée au sommet d'une fusée Falcon 9 de la société. Ses moteurs devaient s'allumer à 16h33 (22h33 en Suisse).

En direct pour la première fois

Pour la première fois, l'agence spatiale retransmet en direct des images de l'intérieur de la capsule pendant les préparatifs. On y a vu les deux astronautes, meilleurs amis dans la vie, procéder à diverses vérifications dans leurs sièges, côte à côte, dans leurs combinaisons blanches ornées d'un drapeau américain, et des logos Nasa et SpaceX.

Avant de partir vers le lancement, ils ont pu dire au revoir à leurs femmes et leurs jeunes fils. Elon Musk dit avoir dit aux deux garçons: «Nous avons fait tout ce que nous pouvions pour que vos papas reviennent.»

Si le temps ne se dégageait pas, la prochaine fenêtre possible pour se coordonner avec la station spatiale est samedi.

Sanglés au-dessus d'une fusée de 70 mètres de hauteur remplie de kérosène, les deux hommes s'envoleront du pas de lancement numéro 39A d'où décollèrent Neil Armstrong et ses coéquipiers d'Apollo. Ils devraient arriver à la station spatiale 19 heures plus tard.

«Evénement monumental»

Bob Behnken et Doug Hurley étaient en quarantaine depuis deux semaines. Malgré le confinement, le vol a été maintenu, et des touristes et passionnés se sont installés sur les plages du littoral.

«On a pris toutes les précautions possibles pour voir cet événement monumental», dit Kyle Rodriguez, ingénieur spécialisé dans les robots, venu avec son épouse lundi de San Francisco. «Les billets n'étaient pas chers.»

Space Exploration Technologies Corp., fondée dans le but de casser les règles du jeu de l'industrie aérospatiale, a gagné pas à pas la confiance de la plus grande agence spatiale de la planète.

Elle était devenue en 2012 la première société privée à amarrer une capsule cargo à l'ISS, qu'elle ravitaille depuis régulièrement. Deux ans plus tard, la Nasa lui commandait la suite: y acheminer ses astronautes, dès «2017», en adaptant la capsule Dragon.

«Si cela se passe mal, ce sera de ma faute», a dit Elon Musk sur CBS.

Trois milliards de dollars

L'agence spatiale a payé plus de trois milliards de dollars pour que SpaceX conçoive, construise, teste et opère sa capsule, réutilisable, pour six futurs allers-retours spatiaux. Le développement a connu des retards, des explosions, des problèmes de parachutes, mais SpaceX a battu le géant Boeing, également payé pour fabriquer une capsule (Starliner), toujours pas prête.

L'investissement, décidé pour le cargo sous la présidence Bush et pour les astronautes par Barack Obama, est jugé fructueux par rapport aux dizaines de milliards qu'ont coûté les systèmes précédents développés par la Nasa.

«Une réussite monumentale», a abondé Jim Bridenstine, patron de la Nasa, en rendant hommage à la créativité et à la persévérance de la société, à qui elle confie désormais sa ressource la plus précieuse, ses astronautes.

Crew Dragon est une capsule comme Apollo, mais version XXIe siècle. Des écrans tactiles ont remplacé boutons et manettes. L'intérieur est dominé par le blanc, l'éclairage plus subtil. «C'est sûr que tous les pilotes du monde auront plus confiance si vous leur donnez un joystick que si vous leur donnez un iPad!», a plaisanté Thomas Pesquet, l'astronaute français qui pourrait être le premier Européen à voyager à bord du Dragon, en 2021.

Rien à voir avec les immenses navettes spatiales, immenses vaisseaux ailés qui ont servi de 1981 à 2011.

Contrairement aux navettes, dont une a explosé en 1986 après le décollage (Challenger), Dragon peut s'éjecter en urgence si la fusée a un problème.

400 kilomètres d’altitude

Crew Dragon a pour mission de rattraper la station, à 400 kilomètres d'altitude, où elle pourrait rester amarrée jusqu'en août.

Si elle remplit sa mission et est certifiée sûre, les Américains ne dépendront plus des Russes pour accéder à l'espace: depuis 2011, les Soyouz étaient les seuls taxis spatiaux disponibles. Les acheminements depuis la Floride redeviendront réguliers, avec quatre astronautes à bord.

Et SpaceX sera libre d'organiser des voyages spatiaux pour touristes avec la capsule, moyennant un billet qui coûtera sans doute quelques dizaines de millions de dollars la place.

(afp/nxp)

Créé: 27.05.2020, 19h40

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