Samedi 14 décembre 2019 | Dernière mise à jour 05:33

France Suicides en série: France Telecom devant les juges

L'entreprise française et son ex-patron sont jugés pour «harcèlement moral», après la vague de suicides de salariés à la fin des années 2000.

À l'époque, les propos du patron de France Telecom avaient choqué l'opinion public.

À l'époque, les propos du patron de France Telecom avaient choqué l'opinion public. Image: Archives/AFP

Suicidaire? Faites-vous aider!

«Chercher de l'aide n'est pas un aveu de faiblesse ! C'est un démarche courageuse et positive», affirme l’association Stopsuicide ( https://www.stopsuicide.ch/site/content/trouver-de-laide ), dont la mission est de parler, faire parler, informer, sensibiliser et augmenter les possibilités de prévention.

N'hésitez pas à téléphoner, notamment aux structures suivantes : «La Main Tendue» (composer le 143), la «Ligne d'aide pour jeunes» (composer le 147), «Malatavie Ligne Ados» (HUG - Children Action), 022 372 42 42.

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Les juges d'instruction ont ordonné un procès pour «harcèlement moral» contre France Telecom et son ancien PDG Didier Lombard dans l'affaire de la vague de suicides de salariés au sein de l'entreprise française à la fin des années 2000, a appris l'AFP vendredi de source proche du dossier. Frappée par une épidémie de suicides en 2008 et 2009, France Telecom a été la première entreprise du CAC 40 inculpée pour harcèlement moral.

«Climat professionnel anxiogène»

Au côté de l'ex-patron de France Telecom, devenu Orange, six autres dirigeants et cadres sont renvoyés devant le tribunal correctionnel de Paris, dont quatre pour «complicité» de harcèlement moral au travail, selon l'ordonnance des juges datée du 12 juin dont a eu connaissance l'AFP. Il s'agit de la première affaire de harcèlement moral institutionnalisé qu'aura à trancher un tribunal français, neuf ans après les premières plaintes.

«Incitations répétées au départ», mobilités «forcées», missions «dévalorisantes», «isolement»: dans leur ordonnance de plus de 650 pages, les juges ont retenu une longue liste de pratiques répétées qui constituent selon eux, «une politique d'entreprise visant à déstabiliser les salariés» et «à créer un climat professionnel anxiogène».

«Par la fenêtre ou par la porte»

La procédure judiciaire avait retenu le cas de 39 salariés: 19 se sont suicidé, douze ont tenté de le faire, et huit ont subi un épisode de dépression ou un arrêt de travail.

L'affaire avait éclaté en septembre 2009 avec la première plainte du syndicat Sud-PTT, suivie d'autres.

A l'époque engagé dans le délicat virage de la privatisation et des nouvelles technologies, le groupe voulait supprimer 22'000 postes entre 2006 et 2008 et procéder à 10'000 changements de métier.

Des propos de Didier Lombard à l'époque avaient marqué les esprits. «Ce sera un peu plus dirigiste que par le passé (...) En 2007, je ferai les départs d'une façon ou d'une autre, par la fenêtre ou par la porte», avait-il lâché en octobre 2006 devant l'association des cadres supérieurs et dirigeants de France Telecom (Acsed).

Dans un communiqué vendredi, le syndicat CFE-CGC, partie civile, «se félicite de cette décision» mais «regrette cependant que le chef d'homicide involontaire n'ait pas été retenu» par les juges. (ats/nxp)

Créé: 15.06.2018, 22h00

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