Jeudi 5 décembre 2019 | Dernière mise à jour 15:25

Bruxelles Succession de Juncker: Ursula von der Leyen élue

L'Allemande Ursula von der Leyen a été élue mardi de justesse par les eurodéputés présidente de la Commission européenne, devenant la première femme à la tête de l'exécutif européen.

Ursula von der Leyen.

Ursula von der Leyen. Image: AFP

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A la tête de l'armée allemande depuis près de six ans, cette femme énergique et francophile de 60 ans fut un temps considérée comme la dauphine toute désignée de la chancelière allemande. Angela Merkel l'a nommée ministre dans chacun de ses quatre gouvernements (2005-2019).

Une série de scandales ont cependant éclaboussé la Bundeswehr et son ministère depuis: matériel obsolète, sous-investissements, experts surpayés, essor de l'extrême droite dans les rangs... Si bien que le verdict des Allemands est dur : selon un sondage récent du quotidien «Bild», elle est considérée comme l'une des deux ministres les moins compétents du gouvernement.

Malgré cette image écornée, Ursula von der Leyen se rendra à Bruxelles, la ville qui l'a vue naître et grandir jusqu'au début de l'adolescence, avec un atout important: la confiance de Paris et Berlin.

Carrière spectaculaire

Par ailleurs, outre l'allemand, la responsable politique parle couramment le français et l'anglais. Elle a perfectionné cette dernière langue en Californie, où son mari a enseigné pendant plusieurs années dans la prestigieuse université de Stanford.

La carrière politique de «Röschen» (petite rose), son surnom en famille, est spectaculaire, même pour la fille d'un baron de la politique régionale allemande, Ernst Albrecht. Ce n'est en effet qu'en 2002, après les Etats-Unis, qu'elle se lance pour un mandat local dans la région de Hanovre. Trois ans plus tard elle était ministre du Travail.

Femme énergique et tenace - certains la diront cassante -, ce caractère a eu du mal à passer dans le monde très masculin de l'armée. Elle s'est aussi mis à dos une partie de la hiérarchie militaire pour avoir dénoncé des «faiblesses» et un «esprit de corps mal placé», après l'arrestation en 2017 d'un officier soupçonné de préparer un attentat contre des étrangers.

La ministre a aussi été soupçonnée un temps en 2015 de plagiat de son doctorat. Ce sujet très sensible en Allemagne a causé la chute de plusieurs responsables politiques.

Bousculer l'armée

Première femme à occuper le poste prestigieux de ministre de la Défense, Ursula von der Leyen a aussi bousculé la vénérable institution. Elle a ainsi imposé de mettre fin à la tradition des honneurs faits à des officiers ayant servi Hitler, comme le général Erwin Rommel connu pour sa campagne en Afrique du Nord durant la Seconde guerre mondiale et surnommé «le Renard du désert».

La ministre a aussi multiplié les visites aux forces allemandes en Afghanistan ou en Irak.

Mère de sept enfants

Médecin de formation, elle est mère de sept enfants. Dans un pays où il reste difficile pour une femme de concilier carrière professionnelle et enfants, elle fit régulièrement la Une des magazines avec eux au point d'être accusée d'instrumentaliser son clan. Au sein du parti chrétien-démocrate (CDU), elle s'est opposé à son propre camp sur certains dossiers. Elle a réclamé par exemple des quotas de femmes au sein de la direction des grandes entreprises.

Dans un pays frappé de vieillissement et où la natalité est en fort déclin, Ursula von der Leyen reste aussi la «mère» du salaire parental dont peuvent bénéficier les Allemands pendant les 14 mois suivant une naissance. (ats/nxp)

Créé: 16.07.2019, 19h41

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