Jeudi 14 décembre 2017 | Dernière mise à jour 19:43

Brexit Theresa May a 48 heures pour sauver sa tête

La première ministre britannique est sommée de trouver une solution au dossier irlandais cette semaine encore. Sinon, elle pourrait bien perdre son poste au 10 Downing Street.

Un gouvernement accusé de dilettantisme

Le ministre britannique du Brexit David Davis a provoqué la stupeur et des appels à sa démission après avoir reconnu devant des députés que ses services ne disposaient pas «d'étude d'impact» secteur par secteur de la sortie de l'UE.

Alors qu'il était entendu par la Commission sur le Brexit de la chambre des Communes, M. Davis a tenté de se justifier en affirmant que l'intérêt d'une telle étude était «proche de zéro», étant donné le «changement radical» que provoquera le Brexit, un choc comparable, selon lui, à la crise financière de 2008.

David Davis s'exprimait dans le cadre d'une audition de la commission dont l'ordre du jour visait à éclairer la représentation parlementaire sur les moyens mis en oeuvre par le gouvernement pour jauger les conséquences de la sortie de l'UE.

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Theresa May doit absolument trouver une solution à l'impasse irlandaise avant la fin de la semaine dans le dossier du Brexit. Sans quoi, la Première ministre britannique risque bien d'être remplacée au 10 Downing Street avant Noël, estime la presse outre-Manche.

Les divisions sont désormais telles au cœur du gouvernement que The Sun évoque même des manœuvres en coulisses pour évincer Theresa May.

Des poids-lourds conservateurs agissent pour la remplacer par David Davis, le ministre chargé de négocier le Brexit avec Bruxelles. «Il flotte comme une odeur de mort autour de Theresa May, elle sera partie avant Noël», selon les déclarations de l'un d'entre eux, rapportées par le tabloïd britannique.

David Davis ou... Boris Johnson

Mais les partisans d'un Brexit dur, dénommés «Brexiteers» outre Manche, trouvent le ministre trop mou et lui préfèrent une de leur figure de proue, à savoir Boris Johnson, assure le Telegraph. Le ministre des Affaires étrangères ne manque en effet jamais une occasion d'afficher son désaccord sur la façon dont Theresa May gère les négociations.

Un scenario catastrophe pour Jean-Claude Juncker, qui craint que le cabinet de Theresa May ne soit renversé la semaine prochaine si aucune solution n'est trouvée, souligne le quotidien britannique.

Le blocage irlandais

La pression est montée après que Michel Barnier, le chef négociateur de la Commission européenne pour le Brexit, a exigé une réponse de Londres sur l'Irlande. Sinon le sommet européen des 14 et 15 décembre ne pourra pas décider d'ouvrir la deuxième phase des négociations.

La Commission européenne a toutefois accordé un petit délai à la Première ministre, ainsi que l'a confirmé son porte-parole Margaritis Schinas. «Nous sommes prêts à recevoir la Première ministre May à tout moment quand ils (les Britanniques) seront prêts», a-t-il ajouté. «Cela devra avoir lieu cette semaine (...) notre semaine inclut dimanche».

Le petit parti unioniste nord-irlandais DUP, sans lequel Theresa May perd sa majorité au Parlement, continue de bloquer le dossier, affirmant qu'il n'approuverait jamais «une situation où l'Irlande du Nord serait différente du reste du Royaume-Uni». Il refuse tout rapprochement des réglementations de la province britannique d'Irlande du Nord avec celles de la République d'Irlande après le Brexit.

Un calendrier très serré

La situation est d'autant plus critique pour le cabinet britannique que si le blocage perdure, tout le calendrier de négociation sera chamboulé. La décision européenne de passer à la phase commerciale des discussions avec Londres serait dès lors repoussée à la prochaine réunion des ministres en mars 2018, soit un an à peine avant le déclenchement du Brexit.

Une réunion d'urgence en janvier ou en février est toujours possible mais le quotidien britannique The Guardian estime que ce délai pourrait être trop court pour apaiser les inquiétudes des entreprises face au Brexit à venir. (nxp)

Créé: 07.12.2017, 11h14


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