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Santé publique Tabac: la pression monte contre l'OIT

Les ONG font monter la pression pour que l'Organisation internationale du travail coupe ses liens avec les fabricants de tabac.

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Une centaine d'organisations à travers le monde ont appelé l'Organisation internationale du travail à ne plus accepter de fonds venant de fabricants de tabac, alors que cette instance de l'ONU a entamé mercredi des discussions à ce sujet.

Dans une lettre adressée mardi au conseil d'administration de l'OIT, ces organisations anti-tabac et de défense de la santé ont averti que l'OIT risquait de «ternir sa réputation et l'efficacité de son action» si elle ne rompait pas ses liens avec l'industrie du tabac.

L'agence de l'ONU chargée d'établir des normes internationales du travail a été critiquée à de multiples reprises pour ses partenariats avec des fabricants de tabac. Elle a aussi été accusée de compromettre les efforts en vue de réguler l'usage du tabac et de réduire ses impacts négatifs sur la santé.

Ces prochains jours, le conseil d'administration de l'OIT devrait décider s'il rejoint d'autres agences de l'ONU - en particulier l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) - pour refuser de collaborer avec cette industrie. L'incertitude règne toutefois car cette décision a été reportée trois fois en moins de deux ans.

Espoir d'un accord

Les débats ont débuté mercredi mais «la discussion va continuer demain (jeudi)», a indiqué à l'AFP un porte-parole de l'OIT. Elles pourraient se poursuivre jusqu'au 8 novembre, date de clôture de la réunion.

En mai, le directeur de l'OIT, le Britannique Guy Ryder, avait dit dans un entretien à l'AFP espérer qu'un «accord» puisse être trouvé en novembre, soulignant néanmoins la réticence de «certains pays africains et, en particulier, comme on pourrait s'y attendre, des producteurs de tabac».

L'OIT est une agence tripartite de l'ONU, réunissant des représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs de 187 Etats membres, mais au sein de son conseil d'administration, les gouvernements ont deux fois plus de sièges que les deux autres catégories.

Deux partenariats

L'OIT a jusqu'à présent expliqué ses liens avec les producteurs de tabac en disant que cela lui donnait un moyen d'aider à améliorer les conditions de travail de quelque 60 millions de personnes employées dans la culture du tabac et la production de cigarettes dans le monde.

L'agence de l'ONU a reçu depuis 2011 plus de 15 millions de dollars de la société Japan Tobacco International et de groupes liés à quelques-uns des plus grands fabricants de tabac pour «des partenariats de bienfaisance» destinés à réduire le travail des enfants dans les champs de tabac.

Le premier partenariat (ECLT), établi avec British American Tobacco, Philip Morris International et d'autres groupes à hauteur de 5 millions de dollars, a expiré en juin mais l'OIT a permis au programme de se poursuivre (sans financement supplémentaire) jusqu'à ce qu'une décision globale sur les liens avec l'industrie du tabac soit prise.

«Impact symbolique»

Le second partenariat établi par l'OIT avec l'industrie du tabac concerne Japan Tobacco International (JTI), qui a investi 10 millions de dollars. Il arrive à échéance en décembre. Cela «donne à l'OIT l'occasion de repartir à zéro en 2019», font valoir les ONG dans leur lettre.

JTI juge au contraire qu'une rupture des liens avec l'OIT serait regrettable, faisant valoir que son partenariat (ARISE) avait permis depuis 2011 de retirer 39'000 enfants des champs de tabac au Malawi, Tanzanie, Zambie et Brésil et de les scolariser.

Mais les auteurs de la lettre soulignent que ces projets n'ont qu'un «impact symbolique» sur cette pratique et accusent les entreprises concernées d'utiliser ces projets «pour couvrir les abus (...) dans l'industrie du tabac». (afp/nxp)

Créé: 31.10.2018, 23h50

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