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Etats-Unis Tollé après une vaste opération anti-clandestins

Des centaines d'employés illégaux ont été arrêtés dans le Mississippi et séparés de leurs familles. De nombreuses voix s'élèvent pour critiquer cette rafle migratoire massive.

De nombreux enfants en larmes ont imploré les autorités de relâcher leurs parents.

De nombreux enfants en larmes ont imploré les autorités de relâcher leurs parents. Image: Keystone

La cheffe des démocrates dénonce une situation «inhumaine»

La présidente de la Chambre des représentants américaine, Nancy Pelosi, a qualifié jeudi de «scandaleuse et d'inhumaine» la situation des milliers de migrants à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis, à l'occasion d'une visite au Guatemala.

Moins d'arrivées de migrants clandestins aux Etats-Unis

Le nombre de personnes arrêtées aux Etats-Unis après avoir illégalement franchi la frontière avec le Mexique a baissé de 21% en juillet par rapport à juin, après avoir déjà reculé de 28% le mois précédent, a annoncé le ministère américain de la sécurité intérieure. Outre l'accord signé en juin entre les Etats-Unis et le Mexique pour lutter contre l'immigration illégale, le ministère attribue la baisse à «la collaboration internationale» avec le Guatemala, le Salvador et le Honduras, d'où viennent la plupart des migrants, «pour démanteler et entraver les organisations étrangères de passeurs».

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La police migratoire américaine traquant les clandestins a arrêté mercredi quelque 680 employés du secteur agroalimentaire dans l'Etat du Mississippi, une vaste opération qui suscitait jeudi des critiques.

La rafle visant notamment des usines du secteur avicole a été présentée par les autorités comme la plus importante ciblant en un jour un Etat depuis au moins une décennie.

Selon les médias locaux, des enfants n'ont appris l'arrestation de leurs parents qu'à leur retour de l'école. En larmes, ils ont imploré les autorités de les relâcher: «j'ai besoin de mon père et de ma mère, mon père n'a rien fait, ce n'est pas un criminel», a déclaré Magdalena Gomez Gregorio, 11 ans, à la chaîne WJTV.

Des amis et des voisins ont pris en charge les enfants et les ont emmenés dans un gymnase, où ils ont passé la nuit. Selon WJTV, tous étaient rentrés chez eux ou avaient pu être confiés à des membres de leur famille jeudi.

Interrogations sur la date choisie

L'absence d'explications sur les raisons ayant conduit à investir ces sites industriels précisément mercredi -- date choisie par Donald Trump pour rendre hommage aux victimes de deux récentes fusillades ayant endeuillé la population hispanique-- a également soulevé des interrogations.

«Le jour même où le président est censé réconforter une population dans la peine et rendre hommage à la diversité américaine à El Paso, son administration alimente au contraire la crainte par des rafles migratoires massives dans le Mississippi», a dénoncé le démocrate Joe Biden, en tête de la course pour devenir le rival de M. Trump à la présidentielle 2020.

D'autres voix se sont inquiétées des conséquences de ces interpellations ayant séparé des familles.

Le sort des enfants inquiète

«Ma principale préoccupation est: qu'advient-il des enfants?», s'est interrogé sur CNN William Truly, le maire de Canton, une des villes théâtre de l'opération anti-clandestins. Les autorités avaient assuré avoir pris en compte les situations familiales particulières afin qu'aucun enfant ne se retrouve abandonné.

Au final certains adultes, menottés lors de leur interpellation, ont été placés en détention en vue de leur expulsion, d'autres ont été relâchés, d'autres convoqués à une audience judiciaire ultérieure et placés sous contrôle électronique. Cette répartition n'a pas été rendue publique.

Dénonçant une «invasion», le président Trump s'est récemment engagé à accélérer le processus d'expulsion de «millions» de migrants arrivés aux Etats-Unis illégalement.

Il les accuse de peser sur le marché américain de l'emploi, même si le taux de chômage est au plus bas et que ces clandestins occupent fréquemment des postes à forte pénibilité, notamment dans le secteur agricole. (afp/nxp)

Créé: 08.08.2019, 22h50

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