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Royaume-Uni Theresa May promet un Brexit «dans les temps»

L'inquiétude demeure sur la forme que pourrait prendre le Brexit à la fin mars, le président du Conseil européen Donald Tusk n'ayant fait état d'«aucune percée».

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Bruxelles et Londres, toujours bloqués sur la question du filet de sécurité irlandais, ont convenu jeudi d'avoir de nouvelles «discussions» pour sortir de l'impasse sur le Brexit, à l'issue de conversations «musclées mais constructives» entre Theresa May et les dirigeants de l'Union européenne.

La première poignée de main de la journée, avec le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, avait été polie, sans un mot. A l'issue d'une série de réunions avec les hauts responsables de l'UE, Theresa May a qualifié ses conversations de «musclées mais constructives». Et dit qu'elle ferait en sorte que le Brexit intervienne «dans les temps», le départ du Royaume-Uni étant programmé pour dans moins de deux mois, le 29 mars.

«Ca ne va pas être facile, mais, c'est essentiel, le président Juncker et moi-même avons convenu que des discussions allaient commencer pour trouver une façon d'y parvenir», a déclaré Mme May après son dernier rendez-vous de la journée, avec le président du Conseil européen Donald Tusk.

Ce dernier a sèchement résumé la rencontre sur Twitter : «Toujours pas de percée en vue. Les discussions se poursuivent».

Des demandes britanniques floues

En vertu de la déclaration commune rendue publique par Theresa May et Jean-Claude Juncker, les discussions à venir doivent permettre de voir s'il est possible de trouver une solution qui recueillerait à la fois une majorité suffisante au Parlement britannique et «respecterait» les orientations fixées par les 27 partenaires du Royaume-Uni au sein de l'UE.

Rendez-vous est déjà pris : le négociateur en chef de l'UE Michel Barnier va rencontrer lundi à Strasbourg - où le Parlement européen sera en session plénière - le ministre chargé du Brexit Steve Barclay. Une première rencontre à ce niveau politique depuis la fin des négociations en novembre sur l'accord de retrait.

La réunion pourrait permettre de préciser les demandes britanniques, toujours «pas claires à ce stade», selon une source européenne. Une nouvelle rencontre entre Theresa May et Jean-Claude Juncker est aussi prévue pour «avant la fin du mois de février», a annoncé la Commission.

La tâche de Mme May jeudi s'annonçait difficile, de son propre aveu, tant les Européens ont averti à de multiples reprises que l'accord de retrait n'était pas renégociable. Mais tous continuent d'affirmer vouloir éviter le scénario redouté d'un Brexit sans accord le 29 mars. Au final, les deux parties ont campé sur leurs positions.

Theresa May a répété jeudi qu'elle voulait des «modifications légalement contraignantes» de cet accord, afin de répondre aux «inquiétudes du parlement» britannique sur le «backstop», le filet de sécurité imaginé pour éviter un rétablissement de la frontière entre les deux Irlande.

Ce à quoi Jean-Claude Juncker lui a répondu, une nouvelle fois, que «les 27 ne rouvriront pas l'accord de retrait, qui est un compromis soigneusement équilibré entre l'UE et le Royaume-Uni, dans lequel les deux parties ont fourni des concessions importantes pour parvenir à un accord».

Seul point sur lequel les Européens sont prêts à des modifications : la déclaration politique qui accompagne l'accord de retrait dans laquelle il est possible d'être «plus ambitieux en termes de contenu et de rapidité en ce qui concerne la relation future» entre Bruxelles et Londres, selon le communiqué.

Mme May argumente que seules des modifications contraignantes permettront d'obtenir le feu vert de son parlement. M. Juncker rappelle que tout nouveau texte devra aussi être accepté par les 27 et par le Parlement européen, très attaché à la présence d'une clause de sauvegarde sur l'Irlande.

«Mme May nous a assuré qu'il y aura un backstop, ce qu'elle avait déjà dit à Belfast, qu'il n'était pas question de le retirer», a précisé Guy Verhosftadt, qui préside le groupe Brexit au Parlement européen.

Piège du filet de sécurité

La Première ministre veut toutefois s'assurer que son pays ne sera pas «piégé» dans ce «filet de sécurité», a souligné Downing Street. Cette disposition a été introduite dans l'accord de retrait en tant que solution de dernier recours destinée à éviter le retour à une frontière physique sur l'île d'Irlande.

Elle prévoit que le Royaume-Uni resterait dans une union douanière avec l'UE, et la province britannique d'Irlande du Nord dans le marché unique pour les biens, afin d'éviter des contrôles douaniers et réglementaires physiques, si aucune autre solution n'était trouvée au cours des négociations sur les futures relations entre Londres et l'UE.

Mme May n'est pas allée à Bruxelles avec une offre déterminée. Selon Downing Street, trois modifications sont envisagées sur le «backstop» : une limite dans le temps, une sortie unilatérale décidée par le Royaume-Uni ou un plan proposé par des députés reposant notamment sur l'utilisation de technologies pour des contrôles douaniers dématérialisés.

Le président du Parlement européen Antonio Tajani, qui a également vu Mme May, a exprimé son inquiétude. «Nous sommes très inquiets de nous trouver à quelques semaines d'une catastrophe économique et humaine que serait la réalité d'un Brexit sans accord», a-t-il mis en garde.

La Banque d'Angleterre a sabré jeudi ses prévisions de croissance pour 2019, en particulier face à l'incertitude autour du Brexit qui «s'est intensifiée», et prévenu que l'économie britannique n'était «pas prête» à une sortie sans accord. (afp/nxp)

Créé: 07.02.2019, 18h41

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