Jeudi 2 juillet 2020 | Dernière mise à jour 20:44

Géopolitique La Syrie, «plus grosse crise dans le monde»

C'est en ces termes que l'ONU a évoqué la situation dans la région d'Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie, mardi.

L'ONU évalue à près d'un million de personnes dont plus de la moitié sont des enfants le nombre de déplacés dans le nord-ouest de la Syrie depuis début décembre.

L'ONU évalue à près d'un million de personnes dont plus de la moitié sont des enfants le nombre de déplacés dans le nord-ouest de la Syrie depuis début décembre. Image: Keystone

Des zones du nord-ouest sont devenues inhabitables

Les combats dans le nord-ouest de la Syrie ont rendu de vastes zones de la région d'Idleb inhabitables pour les civils, déplacés en masse dans un secteur de plus en plus restreint et vivant dans des conditions désastreuses, selon un rapport publié mercredi. Le centre de recherches Harvard Humanitarian Initiative (HII) a analysé des images satellite de villes et camps dans la province d'Idleb, où le régime syrien mène une offensive d'envergure depuis décembre. «Dans les zones examinées, les chercheurs ont estimé qu'environ un tiers des bâtiments ont été endommagés de manière significative ou détruits», selon un communiqué accompagnant le rapport écrit par le HII, le centre de l'université américaine Harvard, avec les ONG Save the Children et World Vision. «Après la fuite d'une majorité des habitants de ces zones avant ou durant l'offensive, les destructions de maisons et d'infrastructures vitales rendront quasiment impossible un retour des familles dans un futur proche», affirme le rapport. Les images satellite analysées dans le rapport montrent aussi des champs agricoles se remplir en quelques mois de camps pour les déplacés, ainsi que des villes et villages détruits.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

La situation dans la région syrienne d'Idlib représente «la plus grosse crise aujourd'hui dans le monde», a affirmé mardi un responsable de l'ONU au lendemain d'une mission d'évaluation humanitaire dans le nord-ouest de la Syrie. Cette dernière avait été réclamée par le secrétaire général de l'ONU.

«Nous sommes confrontés à une crise humanitaire réellement majeure», a déclaré Kevin Kennedy, coordonnateur régional de l'ONU pour la crise en Syrie. «Nous - nations, ONG - qui travaillons via la frontière entre la Turquie et la Syrie, intensifions nos efforts» mais «avons un long chemin à faire, les besoins sont accablants», a-t-il ajouté lors d'une liaison vidéo avec des journalistes à New York.

Lundi, Kevin Kennedy s'est rendu dans le nord-ouest de la Syrie avec des représentants de six agences de l'ONU (HCR, Unicef, PAM, OMS...) pour une mission d'évaluation. Ses conclusions pourraient éventuellement conduire à établir une présence de l'ONU dans le nord-ouest de la Syrie. «La violence doit s'arrêter et nous avons besoin d'une solution politique», a insisté le responsable onusien. «Des gens meurent tous les jours, des enfants meurent de froid». «Cela ne s'arrêtera qu'avec l'arrêt des tirs», a-t-il estimé.

Un million de déplacés

Le nombre de personnes vivant dans la région d'Idlib, dont le régime syrien veut reprendre le contrôle à des djihadistes et des opposants, est estimé à trois millions de personnes dont un million d'enfants. Plus de 6000 membres d'ONG leur viennent en aide, mais 2000 de plus ne seraient pas superflus, a précisé Kevin Kennedy.

Lors d'une conférence de presse séparée, Robert Mardini, représentant auprès de l'ONU du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a aussi souligné que «les besoins étaient énormes et devenaient de plus en plus importants».

«C'est la pire vague de personnes déplacées depuis le début du conflit» en Syrie en 2011, a-t-il relevé, en soulignant que de nombreuses familles à Idlib, bloquées par des handicaps, n'avaient pas la faculté de fuir et restaient coincées sans aide possible dans des zones bombardées régulièrement. L'ONU évalue à près d'un million de personnes dont plus de la moitié sont des enfants le nombre de déplacés dans le nord-ouest de la Syrie depuis début décembre. (ats/nxp)

Créé: 04.03.2020, 00h43

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.