Mercredi 13 novembre 2019 | Dernière mise à jour 12:56

Nucléaire iranien Téhéran accroît son taux d'uranium, l'UE s'inquiète

L'augmentation du degré d'uranium enrichi par l'Iran suscite des inquiétudes au niveau international.

Les autorités iraniennes déclarent que toutes les options sont sur la table concernant le différend sur le nucléaire.
Vidéo: AFP

Un conseiller de Macron en Iran

Le conseiller diplomatique d'Emmanuel Macron, Emmanuel Bonne, ira en Iran mardi et mercredi pour rencontrer les autorités iraniennes afin d'oeuvrer à une «désescalade», a indiqué l'Elysée lundi.

M. Bonne «se rend à Téhéran pour assembler les éléments d'une désescalade, avec des gestes qui doivent être faits immédiatement avant le 15 juillet», a ajouté la présidence française sans autre précision, après que Téhéran a annoncé produire de l'uranium enrichi à au moins 4,5%, au-delà de la limite autorisée par l'accord de 2015 sur son programme nucléaire.

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L'Iran a annoncé lundi produire désormais de l'uranium enrichi à au moins 4,5%, au-delà de la limite autorisée par l'accord de 2015 sur son programme nucléaire. Il a mis en garde les Européens contre toute réaction susceptible d'envenimer la situation.

Se disant très «préoccupée» par les dernières annonces iraniennes, l'Union européenne a de son côté exhorté «fortement l'Iran à cesser (...) ses activités qui sont contraires aux engagements pris dans le cadre» de l'accord de Vienne, et à «revenir» aux termes de ce pacte.

Cité par l'agence semi-officielle Isna, le porte-parole de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), Behrouz Kamalvandi, avait peu auparavant indiqué que «le degré de pureté» de l'uranium enrichi produit par l'Iran atteignait désormais «4,5%».

Téhéran avait annoncé dimanche avoir commencé à enrichir l'uranium à un degré supérieur à la limite de 3,67% imposée par l'accord de Vienne.

«Activités pacifiques»

D'après Ali Akbar Vélayati, conseiller du guide suprême iranien, les besoins du pays pour ses «activités (nucléaires) pacifiques», à savoir l'alimentation en combustible de sa seule centrale électrique atomique correspondent à de l'uranium enrichi à 5%. Ce niveau reste loin des 90% nécessaires pour envisager la fabrication d'une bombe atomique.

La décision iranienne fragilise encore davantage l'accord de Vienne, mis à mal depuis que les Etats-Unis sont sortis unilatéralement de ce pacte en mai 2018 avant de rétablir des sanctions économiques contre Téhéran.

En riposte au retrait américain, l'Iran a annoncé le 8 mai qu'il commençait à s'affranchir de certains engagements pris à Vienne, afin de forcer les parties restantes à l'accord (Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne et Russie) à l'aider à contourner les sanctions américaines. Celles-ci privent l'Iran des bénéfices économiques qu'il attendait de ce pacte, par lequel il a accepté de réduire drastiquement ses activités nucléaires.

«Grande inquiétude»

Lundi, le porte-parole des Affaires étrangères, Abbas Moussavi a adressé une mise en garde à Paris, Londres et Berlin. Si ces trois capitales «devaient se comporter de manière étrange et inattendue alors nous sauterions toutes les étapes suivantes (du plan de réduction des engagements annoncé en mai) et nous mettrions en oeuvre la dernière», a-t-il dit, sans préciser la nature de cette ultime étape.

Dans des communiqués distincts, Londres et Berlin avaient exhorté dimanche Téhéran à revenir sur sa décision. Paris a fait part de sa «grande inquiétude» et demandé à l'Iran de cesser toute activité «non conforme» à l'accord.

Téhéran a donné dimanche 60 jours aux partenaires de l'accord de Vienne pour répondre à ses demandes sous peine de voir l'Iran s'affranchir d'autres engagements pris à Vienne. Au bout de ce délai, «toutes les options» seront sur la table, a dit M. Moussavi, y compris une sortie de l'accord de Vienne et du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP).

«Engager le dialogue»

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a confirmé lundi que l'Iran a commencé à enrichir de l'uranium à un niveau prohibé. «Les inspecteurs de l'Agence ont vérifié le 8 juillet que l'Iran enrichit de l'uranium au-delà de 3,67%», a indiqué un porte-parole de l'agence dans un communiqué.

«Ce que peut maintenant faire l'Europe, c'est engager le dialogue avec Téhéran, obtenir des concessions iraniennes, les porter à Washington et obtenir là-bas également des gestes de conciliation», estime Sanal Vakil, du cercle de réflexion Chatham House. Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo ayant promis dimanche à l'Iran «plus d'isolement et de sanctions», la marge de manoeuvre européenne semble a priori étroite.

A Pékin, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a estimé que «la pression maximale des Etats-Unis sur l'Iran (est) la source de la crise nucléaire iranienne». La Russie, pourtant alliée de la République islamique, a appelé Téhéran à «ne pas céder à l'émotion» et à respecter «les dispositions essentielles» de l'accord sur le nucléaire malgré les pressions américaines. (afp/nxp)

Créé: 08.07.2019, 14h37

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